Affrontements armés : Uvira vit depuis deux jours au rythme de la panique

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Entre rumeurs d’affrontements et descentes de groupes armés, le village de Kimuka, dans la plaine de la Ruzizi à Uvira, vit depuis deux jours au rythme de la panique. Les habitants redoutent une escalade meurtrière.

Dans cette localité de moins de 4 km², les ruelles habituellement animées sont désertes. Les enfants ne jouent plus, les églises sont fermées, et le silence règne. Les tensions entre les factions de Makanika, Nyerere et Kamama ont transformé Kimuka en zone de non-droit.

 

« Nous vivons avec la peur au ventre », raconte Béatrice, une habitante. « Le moindre bruit de moto fait croire à une attaque. Nos enfants ne dorment plus la nuit. » Plusieurs familles auraient déjà quitté le village pour se réfugier dans les montagnes.

 

Les autorités locales peinent à reprendre le contrôle. D’après Byamungu Shamamba de la NSCC, les forces de sécurité se limitent à observer sans véritable stratégie. « Il faut une intervention ciblée pour éviter un bain de sang », avertit-il.

 

Des experts sécuritaires estiment que ce type de micro-conflit, s’il n’est pas maîtrisé, risque de s’étendre à d’autres villages. « L’État doit reprendre son autorité, sinon la plaine de la Ruzizi deviendra ingouvernable », prévient un officier à la retraite basé à Sange.

Kimuka, aujourd’hui, symbolise le désarroi d’une population abandonnée entre milices et silence des institutions.

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