Que penser de l’entretien exclusif du 26 mars 2026 à Kigali avec Paul Kagame ? (Jean-François Le Drian)
Simplement qu’il est grand temps de neutraliser politiquement ce criminel de masse, ce monstre blessé qui n’a plus comme seul ressort que la surenchère et la fuite en avant.
À son ami de longue date François Soudan, Paul Kagame déclare sans détour : « N’attendez pas de moi que je lève nos mesures de défense alors que vous laissez Félix Tshisekedi faire ce qu’il veut. »
La jalousie maladive et la peur de la fin de son règne le rongent de l’intérieur.
Quatre mois seulement après la signature, à Washington, d’un « accord de paix et d’intégration régionale » présenté comme historique en présence du président américain, la guerre fait toujours rage dans l’est de la République démocratique du Congo, particulièrement au Nord-Kivu.
Malgré cet accord de façade, les tensions entre Kigali et Kinshasa demeurent explosives. Et cela est normal. Le Rwanda est l’agresseur à ce titre, il ne peut y avoir de réciprocité.
Dans cet entretien, Kagame affiche une position d’une fermeté brutale et inflexible.
Il refuse catégoriquement de lever les mesures de défense prises par le Rwanda — fermeture des frontières, dispositifs sécuritaires et autres actions sur le terrain.
Son message est clair : tant que la communauté internationale laisse Félix Tshisekedi agir en toute impunité, notamment en tolérant ou en soutenant les forces hostiles au Rwanda, Kigali ne fera aucune concession.
Il renvoie dos à dos Washington, les médiateurs et l’ensemble de la communauté internationale, qu’il accuse d’indulgence coupable envers Kinshasa et de manquer de courage pour imposer le respect des engagements à Tshisekedi.
Le ton est volontairement dur, provocateur et sans aucune concession.
Kagame feint d’assumer sa ligne intransigeante.
Même pas mal !
Il ne cherche ni à apaiser ni à négocier : il met la balle dans le camp de Kinshasa et des Occidentaux.
En résumé, son message est limpide : « Vous voulez la paix ? Alors exercez sur Félix Tshisekedi la même pression que celle que vous prétendez exercer sur moi. Sinon, n’espérez aucun geste unilatéral du Rwanda. »
Encore une fois, la véritable leçon de cette interview est sans appel : il est temps d’éliminer politiquement Paul Kagame.
Même si les États-Unis ne sont pas nets sur l’assassinat du président Juvénal Habyarimana, un moyen radical de détruire définitivement l’aura usurpée de ce criminel consisterait à déclassifier l’ensemble des archives américaines relatives à cet attentat.
Aujourd’hui, tout observateur raisonnable et sérieux ayant étudié le dossier ne peut aboutir qu’à une seule conclusion : Paul Kagame porte la responsabilité première de cet assassinat.
Il n’a d’ailleurs jamais cessé de tout faire pour empêcher qu’une véritable enquête soit menée, ou pour saboter activement notamment avec la complicité de Sarkozy les procédures judiciaires.
La sanction américaine la plus efficace et la plus symbolique aujourd’hui serait précisément la publication intégrale des archives reliées à l’attentat.
Une telle publication mettrait un terme définitif au débat et briserait le mythe soigneusement entretenu autour de Kagame.
