Alerte Doha : le Gouvernement n’est pas impliqué dans la Déclaration de Principes signée avec l’AFC-M23 !
Sumbu Sita Mambu, qui a apposé sa signature au bas de cette déclaration, est plutôt Représentant spécial du Président en charge des processus de Luanda et de Nairobi. De ce fait, il est juste la caution morale du Chef de l’Etat…
Les 7 ou 10 prochains jours seront déterminants
En toute logique, le Gouvernement congolais devait être représenté même par un ministre-délégué, à défaut d’un vice-ministre, d’un ministre, d’un ministre d’État ou d’un Vice-Premier ministre.
Pour faire simple, en revisitant la composition du Gouvernement Judith Sumwinua, il n’y a pas un membre nommé Sumbu Sita Mambu.
Par voie de conséquence, il y a usurpation des pouvoirs. Ce qui a pour effet de rendre nul et de nul effet l’acte de Doha.
Serait-ce une façon de piéger ce processus ? Pas de prophétie de malheur (que Dieu nous en préserve) : les 7 ou 10 prochains jours seront déterminants.
Ce dont on peut au moins être sûr, c’est que l’Accord de paix escompté de ce que sera Doha 6 ne sera pas endossé par le Haut Représentant Sumbu Sita Mambu au nom du Gouvernement…
Adapter aux réalités du terrain le narratif promu
En attendant, cinq observations peuvent être mises en exergue dans l’immédiat :
LA PREMIÈRE est l’absence de toute allusion à la Résolution 2773 du Conseil de sécurité des Nations Unies.
Probablement que réalisant le rapport des forces sur le terrain, la Facilitation s’abstient d’en faire état pour la suite des événements prévues pour au plus tard le 30 juillet 2025. C’est, du reste, dans le même esprit que les mesures contraignantes n’y sont pas rappelées.
LA DEUXIÈME observation est la confirmation de la tenue du Dialogue national.
En effet, au point 3 relatif aux « MESURES DE CONFIANCE
« , le Gouvernement de la République et l’AFC-M23 ‘ s’engagent à prendre des mesures pour rassurer la population de la RDC et créer des conditions favorables au dialogue menant à une paix durable ».
Mieux, au point 7 relatif à l’ACCORD DE PAIX, il est clairement souligné que ‘ Les Parties reconnaissent l’importance d’un accord de paix garantissant la sécurité, le développement durable, la justice sociale, les droits humains, et le retour sûr et digne des réfugiés, tout en s’attaquant aux causes profondes du conflit ».
Personne de sensé ne voit ces deux entités dans un face-à-face qui déciderait, à deux, des cinq matières essentielles relevant des prérogatives de l’État. Du reste, si Kinshasa – c’est son droit absolu – se résout à exclure l’Opposition politique et la Société civile « non-armée », la conséquence logique serait la cogestion institutionnelle avec les ex-pantins ! Donc, par ricochet, Paul Kagame (aïe)
L’accent mis sur les causes profondes du conflit corrobore nos appréhensions exprimées dans « BALISES CONGO30JUIN.2025-029 » sous le titre « Doha : une «simple» trêve pour la reprise de la «der des ders» ? » du 16 juillet dernier. « Certes, le Gouvernement a le droit de brandir la Résolution 2773 du Conseil de sécurité comme revendication principale. Mais, une chose est vraie : bien que la crise sécuritaire remonte à une trentaine d’années, il y a des questions essentielles à résoudre. Notamment la question foncière, partant des réalités sociologiques et anthropologiques africaines dont la première est basée sur le principe «un peuple, une terre», écrivions-nous, relevant en passant que c’est là le défaut commun de toutes les résolutions des organisations internationales et de tous les accords internes relatifs à la crise sécuritaire dans la sous-région des Grands Lacs, principalement à l’Est de la RDC.
La troisième porte sur le point 2 relatif au « cessez-le-feu permanent
« .
L’intérêt de cet engagement est dans le qualificatif « PERMANENT ».
Ce cessez-le-feu inclut le rejet de « Toute attaque aérienne, terrestre, maritime ou lacustre, ainsi que tout acte de sabotage », de toute « propagande haineuse » et de « ; Toute tentative de prise de position par la force ».
Bien plus, les parties reconnaissent l’application du cessez-le-feu à « toutes les forces engagées dans le conflit », entendez armées gouvernementales, mouvements de résistance, rébellions, mercenaires, etc.
LA QUATRIÈME observation porte sur le point 3 relatif également aux « MESURES DE CONFIANCE
« .
La condition première acceptée par les deux parties est la libération des prisonniers ou détenus d’intérêt détenus par l’une ou l’autre. Cela va se faire certes avec le concours du CICR, mais dans le cadre du droit congolais.
Ici, est engagée plus la responsabilité du Gouvernement que celle de l’AFC-M23.
LA CINQUIÈME et dernière observation est, quant à elle, loin, mais alors très loin du triomphalisme exhibé par certains zélés de la Communication politique.
À l’analyse globale de la Déclaration de Doha, la leçon à tirer est qu’il va falloir adapter aux réalités du terrain le narratif promu. Autant pour les uns que pour les autres, ou peut-être plus pour les autres que pour les uns, il est désormais atteint d’obsolescence.
Omer Nsongo die Lema
