Après le diagnostic de maturité numérique de la RDC : Augustin Kibassa pour un mécanisme de suivi des prochaines étapes de la mission

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La transformation numérique de la RDC ne sera durable que si elle repose sur une vision commune, des institutions responsables, des infrastructures résilientes, des données gouvernées, des services accessibles et des compétences nationales. Les travaux de ces deux journées ont permis d’avancer dans cette direction. Il nous appartient désormais de transformer les orientations dégagées en décisions cohérentes, puis les décisions en résultats concrets pour l’État, pour l’économie et pour les citoyens.

M.Augustin Kibassa Maliba, ministre de l’Economie numérique a clôturé hier à Kinshasa les travaux de l’Atelier de restitution du diagnostic et de co-construction des orientations du Cadre stratégique national de gouvernance du numérique et du Cadre opérationnel de cybersécurité.

Au terme de ces deux journées de travaux, les experts ont examiné dix dimensions étroitement liées à la cybersécurité, la gouvernance des données, les infrastructures et le cloud, l’interopérabilité, l’architecture des systèmes d’information de l’État, la confiance numérique, les cadres institutionnels, la gestion des services numériques, l’intelligence artificielle ainsi que le développement des compétences, ont été soumises à l’examen des participants. Elles ont ensuite été approfondies dans les groupes de travail, suivant les deux filières complémentaires : d’une part, le cadre stratégique de gouvernance du numérique et, d’autre part, le cadre opérationnel de cybersécurité.

5 enseignements à retenir

De ces travaux, le ministre de l’Economie numérique, Augustin Kibassa Maliba retient cinq enseignements majeurs. Le premier enseignement est que la gouvernance constitue le préalable à toute transformation numérique cohérente. Les infrastructures, les plateformes, les services, les données et les dispositifs de cybersécurité ne peuvent produire les résultats attendus si les responsabilités ne sont pas clairement établies.

Le deuxième enseignement concerne l’urgence de renforcer les capacités nationales de cybersécurité. Les risques identifiés sont significatifs notamment les rançongiciels, les attaques contre les services de l’administration, la compromission d’un hébergeur ou d’un prestataire critique, la fraude financière numérique, la menace interne, l’espionnage, la désinformation, les vulnérabilités physiques et énergétiques.

Le troisième enseignement est que l’État numérique doit être construit autour de socles communs. « Notre pays ne pourra pas réussir sa transformation numérique si chaque administration développe isolément ses propres plateformes, ses propres référentiels, ses propres systèmes d’identité et ses propres modalités d’échange de données », a prévenu Augustin Kibassa.

Le quatrième enseignement est que la confiance doit être placée au cœur de cette transformation. La mise en œuvre des services publics numériques suppose une protection effective des données à caractère personnel, une gouvernance rigoureuse des données publiques et des services de confiance réellement opérationnels.

Le cinquième enseignement porte sur les compétences et l’inclusion. Aucun dispositif numérique ne peut être durable sans compétences nationales suffisantes.

Les attentes du ministre

Le ministre a insisté que la Politique et Stratégie nationale de l’Économie numérique doit demeurer le cadre fédérateur de l’action publique dans le secteur. La Stratégie nationale de gouvernance des données, la Stratégie nationale d’intelligence artificielle et les autres politiques spécialisées doivent s’inscrire dans cette architecture commune. Il en est de même des travaux relatifs à l’organisation de la transformation numérique de l’État, à RDCPass, au Guichet numérique de la République Démocratique du Congo, au cloud gouvernemental, à l’interopérabilité, à la protection des données, à la certification électronique et à la cybersécurité.

Le futur cadre de gouvernance ne devra donc pas constituer une stratégie supplémentaire. Il devra être l’instrument permettant d’articuler les politiques existantes, de préciser les mécanismes de décision, de coordination et d’arbitrage, de déterminer les responsabilités et d’organiser le suivi des résultats. Nous devons passer de l’accumulation des initiatives à leur mise en cohérence, puis de leur mise en cohérence à leur exécution.

« À cet effet, j’attends que le rapport consolidé issu de cet atelier distingue clairement les constats documentés et vérifiables ; les orientations ayant fait l’objet d’une convergence entre les participants ; les propositions qui doivent encore être reformulées ou approfondies ; les questions institutionnelles, juridiques ou budgétaires qui nécessitent un arbitrage du Gouvernement ; ainsi que les mesures pouvant être engagées immédiatement et celles relevant du moyen ou du long terme », mentionne-t-il.

Selon lui, le rapport devra également comporter une matrice d’articulation entre les orientations de la mission, la Politique Sectorielle et les autres stratégies existantes, le Code du numérique, les textes organiques des institutions concernées et les projets déjà engagés. Les niveaux de maturité, les scores attribués et les architectures institutionnelles proposés par la mission doivent être considérés comme des instruments d’aide à la décision. Ils ne sauraient, à eux seuls, valoir évaluation officielle, attribution définitive de compétences ou validation institutionnelle. Dans le domaine particulier de la cybersécurité, les dispositions transitoires devront demeurer limitées dans le temps, juridiquement encadrées et soumises à des obligations de redevabilité.

L’urgence peut justifier des mécanismes provisoires. Elle ne peut toutefois conduire à pérenniser une organisation qui ne serait pas conforme aux textes ou qui se substituerait aux institutions compétentes. J’instruis, par conséquent, les services du Ministère de l’Économie Numérique de veiller à la bonne intégration des conclusions de cet atelier dans les travaux en cours et de mettre en place, avec les parties prenantes concernées, un mécanisme de suivi des prochaines étapes de la mission. La poursuite des travaux relatifs aux cadres stratégique et opérationnel devra partir d’un diagnostic consolidé, d’une doctrine institutionnelle clarifiée et d’une articulation formelle avec les politiques et projets existants.

JMNK

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