Le Président Félix Tshisekedi est à Luanda pour le Forum de l’Alliance des civilisations des Nations unies. Mais dans les salons feutrés de la capitale angolaise, c’est une tout autre partition qui se joue entre Kinshasa, Luanda et, en filigrane, Washington.
Cette rencontre intervient alors que la RDC vient de franchir une étape clé le 10 juillet en approuvant la concession congolaise du Corridor de Lobito en faveur de Mota-Engil, avec le soutien massif de la DFC américaine.
Pourquoi ce déplacement est éminemment stratégique :
Pas d’économie sans sécurité : L’Angola de João Lourenço sait que la viabilité à long terme de ce corridor atlantique dépend de la stabilité de la RDC. La crise sécuritaire qui mine l’Est ne peut être déconnectée des investissements colossaux prévus au Sud (Katanga). Pour Luanda, pacifier la RDC est devenu un impératif économique direct.
L’axe tripartite consolidé : En montrant un front uni à Luanda, Félix Tshisekedi et João Lourenço rassurent les partenaires américains (DFC) sur la solidité de leur partenariat stratégique. C’est le signal que la logistique et l’extraction minière marchent main dans la main.
Le Processus de Luanda sous un nouveau jour : La médiation angolaise pour l’Est de la RDC n’est plus seulement diplomatique ; elle est désormais adossée à une communauté d’intérêts économiques majeurs et partagés.
Alors que les infrastructures de Lobito promettent de désenclaver l’Afrique centrale, la diplomatie régionale parviendra-t-elle à désenclaver durablement la crise sécuritaire à l’Est ?
