AUDA-NEPAD s’installe à Kinshasa (Par Nico Minga, Économiste et Géostratège)

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Certaines décisions administratives sont, en réalité, des choix géopolitiques. La signature, le 6 août 2026, de l’accord établissant le Bureau-Pays de l’Agence de développement de l’Union africaine (AUDA-NEPAD) à Kinshasa appartient à cette catégorie.

Derrière cet acte, signé par le ministre du Commerce extérieur, Julien Paluku Kahongya, et la Secrétaire exécutive de l’Agence, Dr Nardos Bekele-Thomas, sous la présidence de Félix-Antoine Tshisekedi, se dessine l’ambition de faire de la RDC un acteur central du développement économique africain.

L’Afrique fait face à un déficit annuel de financement des infrastructures

Devenue en 2019 le bras technique de l’Union africaine pour la mise en œuvre de l’Agenda 2063, l’AUDA-NEPAD accompagne les États dans la préparation de projets capables d’attirer les financements internationaux. Son implantation à Kinshasa intervient alors que l’Afrique fait face à un déficit annuel de financement des infrastructures estimé à plus de 100 milliards de dollars, selon la Banque africaine de développement.

Pour la RDC, l’enjeu dépasse largement la symbolique. Avec plus de 110 millions d’habitants, un territoire de 2,4 millions de km², un potentiel hydroélectrique supérieur à 100 000 MW et certaines des plus importantes réserves mondiales de cobalt, de cuivre et de coltan, le pays dispose d’atouts stratégiques exceptionnels. Encore faut-il transformer ces ressources en projets bancables, capables d’attirer les capitaux et de créer davantage de valeur sur le territoire national.

L’installation de l’AUDA-NEPAD offre précisément cette opportunité. Des projets structurants tels que Grand Inga, le Corridor de Lobito, les infrastructures régionales ou les chaînes de valeur des minerais critiques pourront bénéficier d’un accompagnement technique renforcé afin de répondre aux exigences des bailleurs de fonds et des investisseurs.

Renforcement du poids diplomatique et géoéconomique de Kinshasa.

Dans un contexte de rivalité croissante entre les États-Unis, la Chine, l’Union européenne et les puissances émergentes pour sécuriser les minerais critiques, cette décision renforce également le poids diplomatique et géoéconomique de Kinshasa.

 

La RDC ne cherche plus seulement à valoriser son sous-sol ; elle entend désormais peser sur les mécanismes qui orientent les investissements et les priorités de développement du continent.

 

Le principal défi commence maintenant. Cette avancée institutionnelle devra se traduire par des projets financés, des infrastructures réalisées et une transformation économique tangible.

 

Car, la puissance ne se mesure plus uniquement à l’abondance des ressources naturelles, mais à la capacité de les transformer en influence, en investissements et en prospérité.

 

À cet égard, l’installation de l’AUDA-NEPAD à Kinshasa pourrait bien constituer l’un des tournants géoéconomiques les plus importants de la décennie pour la République démocratique du Congo.

 

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