Avant même sa sortie: Le Gouvernement d’union nationale pris au piège de la majorité parlementaire USN !

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Il va falloir absolument prendre en compte cette donne décisive en référence à la Constitution. Autrement, il y a risque d’avoir un mort-né. Comme les deux derniers gouvernements Etienne Tshisekedi et Norbert Likulia entre mars et mai 1997…

Lancées le lundi 24 mars 2025 par un communiqué officiel lu par le directeur de cabinet du Conseiller spécial du Chef de l’État en matière de sécurité, les Consultations nationales ont été clôturées le mardi 8 avril. A la place du même directeur, l’annonce en a été faite plutôt par un communiqué de presse de la Coordination de la Cellule de Communication du Conseil national de sécurité (CNS). D’où le tollé observé dans les médias surpris de ce vice de forme. Qu’à cela ne tienne !

 

Faire un choix pragmatique

Les deux étapes à suivre sont la remise, au Président de la République, du Rapport des Consultations par le Conseiller spécial, Pr-Dr Désiré Cashmir Eberande Kolongele, et la publication du Gouvernement d’une nationale après liquidation des préalables qui vont avec.

Il est à espérer que cette fois, le Congolais sera épargné du fameux mécanisme de nomination d’un informateur puis d’un formateur.

Y aurait-il un Sumwinua 2 ? Ou plutôt un Premier ministre issu de l’Union Sacrée de la Nation ? Notons en passant qu’une campagne suggestive est actuellement menée en faveur de l’honorable Augustin Kabuya et du VPM Jean-Pierre Bemba.

Le Premier ministre viendrait-il plutôt de l’Opposition, tout au moins celle qui s’est présentée aux consultations comme ce fut autrefois le cas avec Samy Badibanga ou avec Bruno Tshibala ? D’aucuns y voient Adolphe Muzito favori. Les poids lourds se sont déclarés non concernés.

Au regard de l’ordre institutionnel mis en place par la Constitution en vigueur, contentons-nous de savoir que la Primature exercera ses prérogatives. Car le Premier ministre, aux termes de l’alinéa 2 de l’article 90, est « chef du Gouvernement ». Et l’article 91 précise : « Le Gouvernement définit, en concertation avec le Président de la République, la politique de la Nation et en assume la responsabilité ». Ses alinéas suivants sont : « Le Gouvernement conduit la politique de la Nation. La défense, la sécurité et les affaires étrangères sont des domaines de collaboration entre le Président de la République et le Gouvernement. Le Gouvernement dispose de l’administration publique, des Forces armées, de la Police nationale et des services de sécurité. Le Gouvernement est responsable devant l’Assemblée nationale dans le s conditions prévues aux articles 90, 100, 146 et 147 ».

Cela veut seulement dire que s’il se retrouve avec un Premier ministre du genre Augustin Matata Ponyo comme ce fut le cas de son prédécesseur Joseph Kabila entre avril 2012 et décembre 2016, Félix Tshisekedi devra s’attendre à une cohabitation difficile, de type Mitterrand-Chirac ou Chirac-Jospin. Par ces temps, ce n’est bon pour le pays.

Par conséquent, le Chef de l’État est appelé à faire un choix pragmatique. Car si le Premier ministre venait à démissionner alors que le pays est en pleine guerre, ce serait un coup dur pour la République. Ce qui n’est pas sans rappeler la démission fracassante d’un certain Étienne Tshisekedi début avril 1997. Cet acte avait précipité la chute du maréchal pendant l’agression rwando-burundo-ougandaise saluée par l’Udps avec pour bras séculier l’Afdl !

 

11 programmes en 7 ans de pouvoir

Mais, surtout, permettre au Gouvernement – chargé de conduire la politique de la Nation et de répondre de sa gestion non pas devant le Président de la République mais devant l’Assemblée nationale – de se doter d’un programme qui soit réalisable.

Question : quel programme le serait-il encore d’ici à 2028, fin de son second et dernier mandat ? Car, de 2018 à 2024, il y en a jusque-là 10 au total, à savoir :

1. Le Programme de campagne électorale 2018 ;

2. Le Programme d’investiture en janvier 2019 ;

3. Le Programme des 100 Jours ;

4. Le Programme Tshilejulu ;

5. Le Programme d’investiture du Gouvernement Sylvestre Ilunga Ilunkamba ;

6. Le Programme d’investiture du Gouvernement Jean-Michel Sama Lukonde ;

7. Le Programme de Développement Local des 145 Territoires ;

8. Le Programme de campagne électorale 2023 ;

9. Le Programme d’investiture en janvier 2024 ;

10. Le Programme d’investiture du Gouvernement Judith Sumwinua en juin 2024.

Celui escompté du Gouvernement d’union nationale sera le 11ème en l’espace de 7 ans !

C’est dire que le 11ème doit créer un électrochoc dans la perspective du désormais « Processus Union Africaine-Doha ». Autrement, on n’aura pas résolu le problème fondamental consistant à reprendre les mêmes schémas desquels on espère, comme par naïveté, des résultats différents…

PROCHAINEMENT : « Faux ! Pas plus que l’unitarisme, le fédéralisme ne peut nullement être la cause de la balkanisation !»

Omer Nsongo die Lema

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