Bandeko na biso ya Est 2″ : qui dit finalement vrai au sujet des Banyamulenge ?

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Pour une énième fois, l’option des États Généraux de la République (EG-RDC) l’emporte sur celle d’un Dialogue national qui va surfer sur les questions fondamentales comme celle de la nationalité congolaise. Le vivre-ensemble envisagé passe impérativement par la  re-création et la re-fondation du Congo…

Martin Fayulu en train d’être démoli

Pas de chance pour Martin Fayulu. Sa référence au Musée de Tervuren, en Belgique, pour disqualifier l’existence scientifique de la tribu « Banyamulenge » à partir des archives coloniales lui a valu une levée des boucliers susceptible d’hypothéquer sa carrière politique ! Ironie du sort : les tirs croisés dont il a a été la cible au cours de ces 72 dernières heures provenaient essentiellement de ceux-là même qui mettent dans le même sac « Rwandais, Kagame, Tutsi, Kabila, Nangaa, Banyamulenge etc. » Ainsi, pour en avoir appelé à la participation de Joseph Kabila et de Corneille Nangaa au Dialogue national, le président de l’ECIDE a été littéralement « massacré » par certaines voix qui comptent au pays et à l’étranger. Cas de Dr Denis Mukwege à qui a été prêtée la réaction suivante : »Le bilan de crimes commis à l’Est de la RDC est amère. Après des milliers de morts, des massacres, des femmes violées, des vies détruites. Tous les rapports  internationaux ont identifiés les auteurs des crimes à l’Est de la RDCongo. L’heure n’est pas de venir rendre tout  blanc juste par un dialogue. Je ne pense pas que KABILA et NANGA viendront au dialogue juste pour venir répondre à la question :  » Pourquoi avez-vous fait recours aux armes ».

Le mot est lâché : la question culturelle !

Pourquoi réaction prêtée ? D’abord des fautes d’orthographe ! Vérification faite sur les réseaux sociaux : rien de tel n’émane du Prix Nobel. Ni sur son compte x.com, ni dans les médias congolais et étrangers en ligne.

Le relais de la réaction a pour nom Jordan Mulukiza. Vivant à Brazzaville (!), il se présente  en ressortissant congolais originaire de l’Est, défenseur des droits de l’homme.

Par contre, l’Udps a abondamment réagi aux propos de Martin Fayulu.

D’abord par la voix d’Augustin Kabuya, son président intérimaire et secrétaire général, le dimanche 23 août 2026.«Les politiciens qui vous disent que les Banyamulenge ne sont pas Congolais sont des menteurs. (…) Comment peut-on prétendre diriger ce pays quand on a une dent contre toute une communauté ? Est-ce normal ?», s’interroge-t-il, fier de présenter les « Banyamulenge de l’Udps », comme si c’était vraiment utile d’engager le pays dans un challenge du genre « Montre-moi les tiens ! ».

Ensuite par la voix d’Erick Ngalula Ilunga, député honoraire Udps. Il affirme le 22 août sur son compte x.com : «Les Banyamulenge sont des Congolais. Effectivement, mais en réalité, c’est des populations rwandophones (Banyarwanda) venues s’installer dans les collines de Mulenge dans le Sud-Kivu grâce à la Belgique. Il n’existe aucune tribu du nom de Banyamulenge à l’accession du Congo à l’indépendance. Le Grand Kivu était sous-peuplé dans les années 1930. Nous n’inventons rien, les Belges qui nous ont colonisés savent qu’ils sont venus du Rwanda et leur comportement et intentions en temps de crise le démontrent».

Enfin par Séraphin Umba, de l’Udps/Kibassa. Il abonde dans le même sens sur son compte x.com le 22 août 2026 : «La question de nationalité a été réglée. Mais c’est la question culturelle qui demeure. La perception que tout Congolais a de l’autre frère congolais. Est-ce qu’on se regarde en compatriotes ou on est en chien de faïence ?».

Parlant d’Azarias Ruberwa, il dit même : «Il pouvait être élu ici président. Donc les Congolais ont résolu de fond en comble cette question». Et d’ajouter :« Les Congolais doivent être maintenant prêts à accepter, rencontrer un Tutsi congolais et dire que celui-ci, c’est un Congolais. C’est sur ça que nous devons travailler».

Le mot est lâché : la question est culturelle !

Devoir de réparation

À la Conférence nationale souveraine organisée entre 1991 et 1992, la zaïrianité des Banyamulenge avait été abordée dans la passion.

Au Dialogue intercongolais organisé entre 2001 et 2003, elle est revenue au galop.

Et voilà maintenant, dans la foulée de la guerre de 2022 (agression pour les uns, rébellion pour les autres), mais surtout en prévision du Dialogue annoncé, elle nous rattrape.

Preuve que depuis la CNS, le problème reste pendant.

C’est bien de voir ou de revoir maintenant certains leaders passés pour pro-Banyamulenge pendant que leurs bases ne les sont toujours pas.

L’essentiel, cependant, est de (nous) rappeler que ce problème est « l’une des causes profondes » de la crise sécuritaire et humanitaire de l’Est, partant du concept « Une terre, un Peuple », ou encore « Un peuple, une terre ».

Pour le résoudre, il faut bien interroger l’Histoire et régler le présent si on veut préserver l’avenir.

Et ça, il n’y a que les « Etats Généraux de la République Démocratique du Congo (EG-RDC) » à pouvoir le faire via la re-création et la re-fondation de l’État.

Il y a là un devoir de réparation impliquant les gestionnaires de l’AIA et de l’EIC entre 1876 et 1908, de la colonisation et de la décolonisation entre 1908 et 1960, tout comme de la République, de 1960 à ce jour.  Car les « Banyamulenge » – peu importe qu’ils soient d’origine rwandaise ou des Nilotiques – sont d’abord des hommes. Ils sont victimes des erreurs humaines.

En d’autres mots, il y a d’abord la responsabilité collective. Et celle-là, partout au monde, est politique.

Autrement, on assistera à des scènes comme celle vécue à Kinshasa ce lundi 24 août 2026. Martin Fayulu a été porté « en triomphe » par une rue kinoise toujours imprévisible !

 

Omer Nsongo die Lema

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