Bukavu – Nuit de terreur à Mosala : des hommes armés pillent, torturent et sèment la panique

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Une série d’attaques coordonnées a plongé le quartier Mosala, à Kadutu, dans la peur la nuit du 10 décembre 2025. Des hommes armés ont fait irruption dans plusieurs avenues, emportant argent, téléphones et biens de valeur, laissant derrière eux des habitants traumatisés et un sentiment d’abandon total.

 

Dans le calme apparent de la nuit, des groupes d’assaillants lourdement armés ont frappé simultanément les avenues Buholo 2, 4, 6 et Funu Kanishe. Les témoins parlent d’une opération rapide, méthodique, presque militaire. « Ils savaient exactement où entrer, à quelle heure et qui viser », confie un habitant encore secoué. Les boutiques ont été forcées, des maisons défoncées, et les débits de boissons vidés sous les yeux d’une population terrorisée, incapable de réagir.

 

Selon la société civile du noyau de Mosala, les assaillants ont non seulement pillé, mais aussi agressé physiquement plusieurs victimes. Le président du noyau, Maïgal Maïsha, déplore la brutalité des attaques. « Ce n’était pas un simple vol. Ils ont tabassé, torturé, humilié les gens. C’est une violence qui dépasse l’entendement », martèle-t-il. Le quartier, habitué aux tensions, dit n’avoir jamais vécu une nuit d’une telle intensité depuis des années.

 

Dans une petite maison de Buholo 4, une mère de famille raconte en larmes comment son fils a été ligoté sous ses yeux. « Ils lui ont mis une arme sur la tempe. Je pensais qu’ils allaient le tuer. Ils ont emporté tout ce qu’on avait, même les vêtements des enfants », témoigne-t-elle, la voix tremblante. Son récit résume la détresse d’une population prise au piège et livrée à elle-même durant de longues heures.

 

Plus loin, à Funu Kanishe, un jeune commerçant montre les décombres de sa boutique mise à sac. « Ils m’ont tout pris. Tout. Je n’ai plus rien pour recommencer demain. Comment veux-tu que je vive ? » s’interroge-t-il, amer. Comme lui, de nombreux petits commerçants ont vu leurs moyens de survie s’envoler en quelques minutes, aggravant un climat socio-économique déjà fragile.

 

Face à l’ampleur des dégâts, les habitants dénoncent l’absence d’intervention rapide des forces de sécurité. « On appelait la police, personne ne venait. On a crié, on a frappé aux portes, mais rien. On était seuls face aux armes », fulmine un père de famille de Buholo 6. Cette colère reflète un sentiment généralisé : celui d’être abandonné par l’État dans un quartier où l’insécurité gagne du terrain au fil des mois.

 

À l’aube, Mosala se réveille meurtri, vidé, blessé. Les rues portent encore les traces des assauts nocturnes, et la peur continue de planer. La société civile exige une enquête urgente, des patrouilles renforcées et des mesures concrètes pour protéger les habitants. « Il faut agir maintenant, pas demain. Mosala n’en peut plus », insiste Maïgal Maïsha. Bourgmestre, autorités policières, province : un appel clair leur est lancé pour empêcher que cette nuit d’horreur ne devienne la nouvelle norme.

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