Ça suffoque, ça pue !
Les Kinois ont donc beau égosillé, à travers les rues de leur capitale, qu’ils ont perdu leur latin sur les embouteillages montres de ces derniers moments. Kinshasa vit désormais sous la coupe réglée des embouteillages. A la recherche de leur sécurité sociale quotidienne, embouteillés d’abord dans la crasse, leur « alliée éternelle », les Kinois font aussi face un véritable calvaire : des embouteillages monstres qui circuitent l’atmosphère.
Accusés de mauvaise conduite et de l’ignorance du Code de la route, les conducteurs de transport privé, toute catégorie confondue, souvent chauffés à blanc, vocifèrent et arguent au quotidien que « la faute revient aux autorités publiques chargées de la gestion des infrastructures routières et environnementales qui ne font rien, absolument rien pour créer des voies de sortie, en sus de celles existantes, du reste en état de délabrement très avancés ». Livrés ainsi à la merci de la flopage, habitués au parcours de combattants, les Kinois en payent les frais, subissent le calvaire de Jésus en plein Kinshasa.
Il faut être myope ou aveugle pour ne pas constater que ces derniers temps, dans la capitale congolaise, à moins d’être nanti, allègrement friqué et propriétaire de grosses cylindrées aux vitres teintées, nouer le bout de la capitale à la recherche de deux extrêmes du social familial est devenu un véritable casse-tête. La Plèbe fait désormais les pieds, parcourant des longues distances à la recherche de la survie de sa famille, suant à grosses gouttes, pendant que la compradore incognito roule carrosse, sous des vitres fumées, prêt à lever sa main, à peine visible, à la moindre « base politique » aperçue.
Faisant fi de ces difficultés de transport, embrigadé dans les embouteillages polluants, le fauché kinois n’hésite plus à braver à pied des enfilatures, en sus de tas d’immondices et de la crasse qui jonchent la quasi-totalité des rues de la capitale, malgré la saison sèche, synonyme d’accalmie environnementale. Une ville dont la crasse et les eaux usées y ont élu domicile, rivalisant avec l’Himalaya où souris, cafards et autres ruminants de seconde zone s’y régalent, fiers d’accompagner le Kinois à pied.
Dans un pays où le secteur des transports privé a pris le dessus, l’Etat se présente toujours en « petit monsieur ». Qui danse honteusement devant cette jungle, devant ce Capharnaüm lui imposé. Où des inciviques, immoraux pour la plupart, compliquent le quotidien des Kinois moyens qui ne savent plus à quelle autorité se vouer ! Si bien que, même si les prix des carburants à la pompe sont considérablement à la baisse, les toubibs du secteur des transports refusent de suivre la tendance, se foutant de tout, narguant tout le monde et préférant tordre le cou aux usagers pour des gains qui sont les leurs.
Que voulez-vous, ils ont conquis ce secteur libéral. Conducteurs des bus privés, motocyclistes, tout le monde y passent. Où ils édictent leurs lois ; mais que les Kinois en particulier et le Congolais en général, ont du mal à interpréter. C’est pourquoi, ils choisissent de faire les pieds dans une ville où ça suffoque, ça grouille du monde, ça pollue l’environnement. Ça pue, surtout dans les grandes artères de la capitale congolaise.
Pauvres Kinois !
Willy Kilapi
