Conférence : La mémoire historique comme arme Antifasciste

Chers camarades, chers compagnons et compagnes de lutte,
Permettez-moi d’abord de rappeler une vérité fondamentale : un peuple qui oublie son histoire devient vulnérable à toutes les formes de manipulation. Raison pour laquelle la mémoire historique constitue une arme essentielle dans la lutte contre le fascisme, l’oppression et toutes les idéologies qui cherchent à déformer la réalité pour dominer les peuples.
Notre thème, « La mémoire historique comme arme antifasciste », nous invite à réfléchir sur l’importance de la connaissance du passé dans les combats du présent et dans la construction de l’avenir.
Le fascisme prospère souvent dans l’environnement dominé par l’ignorance. Il cherche à effacer les leçons de l’histoire, à falsifier les faits et à réécrire les événements selon ses intérêts. Lorsque les peuples perdent la mémoire de leurs luttes, de leurs sacrifices et de leurs victoires, ils deviennent plus faciles à manipuler.
La mémoire historique n’est pas seulement un souvenir du passé. Elle est une conscience vivante. Elle nous permet de comprendre d’où nous venons, ce que nos prédécesseurs ont affronté et pourquoi certaines conquêtes sociales, démocratiques et humaines ont exigé tant de sacrifices.
L’histoire de l’humanité est marquée par des luttes contre l’exploitation, le colonialisme, l’esclavage, le racisme, le sexisme et toutes les formes de domination. Des millions de femmes et d’hommes ont donné leur énergie, leur liberté et parfois leur vie pour défendre la dignité humaine. Oublier ces combats reviendrait à abandonner l’héritage qu’ils nous ont légué.
Le fascisme tente souvent de banaliser les crimes du passé. Il minimise les violences, justifie les discriminations et présente parfois les oppresseurs comme des héros. Face à cela, notre devoir est de préserver la vérité historique. Ainsi, nous devons transmettre aux nouvelles générations une connaissance véridique et rigoureuse des événements afin qu’elles puissent reconnaître les signes avant-coureurs de l’autoritarisme et de la haine.
La mémoire historique nous enseigne que les droits dont nous bénéficions aujourd’hui n’ont jamais été des cadeaux. Ils sont le fruit de longues luttes et de longues mobilisations populaires. Le droit à l’éducation, le droit de vote, les droits des travailleurs, les droits des femmes, les luttes pour l’indépendance nationale et pour l’égalité ont été obtenus grâce à la résistance collective.
Pour les peuples africains, la mémoire historique revêt une importance particulière. Notre continent porte les cicatrices de l’esclavage, de la colonisation et de nombreuses formes de domination extérieure. Mais il porte également l’héritage de résistances héroïques. Nos ancêtres n’ont jamais cessé de lutter pour leur dignité et leur liberté.
Connaître cette histoire permet de renforcer la confiance en nos capacités collectives. Cela nous rappelle que les peuples africains n’ont jamais été de simples victimes de l’histoire ; ils en ont également été des acteurs courageux et déterminés.
La mémoire historique joue également un rôle essentiel dans la lutte contre la désinformation. Aujourd’hui, les réseaux sociaux et certains médias permettent la circulation rapide de récits mensongers. Lorsque nous maîtrisons notre histoire, nous sommes mieux armés pour distinguer les faits des manipulations. L’histoire devient alors un outil de vigilance citoyenne.
L’antifascisme n’est pas seulement une réaction face à une menace immédiate. C’est aussi un travail permanent de transmission. Chaque génération a la responsabilité de transmettre à la génération suivante les enseignements des luttes passées. Les livres, les témoignages, les archives, les commémorations et l’éducation populaire jouent un rôle fondamental dans cette mission.
Les femmes occupent aussi une place centrale dans ce travail de mémoire. Trop souvent, leurs contributions ont été invisibilisées dans les récits officiels. Pourtant, elles ont participé aux luttes de libération, aux mouvements sociaux, aux combats pour l’égalité et à la résistance contre les différentes formes d’oppression. Préserver la mémoire des femmes combattantes est une exigence de justice historique.
La mémoire historique est également un facteur d’unité. Elle nous rappelle que nos victoires ont souvent été obtenues grâce à la solidarité. Lorsque nous connaissons les expériences des autres peuples, nous découvrons des aspirations communes à la liberté, à la justice et à la dignité.
Cette conscience favorise la coopération entre les mouvements progressistes du monde entier.
Cependant, la mémoire ne doit pas être une simple célébration du passé. Elle doit nourrir l’action présente. Se souvenir n’a de sens que si ce souvenir nous aide à mieux comprendre les défis actuels et à construire un avenir meilleur.
La mémoire historique nous apprend que le fascisme ne surgit jamais du néant. Il se développe dans des contextes marqués par les inégalités, les crises sociales, la peur et la désinformation. Il avance lorsque les citoyens renoncent à l’esprit critique et lorsque la solidarité recule. C’est pourquoi la connaissance de l’histoire constitue un véritable outil de prévention.
Être antifasciste, c’est défendre la vérité contre le mensonge. C’est protéger la mémoire contre l’oubli. C’est transmettre les expériences de résistance afin que les erreurs du passé ne se reproduisent pas.
Nous devons encourager les jeunes à s’intéresser à l’histoire, à lire, à questionner et à analyser. Une jeunesse consciente de son héritage historique est mieux préparée à défendre les valeurs démocratiques, la justice sociale et les droits humains.
Nous devons également préserver les lieux de mémoire, recueillir les témoignages des anciens et valoriser les récits des combattants de la liberté.
Chaque histoire sauvée de l’oubli est une victoire contre ceux qui cherchent à effacer les traces des luttes populaires.
Camarades,
La mémoire historique est bien plus qu’un regard tourné vers le passé. Elle est une boussole pour le présent et une lumière pour l’avenir. Elle nous rappelle les souffrances que l’humanité a connues, mais aussi sa capacité extraordinaire à résister et à se relever.
Face au fascisme, opposons la mémoire.
Face à la falsification, opposons la vérité.
Face à l’oubli, opposons la transmission.
Face à la haine, opposons la solidarité.
Car, un peuple qui connaît son histoire est un peuple qui protège sa liberté. Un peuple qui préserve sa mémoire est un peuple qui résiste à la manipulation. Et un peuple qui transmet ses luttes prépare les victoires de demain.
Je vous remercie.
Fait à Kinshasa, le 01 Août 2026
Charlotte BUIMPE DIOMBELAYI
Présidente Nationale de la LIFUDS
Première Vice-Présidente Nationale de l’UDS
chargée des Femmes et de la Lutte Anti-impérialiste
