Contestation de la nationalité de Joseph Kabila veut dire disqualification de tous les Actes d’Etat portant sa signature…

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À commencer par la Constitution actuelle, mais aussi les lois, les ordonnances et les traités promulgués 18 ans durant ! C’est à se demander si les « initiés » qui ont fait ce montage malsain n’avaient pas conscience de l’effet boomerang non pas sur le peuple congolais certes, mais surtout sur le Chef de l’État en fonction mis expressément en difficulté devant ses pairs tout comme devant ses partenaires de l’Union sacrée, ses propres collaborateurs et ses partisans !

Les vérités d’Aimé Ngoy Mukena

48 heures après la prestation des avocats engagés par la République pour le procès Kabila, on peut l’affirmer : communicateurs et personnalités du parti et de la plateforme présidentiels semblent avoir reçu consigne de ne pas en parler. Visiblement, on leur a refilé un scoop qui n’en est pas un : la sortie de Sumwinua Il n’ayant rien d’un événement dès lors qu’il y a eu reconduction à plus de 90 % de l’équipe sortante !

Normal : on ne veut pas participer au plus ridicule des spectacles que le pays se soit offerts en 65 ans d’indépendance.

Conséquence : plus que la Haute Cour Militaire (HCM), les avocats recrutés par l’Etat se retrouvent plus que Gros Jean comme devant non seulement en n’atteignant pas leur objectif, mais en subissant l’effet boomerang de leur lancer…

Et comment !

Prenons le cas de Me Banza, l’un des cracks des barreaux du pays aux côtés d’un autre crack, Me Richard Bondo.

Le 7 août 2025, après la deuxième audience, il soutient que «Le professeur Ngoy Mukena a été assassiné deux mois après son interview expliquant comment il a établi la paternité de Joseph Kabila par rapport à Laurent-Désiré Kabila». Il dit bien : « assassiné », en étant conscient de la gravité de l’accusation.

Or, mort en mai 2022, l’ancien gouverneur du Katanga entre 2001 et 2004 avait fait cette vidéo avant même de devenir ministre des Hydrocarbures de 2015 à 2019 et de la Défense de 2019 à 2021. Raisonnablement parlant, on ne voit pas Joseph Kabila le garder membre du Gouvernement Matata, Badibanga, Tshibala et Ilunga Ilunkamba, soit 6 ans durant, alors qu’il l’aurait présenté en non-congolais.

Quand on écoute calmement la vidéo concernée, on réalise facilement que l’ancien gouverneur du Katanga et ancien ministre Pprd avait fait plutôt office de « coach » comme on le fait pour tous les enfants nés en Diaspora que les parents ramènent au pays pour la première fois. Généralement, ces enfants ne connaissent rien de la lignée parentale, rien non plus de leurs patelins. Ils passent par une « immersion », charge confiée souvent à un connaisseur des traditions.

Nés dans les maquis de Hewa Bora, au Sud-Kivu, les jumeaux Kabila ne pouvaient pas être présentés à l’Etat civil de cette localité. A l’étranger, ils vont vivre principalement en Tanzanie sous des noms d’emprunt, relève Éric Kennes dans son ouvrage « Essai biographique sur Laurent-Désiré kabila » paru chez L’Harmattan en 2003.

Invalidation des actes posés dans ses fonctions

En remettant en cause la nationalité de Joseph Kabila, les avocats engagés par la République sont censés savoir ce que la disqualification signifie pour ce cas précisément. En français facile, c’est « invalidation de tous les actes d’Etat posés par l’auteur de l’infraction ».

Et comme souligné dans le chapeau :

-la Constitution actuelle tombe ; (la RDC n’a plus d’institutions légalement établies) ;

-les lois produites entre 2001 et 2018 (notamment la loi sur la nationalité et la loi sur les partis politiques de 2004) tombent ;

-les ordonnances (dont celles des nominations à divers postes d’État dans toutes les institutions publiques – Haute Cour militaire comprise puisque mise en place par une loi de 2002) – tombent ;

-les traités conclus par l’Etat congolais en bilatéral et en multilatéral tombent.

De façon concrète, nous devenons l’Etat Néant (No Etat) annoncé deux ou trois mois avant la guerre de l’Afdl en octobre 1996, avec les provinces de l’Est (Ituri, Nord-Kivu, Sud-Kivu, Maniema et Tanganyika) rattachées aux États voisins (Soudan, Ouganda, Rwanda, Burundi, Tanzanie)…

République du recel

Plus grave – oui plus grave – les Accords en cours des négociations dans le cadre des Processus de Washington et de Doha tombent caducs dès lors qu’ils doivent se référer à la Constitution et aux lois de la République désormais invalidées.

En droit, les avocats engagés par la République savent ce que signifie la conservation ou la jouissance des biens mal acquis : c’est du recel!

Ainsi, s’il ne renonce pas aux biens acquis sous le mandat d’un usurpateur, le Congo devient une « République des Receleurs » !

Pays de merde

Finalement, à «BALISES », nous n’aurons pas eu tort de soupçonner le procès Kabila d’obéir à un agenda caché, cela justement en « République des Agendas Cachés-RAC) ».

Car, dans un premier temps, tout le monde est d’accord qu’il y a eu violation avérée de l’article 8 de la loi portant statut des anciens chefs d’Etats soumettant la procédure de levée des immunités parlementaires à la décision d’un congrès et non d’une chambre seulement.

L’Etat congolais a décidé de substituer le Sénat au Congrès, et les avocats ont acquiescé.

Dans un second temps, suggestion a été faite à la Haute Cour Militaire de saisir la Cour constitutionnelle en interprétation de cet article, à défaut de se déclarer elle-même non-compétente. Après tout, à l’article 9 de la même loi, il est question de juridictions nationales pour traiter des cas d’infractions liés au statut des personnalités concernées. La compétence de la HCM n’est nulle part spécifiée.

Nous concluions dans la livraison du 29 juillet 2025, sous le titre «Procès Kabila : quand le Sénat se attendant en Congrès » : « En attendant, retenons seulement qu’un Etat de droit qui ne respecte pas le Droit qu’il érige librement se démolit. Dans l’affaire Joseph Kabila, il joue sa crédibilité».

Et pour la livraison présente, c’est l’occasion de nous redire : ce qui se passe avec la tournure dudit procès a de choquant le fait de donner raison Donald Trump qui nous classait lors de son premier mandat entre 2017 et 2022 parmi les pays de merde !

Dans la livraison du 23 juin 2025, nous nous prévenions pourtant avec le titre « Tout pays qui doute de la nationalité des siens est sans avenir ! ».

A Joseph Kasa-Vubu, on avait prêté des origines chinoises côté paternel. A Mobutu, on avait prêté la nationalité togolaise. A L–D. Kabila, on avait failli prêter la nationalité zambienne. Et à Joseph Kabila, on prête la nationalité tantôt rwandaise, tantôt tanzanienne, et cela concomitamment !

Pendant qu’on digère cette livraison, réfléchissons à cette « prise de finition »: que vaut Sumwinua II dont l’ordonnance de nominations se réfère à une Constitution signée « Hypollite Kanambe (HK) » !

En d’autres termes, quelle valeur devra-t-on donner à tous les actes de gouvernance institutionnelle attenants que prendront les ministres dans l’exercice de leurs fonctions !

Voilà comment, sans peut-être le vouloir ni le savoir, on donne raison aux pro-dialogue.

Face à la poisse qui l’atteint et l’étreint, le Congo est vraiment à exorciser…

Omer Nsongo die Lema

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