Contrairement aux oiseaux de mauvais augure: Suminwa II, un gouvernement équilibré

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Depuis la sortie du Gouvernement Suminwa II, dans la nuit du 07 au 08 août 2025, composé de 53 membres dont 6 Vice-Premiers ministres, 12 ministres d’État, 24 ministres, 5 ministres délégués et 6 vice-ministres, la toile s’est enflammée avec des commentaires allant dans tous les sens. Nombreux sont ceux-là qui pensent que le président de la République a pris beaucoup de temps, uniquement pour reconduire les mêmes têtes. D’autres estiment qu’il y aura chevauchement entre ministères, dans la mesure où on n’a pas tenu compte de la compétence, mais de la proximité avec le pouvoir en place.

C’était sans ignorer que dans la composition de ce Gouvernement, le président de la République a tenu compte de quatre principaux critères. Il s’agit notamment de l’ouverture à la société civile et à l’opposition, le recentrage stratégique d’animateurs de postes avec des nouvelles entrées et de permutations de certains ministres, le maintien/respect du principe de la masculinité positive avec 17 femmes dont la Première ministre, mais aussi le respect des équilibres géopolitiques et stratégiques.

Ouverture à la société civile

Loin de la nécessité pour certains congolais d’apprécier Suminwa II sous les prismes de la satisfaction des intérêts personnels, il faut aussi tenir compte du fait que ce Gouvernement consacre une ouverture à la société civile et à l’opposition. Au niveau de la Société civile, la figure la plus emblématique n’est autre que Guillaume Ngefa Atondoko, juriste et militant des droits humains congolais. Il est nommé ministre de la Justice et Garde des Sceaux de la République démocratique du Congo le 8 août 2025, lors d’un remaniement gouvernemental.

C’est en 1986 qu’il fonde l’Association Africaine de Défense des Droits de l’Homme (ASADHO), l’une des premières ONG indépendantes de défense des droits humains en RDC. Sous les régimes de Mobutu Sese Seko puis de Laurent-Désiré Kabila, il documente et dénonce les violations des droits humains, notamment à travers un rapport estimant qu’environ 200 000 réfugiés hutus et plusieurs milliers de Congolais ont été tués dans un contexte de nettoyage ethnique.

Au sujet de Grâce Kutino, fille du pasteur Kutino Fernando, c’est à l’âge de 7 ans, qu’elle a ressenti un appel au ministère et en 2015, elle a accepté cet appel. En 2017, elle a été consacrée pasteure à l’église Armée de Victoire à Paris. En plus de son ministère pastoral, elle est également une femme d’affaires, coach, conférencière et compositrice.

Sa vie a été influencée par l’emprisonnement de son père, mais elle a transformé cette expérience en une source de détermination pour servir Dieu. En mai 2023, elle a été nommée présidente de la jeunesse pour Christ au sein de l’église Armée de Victoire en RDC, ajoutant ainsi une nouvelle dimension à son engagement spirituel et à son influence positive.

Le dernier dans le quota de la Société civile, c’est Floribert Anzuluni Isiloketshi. Il cofonde le mouvement citoyen Filimbi (« coup de sifflet » en swahili) dont l’objectif est d’accroître la participation citoyenne des jeunes Congolais et d’encourager le dialogue entre la jeunesse et les acteurs politiques. Il coordonne le mouvement d’avril 2015 à décembre 2022. Face à la répression du mouvement, Floribert Anzuluni est contraint à l’exil de mars 2015 jusqu’en novembre 2019, après l’élection de Félix Tshisekedi.

L’opposition fait son entrée

Du côté de l’opposition, tout le monde a salué l’entrée au Gouvernement du Premier ministre honoraire Adolphe Muzito, qui devient Vice-Premier ministre en charge du Budget. Il est donc attendu pour apporter son expertise au moment où le pays a besoin de la contribution de ses fils et filles pour son essor. Maintenant que les travaux préparatoires au budget 2026 sont en cours, Muzito, l’homme aux tribunes doit permettre aux Congolais de palper au bonheur tant vanté à travers ses écrits.

Soulignons aussi que ce Gouvernement fait un recentrage stratégique d’animateurs de postes avec des nouvelles entrées et de permutations de certains ministres. Ici pour dire, on ne change pas l’équipe qui gagne. C’est ainsi que les VPM à l’Intérieur, à la Défense, à l’Economie, à la Fonction publique, au Transport, ont conservé leurs postes. Muyaya, Dr Kamba, Budimbu, … conservent leurs postes à la Communication et médias, à la Santé et aux Sports.

Du côté des MINETAT, les Affaires étrangères et le Plan, ont été reconduits, pendant que Muhindo Nzangi qui était au Développement rural est permuté à l’Agriculture ; Aimé Boji qui était au Budget, se retrouve à l’Industrie, Eve Bazaiba quitte l’Environnement pour se retrouver aux Affaires sociales et Acacia Badumbola qui était aux Affaires foncières se retrouve aux Hydrocarbures.

Comme on peut bien s’en rendre compte, le Gouvernement Suminwa II maintien ou tient compte du respect du principe de la masculinité positive avec 17 femmes dont la Première Ministre. C’est dans ce lot qu’il faut citer la reconduction de la ministre de l’Education, de maintien de la ministre de l’ESU, l’arrivée de la nouvelle ministre du Portefeuille, la ministre du Genre, famille et enfants, etc.

Terminons par dire que le Gouvernement respecte des équilibres géopolitiques et stratégiques. Comme on peut bien s’en rendre compte, l’espace Lomami est représenté à travers le député national Eliezer Ntambwe. L’espace Grand Equateur avec Me Guy Loando qui va aux Relations avec le Parlement, tout en laissant l’Aménagement du territoire à Jean-Lucien Bussa. Le Grand Bandundu est aussi représenté, avec la présence notamment de Didier Mazenga, nommé ministre du Tourisme, en laissant l’Intégration régionale à Floribert Anzuluni. Le Maniema n’a pas été oublié. Justin Kalumba revient à l’Entrepreneuriat et PME.

JMNK

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