Critiquer Tshisekedi mais jamais trahir le Congo,

Il faut parfois rappeler certaines évidences. On peut ne pas aimer Félix Tshisekedi. On peut critiquer sa gouvernance. On peut rejeter sa vision politique. On peut préparer son alternance.

C’est un droit et c’est même l’essence de la démocratie. Mais aucune opposition, aucune ambition ni aucune frustration ne devraient conduire un Congolais à oublier que la nation est plus importante que les hommes qui la dirigent.

Depuis plus de trente ans, l’Est de la République démocratique du Congo est le théâtre d’une guerre qui a coûté des millions de vies et provoqué le déplacement de millions d’autres personnes.

Derrière les armes se cachent des intérêts économiques immenses. Les minerais stratégiques font aujourd’hui du Congo l’un des territoires les plus convoités de la planète.

Dans la compétition mondiale pour l’accès aux ressources critiques, l’instabilité congolaise profite toujours à quelqu’un.

C’est pourquoi, la crise actuelle dépasse largement la personne de Félix Tshisekedi. Elle concerne la souveraineté d’un État de plus de cent millions d’habitants, l’intégrité de son territoire et sa capacité à contrôler son propre destin. Dans un tel contexte, la frontière entre l’opposition politique et l’affaiblissement de la nation devient particulièrement importante.

L’histoire montre que les nations ne tombent pas seulement sous les coups de leurs ennemis. Elles tombent aussi lorsque certaines élites finissent par considérer que la conquête du pouvoir vaut davantage que la défense de la patrie.

Lorsque l’adversaire politique devient plus détesté que ceux qui menacent la nation. Lorsque les calculs partisans prennent le dessus sur l’intérêt collectif.

Les présidents passent. Mobutu est parti. Laurent-Désiré Kabila est parti. Joseph Kabila a finalement quitté le pouvoir. Félix Tshisekedi partira à son tour. C’est la loi de l’histoire. Les nations, quant à elles, survivent aux hommes lorsqu’elles disposent d’élites capables de placer la République au-dessus des intérêts individuels.

Lorsque les passions politiques se seront dissipées, l’histoire ne demandera pas qui était pro-Tshisekedi ou anti-Tshisekedi. Elle posera une seule question : lorsque le Congo était attaqué, humilié et convoité, de quel côté étiez-vous ? Car on peut détester un président, mais on ne devrait jamais trahir sa nation.

Nico Minga

Laisser un commentaire

Votre adresse e-mail ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *