Dans la douleur d’une agression injuste, nous reconstruisons un appareil sécuritaire plus professionnel
Signalons qu’aux défis sécuritaires sus évoqués, s’ajoute la montée préoccupante du banditisme urbain. À Kinshasa, comme dans nombre de nos villes, des bandes de délinquants — les Kuluna — sèment panique et désolation. Ils violent, agressent, extorquent, blessent et parfois tuent des innocents.
Face à cette menace, l’État n’a été ni immobile ni spectateur. L’opération Ndobo a été intensifiée dans dix provinces pour démanteler les bandes violentes qui empoisonnent le quotidien de nos concitoyens. Surtout, nous avons engagé une gouvernance sécuritaire de proximité, fondée sur l’écoute des populations et la responsabilisation des autorités locales. Des Comités provinciaux et locaux de sécurité sont déployés et vulgarisés de Kinshasa au Kongo Central, du Haut-Katanga à la Tshopo. Plus de 4 500 membres — autorités administratives, élus, forces de défense et de sécurité, société civile — ont déjà été formés pour élaborer, dans chaque entité, des plans de sécurité adaptés aux menaces du terrain.
Afin de doter la Police nationale des moyens de sa mission, j’ai promulgué, le 1er juillet 2025, la Loi de programmation de la réforme policière pour 2026–2030. Elle prévoit, sur cinq ans, l’acquisition d’équipements adaptés, le recrutement et la formation de 90 000 nouveaux policiers, la mise à la retraite progressive de 10 000 agents et un vaste programme de construction et de réhabilitation d’infrastructures. Dans ce cadre, 700 nouvelles recrues suivent déjà leur formation à Kasangulu, tandis que l’École de Police de Kapalata, réhabilitée et portée à 2 000 apprenants, s’apprête à accueillir de nouvelles promotions.
Simultanément, nous avons poursuivi l’équipement en moyens de mobilité de l’ensemble des services : Police nationale, Agence nationale de renseignement, Direction générale de migration, Commission permanente des frontières, mécanisme gouvernemental de sécurité. Les administrateurs de territoire sont dotés de véhicules de fonction, pour que l’autorité de l’État soit présente, active et réactive là où vivent nos compatriotes.
La stabilité de notre pays repose sur la paix au sein de chacune de nos communautés.
C’est le sens de l’attention particulière portée aux affaires coutumières. Des audiences foraines ont été organisées, des campagnes de médiation et de réconciliation ont été menées au Sud-Kivu, au Mai-Ndombe, dans la Tshopo, au Tanganyika, qui ont permis de résoudre de nombreux différends, de pacifier des zones entières et de favoriser le retour des déplacés. À Ossio, dans la Tshopo, un rituel de réconciliation a scellé le rapprochement entre les communautés Mbole et Lengola, tandis qu’un Forum de la paix et du développement est en préparation pour l’espace Grand Bandundu.
Par ailleurs, la certification des entités coutumières, la reconnaissance — à titre pilote — de plus de 350 chefs coutumiers dans le Haut-Uélé, ainsi que le lancement d’un cadre de concertation multi-acteurs pour la mise en œuvre de la loi relative à la protection des peuples autochtones pygmées, traduisent notre volonté de réguler ce secteur sensible, de garantir les droits des communautés et de renforcer l’autorité de l’État sur l’ensemble du territoire, sans renier nos traditions.
Ainsi, dans la douleur d’une agression injuste, mais avec détermination, nous reconstruisons un appareil sécuritaire plus professionnel, plus proche du citoyen, mieux encadré et plus respectueux des droits humains. Nous voulons qu’aucune parcelle du territoire national ne soit abandonnée au désordre, à la loi des armes ou à l’arbitraire.
Enfin, garantir la sécurité, c’est aussi mieux connaître celles et ceux que nous protégeons.
