Débat stérile autour de «mandat» et «mission». Le chef de l’Etat va-t-il se laisser piéger par les chantres du «messianisme» ?

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«Félix Tshisekedi n’a plus un mandat ; Tshisekedi a une mission et une mission n’a pas de mandats_ ». La déclaration est du ministre José Mpanda qui ne réalise pas la gravité de ses propos. Car ne plus avoir de mandat signifie que le Président de la République n’a plus la légitimité issue des urnes de 2023 ! Désormais, sa légitimité vient de Dieu ou des dieux. Si pas de soi !

Des «José Mpanda» parmi les fidèles des fidèles aux «Adolphe Muzito» parmi les convertis de la 25ème heure, ils sont légion, les Congolais à se mobiliser pour le 3ème mandat à obtenir d’une manière ou d’une autre en faveur de Félix Tshisekedi. À défaut de celle de dédicace de la RDC à Dieu faite au stade des Martyrs le 23 juin 2019, il y a la cérémonie de spiritisme organisée par les chefs coutumiers au cimetière de la Gombe la nuit de Noël 2025 pour consolider le Pouvoir Fatshi. Pourtant, du moment qu’aux yeux de l’Usn en général et de l’Udps en particulier la majorité parlementaire reflète la majorité populaire, on devrait aller carrément au changement de la Constitution au lieu de susciter un débat insensé et stérile autour des termes «mandat» et «mission». Et pour cause ! Face au «juge naturel» qu’est le dictionnaire français, il n’y a, à proprement parler, pas de différence entre les deux termes, sauf si on s’installe, ou plutôt on se réinstalle dans la logique du «messianisme» autrefois prôné par l’Udps sous le leadership d’Étienne Tshisekedi. On en connaît la suite : le raccourci s’avéra fatal pour le lider maximo, réduit à courir après un certain …Paul Kagame pour sa survie politique !

Il a un mandat ou une mission à vie

Voici comment le dictionnaire définit * »MANDAT »* et * »MISSION »*.

* »MANDAT»* est _«le contrat par lequel une personne, le mandant, donne pouvoir à une autre, le mandataire, de conclure en son nom et pour son compte un ou plusieurs actes juridiques avec un tiers_».

En politique, le mandat présidentiel est le pouvoir conféré par le peuple au chef de l’Etat de veiller au respect de la Constitution dans l’application de son projet de société reflété par son programme d’investiture.

*«MISSION»* : _«De manière générale, une mission est un ensemble de tâches donné à une personne ou une entité afin d’atteindre un ou plusieurs objectifs_».

En politique, MANDAT ou MISSION, c’est quasiment du pareil au même.

Cherchez alors la différence : il n’y en a pas !.

Ou plutôt si ! Dans la conception messianique du Pouvoir d’Etat, mission veut dire mandat accordé par un Esprit ou par des esprits à une personne physique (comme Jésus-Christ homme, Mahomet ou Bouddha) d’exercer une autorité dans un cadre précis et pour une période *déterminée*.

S’il faut bien comprendre les choses pour notre « messie » en la personne de Félix Tshisekedi, pour tous les «José Mpanda» de sa famille politique le tablier ne sera rendu que le jour où Fatshi décidera de le faire, pardon le jour où son Dieu ou plutôt son dieu le voudra !

Tant que rien de la terre ni des cieux ne dira le contraire, le «messie» pourra rester peinard. Il a un mandat ou une mission *à vie*.

Faut-il d’emblée noter qu’une mission messianique ne s’obtient pas d’une élection, moins encore d’un coup d’Etat. Faut-il noter également que dans l’Histoire contemporaine, tous les leaders qui s’octroient une mission messianique connaissent une « fin tragique* : Hitler en Allemagne, Mussolini en Italie, Franco en Espagne, Mao en Chine, Nasser en Égypte, Hailé Sélassié en Éthiopie, Kadhafi en Lybie, Shah Reza Pahlavi et Ayatollah Khomeini en Iran, et même Mobutu au Zaïre.

Moralité : Félix Tshisekedi doit se méfier de ceux de ses «intellectuels» qui lui trouvent une vocation messianique et qui, en allant au bout de la logique, lui veulent une fin de carrière fatale.

Pour son édification, il sait que le Dieu des Chrétiens ne partage sa gloire avec personne !

Ses « menestrels » l’ont compris

On se souviendra qu’au cours d’un meeting le 16 novembre 2024, Félix Tshisekedi avait rejeté la tentative lui attribuée de briguer un 3ème mandat via la révision de l’article 70 de la Constitution. Comme gênés, ses stratèges vont préconiser dans la précipitation l’initiative du changement de la Constitution, question d’organiser un nouveau cycle électoral avec, cette fois-ci, un mandat *septennal*. Une vidéo avait circulé à l’époque avec des chefs coutumiers en pleines incantations pour réaliser l’objectif prévu.

En appui, un intellectuel pro-Udps nous fit à l’époque cette déclaration : _«Le Président Félix va, d’abord, expérimenter un mandat présidentiel de 7 ans de la nouvelle Constitution ; puis, si possible, il pourrait démocratiquement passer le pouvoir à son successeur_», avant de révéler : _«Renseignez-vous ! Vous apprendrez que seuls très peu de gens savaient que le pouvoir était dans la famille de Sphinx, que ce serait par le fils_» !

Que faut-il entendre par-là ?

Pour cet intellectuel, Félix Tshisekedi n’est pas concerné par le schéma de la III° République limitant à deux le mandat présidentiel quinquennal. Il est pleinement dans celui du premier mandat de la IV° République d’un septennat non limité ! Ses « ménestrels » l’ont compris.

Parmi ces derniers, on s’en doute : *Adolphe Muzito*. Devenu ministre du Budget dans SIMWINUA 2 publié le 8 août 2025, l’homme, qui a vu se réaliser sa «prophétie» sur le non-engouement des investisseurs étrangers pour défaut de légitimité du Pouvoir Tshisekedi, a cru faire sensation en révélant le niveau exact du budget national pour l’exercice 2024. Ce n’était pas USD 16 milliards comme annoncé tambour battant mais plutôt *USD 9,9 milliards* !

Se serait-il rendu compte d’un impair pour chercher à se rattraper dans son dernier tweet ? Probablement oui, probablement non.

Dans son compte x.com suggestionnant un 3ème mandat pour Fatshi, il écrit : _«Qu’à cela ne tienne, les réalisations actuelles du Président Felix TSHISEKEDI ainsi que celles en perspective, le placent en très bonne posture face à n’importe quel challenger lors de prochaines élections. Il a ainsi construit un matelas sûr pour la reconduction de sa majorité présidentielle comme parlementaire, nécessaire pour maintenir un développement harmonieux de la RDC dans les prochaines années_».

Qu’il soit allé à Lagardère puisque Lagardère n’est pas allé à lui, c’est […] normal dans ce pays ne fonctionnant qu’à coup d’agendas cachés, à coup de soupçons parfois gratuits.

Au moins, à la différence de son homologue José Mpanda, Adolphe Muzito ne se livre pas au messianisme. Il pressent d’ailleurs bénéficier du parrainage au cas où Félix Tshisekedi s’en tient à ses propos de 2022 au sujet d’un troisième mandat : _«…je dois vous dire que ce n’est pas évident (…). Il faut beaucoup se ménager parce que la santé est importante. Il faut beaucoup se ménager. Ce n’est pas évident, et je peux vous dire, vraiment, à coup sûr, moi je ne vais pas m’éterniser au pouvoir à cause de ça. Parce que j’ai découvert que un homme normal ne peut pas faire plus de deux mandats s’il veut rester vivant et en bonne santé dans ce pays-là, à la tête du Congo_», avait-il répondu à la question d’un journaliste. Cette vieille vidéo est remise en circulation on ne sait trop par qui et pourquoi…

Nous y sommes de plain-pied

Dans les deux cas de figure (candidat ou non candidat à la future échéance), Félix Tshisekedi détenait à son accession au pouvoir en 2019 tous les atouts pour devenir le Mandela de la RDC. Nous l’avons suggéré dans *BALISES* le 11 novembre 2024 sous le titre *«Félix Tshisekedi aurait pu être le Mandela de la RDC… Hélas, c’est raté !»*.

Nous notions qu’ils sont effectivement légion à développer le «messianisme». _«C’est tout un état d’esprit devant amener les observateurs et acteurs politiques à comprendre la logique udepesienne : Félix Tshisekedi s’est résolu à ne pas être le Mandela de la RDC. A quoi alors est-il préparé ? Ou plutôt à quoi se prépare-t-il ? ‘A régner et à gouverner’, bien sûr ! C’est-à-dire avoir les deux dans une République pendant qu’il exerce déjà amplement l’un et l’autre…_», écrivions-nous. Et d’ajouter : _«Pas besoin de lui rappeler que tout appétit qui vient en régnant, pardon en mangeant, finit forcément par rendre obèse ! Et l’obésité a un défaut viscéral : elle amène l’homme à se préoccuper plus de ce qu’il lui faut pour rester en vie que de ce qu’il doit donner aux autres, même à ses ‘ménestrels’_».

Nous y sommes de plain-pied.

Bonne fête de Nouvel An.

PROCHAINEMENT : _ »Combien d’Accords ont été effectivement signés à Washington le 4 décembre 2026 ? »

Omer Nsongo die Lema

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