Dialogue : le OUI-MAIS de Félix Tshisekedi suffit pour en confirmer la tenue !
D’ailleurs, il déclare : _ »Quand nous resterons entre Congolais, nous allons pouvoir définir nous-mêmes le mode de vie et de marche de notre République_ »…
*Lieu : Centre culturel pour l’Afrique centrale, à Kinshasa, sur Bld Triomphal, face au Palais du Peuple. Date : 30 août 2025. Circonstance : ouverture du 2ème Congrès ordinaire de l’Union sacrée de la Nation présidée par son initiateur et Autorité morale Félix Tshisekedi, président de la République. Bien entendu, l’événement attendu est son discours d’orientation. Mais, l’événement dans l’événement ne peut que être sa position par rapport au Dialogue au coeur du débat politique. Aucun esprit lucide ne peut comprendre de sa part une allocution abordant les problèmes d’organisation de la plateforme et ignorant ceux préoccupant la population congolaise*.
Je suis un homme de dialogue
Maintenant, on sait ce qu’il en pense au travers des extraits de son message suivants :
1._ »Je ne me laisserai pas distraire par des initiatives de dialogue qui se tiennent à l’extérieur du pays_ ».
2._ »Les Congolais n’ont pas besoin d’un facilitateur pour le dialogue_ ».
3._«Il n’arrivera jamais de dialogue en dehors de ma propre initiative_»
4._«J’ai dit, dialogue oui, mais pas avec les Congolais inféodés au dikta_».
5._«Toutes ces bonnes volontés qui s’efforcent de nous aider à dialoguer entre Congolais, c’est bien, merci pour cela, mais je crois qu’elles ont d’autres chats à fouetter. Qu’elles nous laissent gérer les problèmes du Congo entre Congolais_».
5._ »Je suis un homme de dialogue. Je vais me servir de cet instrument pour rassembler les congolais et les réunir autour d’un idéal commun_ ».
Ces extraits sont récupérés des comptes X.com de plusieurs professionnels des médias crédibles.
Des signes avant-coureurs rassurants
De nombreux signes avant-coureurs expliquent le OUI-MAIS repris en titre.
*Premier signe* : l’enlisement perceptible des Processus de Washington et de Doha. Un rapport publié le 30 juillet 2025 par le compatriote Dr Roger Claude Liwanga relève un faible taux de réalisation des engagements pris aux États-Unis. Cela s’observe du reste sur le terrain : l’enthousiasme du début est en train de s’estomper. C’est à croire que Donald Trump et Massad Boulos auraient été sérieusement « travaillés » au corps et redoutent un plongeon dans le bourbier congolais.
*Deuxième signe* : le Processus pendant de Doha fait du surplace. Conséquence normale d’un même « travail au corps ». Au demeurant, la « disparition » d’Olesengum Obasanjo de l’écran médiatique et le « silence » de Faure Gnassingbé Eyadema, médiateur de l’Union africaine ayant pris la relève de Joao Lourenço suscitent des inquiétudes.
*Troisième signe* : alors qu’elle passe dans l’opinion pro-Tshsekedi pour le *Shérif du Processus de Washington* capable de sanctionner le premier violateur de l’Accord de Paix ou de la Déclaration de Principes, l’administration Trump suscite une grosse surprise (lisez plutôt une grosse déception) en osant solliciter une réunion du Conseil de sécurité de l’Onu en raison de la reprise de la guerre à l’Est entre Fardc et M23-AFC !
Or, le peuple congolais, les Nations Unies, c’est la Monusco déployée sur son territoire depuis 2000. Ça fait *25 ans* que cette mission est quasiment omniprésente, mais avec un bilan globalement *mitigé*.
*Quatrième signe* : la Belgique – pays assurant la « sous-traitance » de la RDC dans les organisations communautaires internationales – presse le chef de l’État de faciliter le dialogue. Elle porte la voix de l’Occident, États-Unis compris, puisque Massad Boulos a déjà déclaré Donald Trump *favorable* à un dialogue interne.
*Cinquième signe* : Félix Tshisekedi boude le 45 ème sommet ordinaire de la SADC tenu le 17 août dernier à Madagascar.. Normal : la manière dont les troupes de la SAMIDRC se sont comportées lors de la prise de Goma fin janvier 2025 aura eu tout d’une trahison.
Au point 13 du Communiqué final, il y est dit :_ »Le Sommet a condamné la propagation d’informations erronées sur le déploiement de la Mission de la SADC en République Démocratique du Congo (SAMIDRC), et a réitéré que ce déploiement a été effectué dans le plein respect des principes et
obligations régionaux et internationaux, avec pour objectif de soutenir les États membres dans leur réponse à l’agression extérieure_ ». Une agression dont l’auteur n’est même pas cité.
*Sixième signe* : le « silence » de l’EAC au lendemain de la nomination unilatérale d’un consul kényan à Goma. Cette EAC dont la Force régionale s’était retirée de l’Est sans effectuer la mission de son déploiement ;
*Septième signe* : le rapprochement des Églises du Réveil et Indépendantes passant pour pro-Tshsekedi avec le binôme CENCO-ECC passant, elle, pour anti-Tshisekedi, rapprochement récemment effectué autour du Dialogue national :
*Huitième*: l’invitation de la *Fondation Thabo Mbeki* adressée à quelques acteurs politiques et sociaux à participer à sa 2ème. Quelqu’un a présenté de la mauvaise façon cette initiative en prétendant d’un dialogue entre Congolais.
Or, la Fondation organise des rencontres africaines à caractère thématique. Pour l’édition 2025, elle a envoyé des invitations à des leaders de la société politique et civile des pays africains.
En RDC, où la confusion est la règle, on a vite fait de se livrer en spectacle.
Qu’à cela ne tienne ! Il faut rester focus
C’est la raison pour laquelle l’essentiel à retenir du message du chef de l’Etat est son appel à la communauté internationale en bilatéral ou en multilatéral à *laisser les Congolais régler entre Congolais les problèmes des Congolais !*
Bien entendu, les Processus de Washington et de Doha peuvent se poursuivent, mais rien ne remplace le dialogue entre Congolais.
*C’est un acquis à capitaliser*.
Félix Tshisekedi a conscience de l’inéluctable tenue du Dialogue et de l’impossible exclusion de qui que ce soit.
Pour l’histoire, un certain Laurent-Désiré Kabila avait vu son parti politique (PRP) éconduit par les organisateurs de la Conférence nationale souveraine (CNS) en juin-juillet 1991. Il paraît qu’il avait obtenu de l’Udps et du Palu l’assurance d’être récupéré ! Ni Etienne Tshisekedi, ni Antoine Gizenga ne tinrent parole. Ce qui pourrait expliquer les « incompréhensions » observées au lendemain de la prise du Pouvoir par l’Afdl.
Question d’honnêteté pour tout le monde : personne, parmi les leaders de la classe politique et de la société civile congolaises actuellement actifs, ne peut aujourd’hui brandir son « innocence » dans l’une ou l’autre des grandes crises politiques, sécuritaires et economico-sociales que subit le Congo depuis 1960.
Personne ne peut pretendre n’avoir jamais « traversé » à un moment ou à un autre de sa vie, en pensée, en parole ou en acte, en épousant totalement ou partiellement une autre Cause que la tienne ! Les réseaux sociaux sont en train de nous le prouver. _ »Car tous ont péché et sont privés de la gloire de Dieu…_ », dirait Paul au verset 23 du chapitre 3 de son épître aux Romains.
Le go étant donné, c’est maintenant aux proches de Félix Tshisekedi de faire les choses *correctement*. Ce n’est pas facile ; on en est conscient. Surtout si l’Autorité établie ne leur accordé pas suffisamment de marges de manoeuvre.
J’ai ouïe dire que Mobutu – dont le dernier septennat devait arriver à terme à 1991 – s’était offert six nouvelles années (jusqu’en 1997). Cet exploit, il le devait à ses proches laissés par moments libres d’agir et de réagir sur le terrain en fonction des enjeux.
Il paraît que Joseph Kabila s’appuyait effectivement sur ses collaborateurs pour des manoeuvres politiques stratégiques. Il leur faisait confiance, et les résultats allaient au-delà de ce qu’il escomptait.
Moralité : *on ne réinvente pas la roue*!
En attendant, le OUI-MAIS de Félix Tshisekedi est à prendre pour ce qu’il est : l’acceptation du dialogue national !
Omer Nsongo die Lema



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