Doha : une «simple» trêve pour la reprise de la «der des ders» ?

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Les Wazalendo d’aujourd’hui pourraient devenir les Gazaouis de demain dans un Kivu en pleine islamisation aux côtés de l’Ituri ! On aura ainsi dupliqué la Nakba, la Cisjordanie, le Liban, la Syrie, dl’Irak et l’Iran dans la sous-région ! Quelqu’un va devoir en porter et en assumer la responsabilité… Une semaine après l’ouverture du 5ème round de Doha, rien de rassurant pour la paix ne s’annonce du côté des belligérants. On assiste plutôt à une insolite : c’est la délégation gouvernementale qui présente à l’opinion les revendications du M23-AFC pendant que ce dernier n’en dit mot ! Bien plus, la délégation gouvernementale tait aussi les siennes ! Par contre, la Communication pro-Pouvoir relance la rengaine des années CNS avec des manchettes du genre : «La Maison-Blanche exige», «Le Département d’État met en garde», «Les Américains décident ». Entre-temps, on a la nette impression que les deux parties sont déterminées à se livrer la dernière des guerres qui signera la capitulation…

Un baroud d’honneur qui pourrait se révéler un chant de Cygne

Pourtant, autour d’une table, on négocie des points de divergences et non de convergence. Là, il n’y a pas de roue à réinventer. Dans la pratique, on se rassure les uns les autres de bonnes dispositions avec ce qu’on appelle en termes consacrés «mesures de confiance». Au 5ème round démarré voici une semaine, rien de concret n’est encore décidé. Tout ce qu’on en sait, c’est que les deux parties s’accusent mutuellement de vouloir relancer la guerre.

Côté RDC, le gouvernement s’y est prononcé lors de son Conseil des ministres du vendredi 11 juillet 2025. À en croire le VPM en charge de la Défense nationale, «la situation des opérations militaires est marquée par les mouvements incessants de troupes ennemies et leurs supplétifs et de matériels le long des lignes de front, en particulier dans les provinces du Nord et du Sud-Kivu (…). Au Sud-Kivu, il est noté un renforcement significatif des agresseurs sur l’ensemble des axes conduisant aux lignes des fronts, leur objectif étant de s’emparer des territoires sous contrôle des FARDC notamment celui d’Uvira».

Côté AFC-M23, c’est la même chanson. «L’Alliance Fleuve Congo (AFC/M23) alerte la communauté nationale et internationale face au déploiement massif et provocateur de troupes et d’équipements militaires par le régime illégitime de Kinshasa sur l’ensemble du front. Pire encore, ses forces coalisées, incluant la Force de Défense Nationale du Burundi, braquent délibérément leurs armes lourdes vers des zones densément peuplées. Cette décision criminellement irresponsable frise le crime contre l’humanité. Ce déploiement militaire constitue un mépris flagrant et une insulte directe aux pourparlers en cours. Ces discussions, que notre organisation appelle instamment à privilégier, doivent impérativement s’attaquer aux causes profondes du conflit en RDC. Par ces actions belliqueuses, Kinshasa sabote ouvertement cette voie diplomatique essentielle». C’est sur le compte X. com de Lawrence Kanyuka, son porte-parole. Date : 14 juillet 2025.

Ce qui fait dire à Fred Bauma, directeur exécutif d’Ebuteli, le même jour : «Les deux parties, surtout le M23, mais aussi le gouvernement congolais dans une certaine mesure, ont des préalables qui sont très difficiles à rencontrer. Je pense que tout ça aussi dépendra du poids des facilitateurs et des autres acteurs impliqués, y compris les États-Unis. Est-ce que tout ce qui est signé peut être mis en œuvre ? Là je pense qu’il y en a beaucoup qui doutent. Mais ce que la population veut à la fin c’est la paix et on n’est pas encore là».

Finalement, le Processus politique de Doha bat de l’aile, prélude à un baroud d’honneur qui pourrait se révéler un chant de cygne.

Et pour cause !

Bref, la confusion religieuse s’installe dans la médiation politique

Vraisemblablement, la Communication du Gouvernement a pour consigner de promouvoir la «Pax americana». Le scoop sur la fameuse cagnotte de USD 500 milliards escomptés de l’Accord minier avec en prime la sécurisation des zones minières est devenu parole d’évangile.

Comment, du reste, ne pas y croire avec le bal des «ministres en col pastoral» qui débarquent au Mont Ngaliema, américains et ougandais compris. Le 13 juillet pour la délégation des Etats-Unis et le lendemain pour la délégation de l’Ouganda.

Comment ne pas y croire lorsqu’on assiste à des rencontres croisées au niveau des princes de l’Eglise. Tenez :

le 9 juillet, une délégation de la synergie CENCO-ECC se rend au domicile de Jean-Marc Kabund, président du parti A-CH (Alliance pour le Changement). L’échange tourne autour du Pacte Social.

le 11 juillet, avec à sa tête l’évêque Evariste Ejiba, une délégation simplement dénommée «Plateforme des chefs des confessions religieuses» se rend au siège de l’Udps pour rencontrer le président intérimaire du parti présidentiel Augustin Kabuya à qui elle remet un document intitulé «Initiative interconfessionnelle pour la paix et la réconciliation en RDC». Initiative concurrente au Pacte Social.

le 14 juillet, l’évêque Dodo Kamba de l’Eglise de Réveil du Congo prend langue avec le binôme CENCO-ECC qu’il avait malmené lors de la désignation controversée du président de la Céni.

Tous parlent de paix espérée du dialogue sans cependant définir lequel !

Ainsi, au niveau des initiatives religieuses, en l’espace de 5 jours seulement, on réalise vite que Mont Ngaliema a son camp, comme pour dire de l’Opposition politique et de l’Opposition armée qu’elles ont aussi le leur présenté par la Majorité en pro-Rwanda !

Bref, la confusion religieuse s’installe dans la médiation politique.

Le Kivu minier dans la configuration d’un foyer juif dans les Grands-lacs

Cette confusion atteint Doha où, depuis près d’un mois, les délégations ne se prononcent pas clairement sur leurs revendications.

Ayant décidé d’assurer une médiation muette, la Facilitation qatari préfère gérer en silence sa mission. Même pas une photo. Ce qui n’est pas mal.

Seulement voilà : la nature ayant horreur du vide, le silence adopté par la Facilitation alimente les rumeurs et les frustrations.

Certes, le Gouvernement a le droit de brandir la Résolution 2773 du Conseil de sécurité comme revendication principale. Mais, une chose est vraie : bien que la crise sécuritaire remonte à une trentaine d’années, il y a des questions essentielles à résoudre. Notamment la question foncière, partant des réalités sociologiques et anthropologiques africaines dont la première est basée sur le principe «un peuple, une terre». Ou «Une terre, un peuple».

En Afrique, un peuple sans terre ou une terre sans peuple, ça ne se conçoit pas. Dans « BALISES », cette réalité est plus d’une fois relevée dans l’approche de la résolution de la crise globale des Grands Lacs.

Quand bien même on peut s’accommoder d’une impasse sur les causes de la guerre actuelle relancée en 2022 (après les deals passés respectivement et successivement avec le M23 en 2019 et avec le Rwanda en 2021), on doit absolument circonscrire les origines profondes et lointaines de la crise.

Or, la Résolution de l’Onu, comme d’ailleurs celles de toutes les Résolutions précédentes, est dramatiquement muette à ce sujet. A l’instar, d’ailleurs, de celles de l’Union africaine et de l’Union européenne, deux organisations intimement liées par la colonisation et qui connaissent ces réalités mieux que les Américains et les Nations Unies réunis.

Aujourd’hui, avec la menace de la reprise de la guerre, on perçoit dans la Communication pro-Kinshasa l’intention d’en découdre une fois pour toutes avec le Rwanda, surtout en fondant la conviction dans la couverture sécuritaire américaine.

L’un des communicateurs bavards signale même, avec un triomphalisme déroutant, le déploiement à Kisangani et à Uvira des FARDC et leurs partenaires avec armements sophistiqués. Il s’appuie sur la réponse de l’ambassadrice des USA en RDC Lucy Tamlyn à une question de Rfi. «Nous avons clairement dit qu’il y aura des conséquences si les engagements ne sont pas respectés», a-t-elle déclaré.

Manifestement, ces va-t-en-guerre n’ont pas conscience du fait qu’une guerre totale est justement recherchée par les planificateurs de la balkanisation avec risque de voir le Kivu minier dans la configuration d’un foyer juif pour les Grands-Lacs. Pour la petite histoire, ce foyer avait été envisagé dans un premier temps en Ouganda avant de l’implanter en Palestine.

Les mêmes causes produisant les mêmes effets, les Wazalendo d’aujourd’hui pourraient devenir les Gazaouis de demain dans un Kivu en pleine islamisation aux côtés de l’Ituri, et ce au grand plaisir des fabricants et des marchands d’armes ! On aura ainsi dupliqué la Nakba, la Cisjordanie, le Liban, la Syrie, dl’Irak et l’Iran dans la sous-région !

Quelqu’un va devoir en porter et en assumer la responsabilité…

Omer Nsongo die Lema

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