Drame sécuritaire à Beni: 14 personnes périssent lors d’une nouvelle attaque des ADF dont un militaire
Les ADF ont refait l’incursion dans la pleine ville de Beni, chef-lieu provisoire du Nord-Kivu, dans la nuit du samedi 30 au dimanche 31 mai 2026, plusieurs années après les derniers massacres qui ont ensanglanté cette ville. Pour ce jour, l’ennemi est arrivé dans le même quartier Ngadi situé dans la commune de Ruwenzori où 6 pygmées ont péri. Parme les victimes, le célèbre artiste-comédien Nzanzu Mangese, son père et sa mère et trois autres civils et un militaire, selon le bourgmestre de ladite commune.
Pendant cette même incursion, 7 autres corps des civils ont été découverts, le dimanche 31 mai sur l’axe Vemba Katota à l’Est de Ngadi. Les victimes ont été exécutées par les ADF le samedi soir avant l’attaque de Ngadi où les mêmes ADF ont tué 7 autres civils. Le bilan, toujours provisoire de l’attaque, est de 14 civils tués : 7 à Ngadi et 7 sur l’axe Vemba Katota.

Cette situation a créé une psychose au sein de la communauté de Beni. Les jeunes se sont mobilisés pour récupérer les corps et les acheminer à la morgue de Ben. Mais en cours de la route, à quelques mètres du gouvernorat, la police a réussi à arracher 5 corps pour la morgue pendant que celui de Nzanzu Mangese a été emmené par ces jeunes qui ont circulé avec pour finalement le déposer à la morgue.
Kinshasa ne doterait pas l’armée des moyens conséquents
Face à cette situation, la Société civile forces vives de la ville de Beni exprime sa forte déception étant donné que les alertes de la population faisaient croire que les ennemis allaient attaquer la ville dimanche. Mais les autorités n’avaient pas pris en considération cette menace.
D’après Me Pépin Kavota, président de cette structure citoyenne, ce massacre vient encore de démontrer que Kinshasa ne dote pas l’armée des moyens conséquents:
« Aujourd’hui le camp des Pygmées de Ngadi vient de perdre 6 personnes. Malheureusement, les chefs de base avaient déjà alerté bien avant. Je me souviens j’étais avec l’autorité provinciale à Butembo et je lui avais parlé de la présence des hommes non identifiés dans le fin fond de Mayangose. On nous apprendrait que les militaires sont dans le fin fond mais les ADF tuent en pleine ville. Aujourd’hui, nos frères viennent d’être tués alors que les services de sécurité étaient bien alertés », regrette-t-il.
S’agissant de recommandations aux autorités, Pépin Kavota demande une action urgente pour que cette guerre soit éradiquée : « s’ils entrent aujourd’hui à Ngadi et qu’aucune mesure n’est prise, les autres quartiers comme Nzuma, Matembo, Paida, Masiani, Bulongo et la route Beni-Butembo risqueront de vivre les mêmes cas. La lecture que nous avons est qu’il semble qu’on niveau de la haute hiérarchie à Kinshasa, on semble minimiser la question des ADF. Ce qui pousse à ce que l’armée ne travaille dans des conditions adaptées à la guerre aujourd’hui », a-t-il ajouté.
Maki Barack Patrick depuis Beni
