Droits humains en péril : le cri d’alarme de l’ICJP face à l’étouffement des libertés au Kivu

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Le Kivu traverse une nouvelle zone de turbulence. Selon l’Initiative Congolaise pour la Justice et la Paix, les 535 violations recensées en juillet 2025 dans les deux provinces témoignent d’un effondrement accéléré de la protection des droits humains. Journalistes, activistes et citoyens payent le prix fort d’un climat devenu irrespirable.

Les dernières observations de l’ICJP montrent une région où la violence s’installe comme une norme. Des reporters réduits au silence, des défenseurs obligés de fuir, des familles terrorisées : l’espace civique s’effondre sous le poids d’une répression systématique. « On nous suit, on nous écoute, on nous surveille », déclare un journaliste de Bukavu qui vit désormais dans la clandestinité. Selon l’organisation, les zones de conflit deviennent des territoires où l’impunité gouverne.

Les cas compilés par le BCNUDH s’accompagnent d’une multiplication d’actes de harcèlement, souvent commis en toute impunité. Une défenseure des droits humains de Masisi raconte avoir été menacée à la sortie d’une réunion communautaire : « Ils m’ont dit que ma voix allait se briser. » Plusieurs témoins évoquent des perquisitions nocturnes et des détentions sans mandat. Dans certains villages, les habitants parlent d’une « nuit interminable » où la peur remplace la parole.

Pour Raph, le constat est sans équivoque : « Nous assistons à une réduction violente de tout espace de contestation ». Il rappelle que les défenseurs des droits humains jouent un rôle essentiel dans la stabilité sociale. Pourtant, poursuit-il, « ceux qui devraient être protégés sont aujourd’hui pourchassés comme des criminels ». À Goma, un activiste ayant échappé à une tentative d’enlèvement affirme vivre « avec un sac toujours prêt », prêt à s’enfuir à la moindre alerte.

Dans ce climat d’insécurité permanente, l’accès à l’information devient une mission à haut risque. Un animateur communautaire de Kalehe, aujourd’hui déplacé, raconte qu’il a stoppé toute émission après avoir reçu un message glaçant : « Nous savons où vivent tes enfants. » Des récits de ce genre se multiplient, faisant craindre une désintégration totale du journalisme indépendant dans la région. L’ICJP y voit un danger majeur pour la démocratie locale.

Les communautés, déjà fragilisées par les conflits armés, se disent épuisées. « On ne reconnaît plus notre propre province », s’indigne une mère de famille de Baraka après avoir assisté à l’arrestation violente de son voisin. Les organisations locales tentent de maintenir un filet de solidarité, mais les moyens manquent. Pour l’ICJP, l’urgence est absolue : il faut protéger les voix menacées, rétablir des garanties de sécurité et renforcer la justice pour endiguer l’escalade.

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