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Ebola oblige le FMI à revoir ses projections de croissance pour la RDC à 5,2 %

Selon la Note de conjoncture, une étude de la Banque Centrale du Congo (BCC), l’environnement économique intérieur demeure stable. Au cours de la période sous revue, le rythme hebdomadaire de l’inflation s’est modéré, le franc congolais s’est apprécié sur les deux segments du marché des changes et la liquidité bancaire a été régulée par les opérations sur le Bon BCC. Les indicateurs d’opinion des chefs d’entreprise restent bien orientés.

Sur la base des données disponibles à fin mars 2026, la CESCN projetait une croissance du PIB réel de 5,7 % en 2026, rythme identique à celui de 2025. Les estimations établies sur la base des données provisoires à fin juin ont ramené cette projection à 5,6 %. La projection la plus récente du FMI se situe à 5,2 %, en raison principalement d’une évolution moins favorable du secteur non extractif, en particulier du tertiaire, affecté notamment par les répercussions de l’épidémie d’Ebola. L’écart entre ces projections, compris entre 0,1 et 0,5 point, reflète essentiellement des hypothèses différentes sur l’activité hors mines.

La structure de la croissance se rééquilibre progressivement. La contribution du secteur extractif, encore prépondérante, se modère : la croissance de l’extraction des minerais non ferreux revient de 11,3 % en 2024 à 8,0 % projetés en 2026. Celle du PIB hors industries extractives progresse au contraire de 4,0 % à 4,9 %. Ce rééquilibrage reposait notamment sur le dynamisme attendu de l’hôtellerie et de la restauration (+31,6 %, contre 8,1 % en 2025), soutenu par l’arrivée de chaînes hôtelières internationales, et des télécommunications (+16,3 %, contre 11,0 %), portées par l’utilisation accrue des services de données. Ce sont précisément ces branches tertiaires, plus sensibles aux effets de la crise sanitaire, qui expliquent la révision à la baisse du FMI.

En termes nominaux, le PIB de la RDC a suivi une trajectoire irrégulière entre 1980 et 2001, avant un redressement durable à partir de 2002. Après un niveau relativement élevé en 1980 (68,6 milliards de USD), le PIB s’est inscrit dans une tendance baissière marquée jusqu’au milieu des années 1990, avec une chute brutale entre 1992 (36,3 milliards) et 1994 (10,4 milliards), avant d’atteindre son point le plus bas à la fin de cette décennie et au début des années 2000 (7,7 milliards de USD en 2000). Cette contraction traduit la conjonction de l’hyperinflation, de la dépréciation de la monnaie nationale, de la destruction de l’appareil productif et des conflits armés.

À partir de 2002, une dynamique de redressement s’est installée à la faveur des accords de paix et de la mise en œuvre de réformes structurelles majeures, à l’instar du Code minier.

Le PIB s’est hissé à 22,6 milliards de USD en 2008, avant un repli temporaire en 2009 (18,9 milliards) lié à la crise financière internationale et à la chute des cours des matières premières, puis a atteint 34,9 milliards en 2013. Après une phase de stabilisation entre 2014 et 2017, marquée par le retournement des cours des produits de base, la croissance s’est nettement accélérée depuis 2020 : le PIB nominal est passé de 46,6 milliards de USD en 2020 à 70,4 milliards en 2022, 77,5 milliards en 2024 et 92,2 milliards en 2025. Il est projeté à 122,7 milliards en 2026, soit une progression d’environ 33,1 % en un an.

Cette expansion, nettement supérieure à la croissance réelle de 2026, résulte de la combinaison de la croissance des volumes produits, de la progression des prix intérieurs et de l’effet de valorisation lié à l’appréciation du franc congolais intervenue au dernier trimestre 2025, qui accroît la contrevaleur en dollars de la production.

En dépit d’importantes fluctuations, le PIB par habitant affiche une tendance globalement haussière depuis 2003. Après s’être établi à 2.730,7 USD en 1980, il s’est fortement contracté pour se situer en deçà de 200 USD au tournant des années 2000 (159,5 USD en 2000), sous l’effet de la dégradation du cadre macroéconomique et des multiples crises, notamment la destruction de l’appareil productif. La baisse a été particulièrement prononcée entre 1991 (1.120,9 USD) et 1994 (257,3 USD).

Le retour de la croissance, porté par le dynamisme du secteur minier, a permis un redressement progressif à partir de 2003. Le PIB par habitant a atteint 427,4 USD en 2012 et 630,3 USD en 2021, avant de s’établir à 751,2 USD en 2024 et 865,7 USD en 2025. Il devrait se situer à 1.115,2 USD en 2026, franchissant le seuil de 1.000 USD pour la première fois depuis 1991. Ce niveau demeure toutefois inférieur de près de 60 % à celui de 1980, ce qui illustre l’ampleur du rattrapage restant à accomplir et l’enjeu d’une croissance soutenue, diversifiée et supérieure à la progression démographique.

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