École Moderne et ITC Djelo Binza sacrés au CAF Festival – KinFoot 2025
À l’Université Pédagogique Nationale (UPN), ce samedi n’avait rien d’ordinaire. Les couloirs, d’ordinaire rythmés par les allées et venues d’étudiants, ont vibré au son des cris des élèves, des refrains populaires et des célébrations improvisées. Pour la dernière journée du CAF Festival KinFoot 2025, organisé par l’unité des Associations Membres de la CAF en marge de la 47ᵉ Assemblée Générale de l’institution panafricaine, Kinshasa s’est muée en une vaste scène où le football scolaire s’est mêlé à la musique et à la joie collective.
Dès l’entrée du campus, l’ambiance donnait le ton. Les enceintes diffusaient le célèbre « Coup du Marteau », aussitôt repris en chœur par des dizaines d’élèves, tandis que le « Fimbu Fimbu » résonnait à chaque but marqué. Entre deux matchs, les pas de danse s’improvisaient sur la pelouse. Ici, l’enjeu n’était pas seulement de gagner, mais de vibrer ensemble.
« Moi, j’aime danser », confiait Charline, jeune footballeuse, sourire aux lèvres.
Près de 150 jeunes, répartis en 16 équipes issues de différentes écoles de Kinshasa, ont donné vie à cette fête du ballon rond. Trois jours durant, filles et garçons se sont affrontés dans un esprit de fair-play, mais aussi de spectacle. Chaque dribble déclenchait une clameur, chaque tir cadré faisait battre des mains en cadence. Les tribunes improvisées se transformaient en gradins vibrants.
« Quand j’ai marqué, les gens m’ont surnommé Wissa, comme le joueur de notre équipe nationale. Maintenant mes camarades m’appellent aussi comme ça », racontait Didier, rayonnant.
La magie des finales
Chez les filles, l’École Moderne de Ngaliema a remporté la finale face au LTP Ngaliema grâce à un unique mais précieux but (1-0). Un match serré, où chaque occasion déclenchait une explosion sonore, comme si toute une commune retenait son souffle.
Chez les garçons, le suspense a été total. Opposés en finale, ITC Djelo Binza et ITP Ngaliema n’ont pas réussi à se départager dans le temps réglementaire (0-0). La séance de tirs au but a alors transformé la pelouse en théâtre à ciel ouvert : cris, chants et tambours accompagnaient chaque frappe. La victoire 4-2 de Djelo Binza a déclenché une euphorie collective, avec une marée de jeunes envahissant le terrain.
Et pourtant, l’équipe la plus acclamée n’a pas soulevé de trophée. Saint Christophe EP1 Ngaliema, stoppée en demi-finale, a été désignée meilleure équipe du tournoi. Sa technique, sa cohésion et son allant offensif ont séduit aussi bien les spectateurs que les éducateurs. Une reconnaissance qui vaut presque un titre.
Le football comme école de vie
Le KinFoot n’était pas seulement un tournoi. C’était aussi une école à ciel ouvert. Des ateliers ont initié les jeunes aux fondamentaux du jeu, aux valeurs du fair-play et même à l’arbitrage. Sur les terrains annexes, des adolescents sifflet en main ont goûté aux responsabilités de l’homme en noir. Siffler une faute sous les regards d’amis et de camarades : un exercice aussi formateur que grisant.
« Nous avons voulu montrer que l’arbitrage aussi fait partie du jeu, qu’il existe une autre manière d’entrer dans le football », expliquait Geneviève Lukusa, cheffe du département des arbitres à la Fédération Congolaise de Football. Le public, lui, a joué le jeu, applaudissant chaque bonne décision comme si un but venait d’être marqué.
Dans les gradins, les parents vibraient autant que leurs enfants. « Nous voyons que nos enfants donnent tout sur le terrain et surtout qu’ils s’amusent. C’est une excellente activité. Ce festival devrait avoir lieu tous les week-ends, car l’ambiance est fantastique, aussi bien sur le terrain que dans les tribunes », confiait Pascaline, la maman de Pierre-Michaël, élève de Saint Christophe.
Les éducateurs, eux aussi impliqués, ont suivi des modules de formation, les deux jours précédants ce tournoi. Entre deux matchs, ils prenaient des notes, échangeaient sur les méthodes pédagogiques et discutaient d’encadrement.
En refermant cette édition, la CAF ne laisse pas seulement derrière elle des vainqueurs et des vaincus. Elle laisse une mémoire sonore – des refrains entêtants, des applaudissements nourris – et visuelle – ces sourires après les buts, ces accolades après les défaites.



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