Est de la RDC : près de 800 personnes présentées comme rwandaises transportées à la frontière pour un rapatriement

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Dans l’est de la République démocratique du Congo (RDC), plus de 790 personnes présentées comme des ressortissants rwandais ont été rapatriées le 19 mai 2025 dans leur pays par l’Agence des Nations unies pour les réfugiés (UNHCR). Il s’agit en majorité de femmes et d’enfants. Ils ont été pour la plupart arrêtés par le groupe politico-militaire AFC-M23, qui les accuse d’être en situation irrégulière en RDC et ont été remis à l’UNHCR qui les a transportés jusqu’à la frontière avec le Rwanda.

Vêtements déchirés, visages fermés, ce sont principalement des femmes et des enfants qui sont descendus des bus de l’UNHCR à la grande barrière, frontière entre la ville de Goma, chef-lieu de la province du Nord-Kivu dans l’est de la RDC, et de Gisenyi au Rwanda.

Nombre d’entre eux disent être venus en RDC il y a longtemps à la recherche de terres arables, comme en témoigne Bimenyimana Edson, âgé de 65 ans, et son voisin Bonane. « Je suis rwandais et je suis venu vivre en RDC en 2000, assure Bimenyimana. Nous étions agriculteurs et éleveurs. Il y a eu la guerre, puis le M23 nous a ramenés à Goma. Parfois, je venais visiter mes enfants à Kabuhanga [ville à l’ouest du Rwanda, NDLR] ».

De son côté, Bonane raconte : « Mes parents sont rwandais et sont venus vivre en RDC, où j’ai grandi. J’entendais parler du Rwanda, mais je n’y ai jamais mis les pieds. Nous avons été pris à Sake [localité dans la province du Nord-Kivu, dans l’est de la RDC, NDLR] et on nous a dit qu’il fallait que nous rentrions. Ma femme et mes quatre autres enfants sont restés à Masisi [autre localité dans la province du Nord-Kivu, dans l’est de la RDC, NDLR]. »

« Si on détecte des Congolais qui ne sont pas Rwandais, ils auront la facilité de retourner chez eux »

Certains affirment même avoir des papiers d’identité congolais. À la frontière, ils sont pris en charge par les autorités rwandaises. Ils seront envoyés au centre de transit de Nyarushishi pour y être identifiés et recevoir une assistance, explique Mwalindwa Prosper, maire de Rubavu au Rwanda : « Nous assumons le fait qu’ils sont rwandais. Mais, si au centre de Nyarushishi, on détecte des Congolais qui ne sont pas rwandais, ils auront la facilité de retourner chez eux. »

Contacté, l’UNHCR à Genève reconnait que ces retours ne remplissent pas toutes les conditions d’un rapatriement volontaire, mais ajoute qu’il ne s’agit pas non plus d’expulsions ou de refoulements.

 

À noter que le 17 mai 2025, plus de 360 personnes – également présentées comme des ressortissants rwandais – ont été rapatriées.

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