Europe-Africa Forum : André Wameso défend une RDC moteur de croissance et d’innovation technologique   

0

Dans 10 ans, le paiement digital sera universel, instantané, sécurisé et inclusif, soutenant la croissance économique et favorisant l’intégration régionale. Il constituera une infrastructure essentielle pour la vie quotidienne, contribuant à la réduction de l’informel, à l’élargissement de l’assiette fiscale et à la promotion de l’inclusion financière. C’est dans ce cadre que la BCC travaille sur une nouvelle stratégie nationale de paiement pour mieux préparer l’économie et cadrer l’action de l’ensemble des acteurs impliqués sur l’horizon de temps de 5 ans renouvelable.

Ce vendredi 26 septembre à Bruxelles, le gouverneur de la Banque Centrale du Congo (BCC), André Wameso, a pris part au Europe Africa Investment Forum, où il a dressé un état des lieux de l’économie congolaise et mis en avant la République Démocratique du Congo (RDC) comme un acteur clé de l’innovation technologique et du développement durable sur le continent africain.

Il nous revient que le Gouverneur de la BCC est intervenu à deux reprises. D’abord, à la Banque centrale Européenne (Bruxelles, Belgique). L’Atelier 1 portait comme thème : « RDC : Des matières premières à au leadership mondial ». « L’Euro numérique, Les paiements instantanés, et la digitalisation des banques » était le thème de l’atelier. La 2ème partie a eu lieu Europe au Palais D’Egmont, toujours à Bruxelles.

Dans son intervention, le Gouverneur a rappelé que la RDC, forte de plus de 100 millions d’habitants dont 70% ont moins de 25 ans, représente une puissance démographique stratégique. Avec un âge médian de 18 ans, le pays bénéficie d’un vivier humain sans égal pour soutenir sa transformation économique.

Après plusieurs décennies marquées par l’instabilité politique et le déclin économique, la RDC s’est engagée, depuis 2003, dans un processus de reconstruction, de démocratisation et de réformes structurelles. Cet engagement porte aujourd’hui ses fruits. Selon les projections du Fonds Monétaire International (FMI), la RDC affiche une croissance robuste du PIB estimée à 6,3 % en 2025, soit bien au-dessus de la moyenne régionale de l’Afrique subsaharienne.

Hausse spectaculaire des recettes de l’État

Cependant, face à une démographie galopante, cette croissance reste insuffisante, nécessitant la poursuite du processus de diversification de l’économie. Le gouverneur a insisté sur les réformes engagées pour améliorer la collecte des recettes menant, notamment à la hausse spectaculaire des recettes de l’État, passées de en moyenne de 4,2 milliards de dollars entre 2018 et 2020 à près de 9,4 milliards en 2024.

Ce bond significatif au niveau des recettes de l’Etat a été orienté principalement vers le secteur éducatif à travers la politique volontariste de gratuité de l’enseignement primaire. Cette dernière politique a comporté l’avantage de briser le cycle d’inégalités, particulièrement en faveur des jeunes filles. En effet, 63% des femmes en RDC ont une activité économique et 62% sont dans la vie active. Grâce aux investissements dans l’éducation, ces chiffres devraient continuer à croître.

« Remettre la jeune fille à l’école, c’est transformer le pays et préparer les moteurs de la digitalisation économique et de l’inclusion financière », a affirmé André Wameso.

Au cœur de cette transformation, la stratégie numérique. En 2021, la RDC s’est dotée d’un code numérique intégrant la protection des données, l’inclusion financière digitale, le renforcement de la cybersécurité et la réglementation des transactions électroniques. La BCC entend jouer un rôle central en accélérant la transformation numérique, la circulation monétaire et en facilitant les paiements digitaux jusque dans les coins les plus reculés. Grâce à l’utilisation du smartphone, de l’IA et à la collecte de données, dans 5 à 10 ans, il sera désormais possible pour les banques d’évaluer la solvabilité d’un petit commerçant et de lui accorder un crédit quasi instantanément.

Pour André Wameso, la digitalisation n’est pas une question de souveraineté pour la RDC, mais de survie : elle permettra de renforcer la confiance, d’améliorer la traçabilité, de formaliser l’économie informelle et d’élargir l’assiette fiscale. « La RDC, grâce à la digitalisation, ne veut plus être considérée uniquement comme un réservoir de matières premières mondiales, mais comme un acteur majeur de la transformation digitale en Afrique grâce à l’éducation, notamment celle des femmes», a-t-il conclu.

À propos du forum

Depuis sa création, Credassur, plateforme de promotion de la diplomatie économique et culturelle africaine, a organisé avec succès plus de 20 forums économiques internationaux, attirant chaque année des centaines de participants, dont des ambassadeurs, des ministres, des leaders économiques et des investisseurs de renom.

Les forums précédents ont permis de générer plus de 100 millions d’euros d’engagements d’investissement dans divers secteurs stratégiques, notamment les infrastructures, la finance et la technologie.

Ce forum a pour objectifs de combler les fractures mondiales ; renforcer la coopération mondiale ; stimuler les interactions économiques ; diplomatie culturelle et économique ; visibilité de l’entreprise.

Soulignons qu’au-delà du discours d’ouverture par Mme Esther Misheng Mbidi, Initiatrice du forum et présidente fondatrice de Credassur et de la présentation du Gouverneur de la BCC, d’autres intervenants étaient alignés, notamment M. Guylain Nyembo, Ministre d’Etat, Ministre du plan et de la Coordination de l’Aide au développement de la RDC : Les opportunités d’investissement en RDC ; Dr Alain Ndikumana, Ministre des Finances du Burundi : La digitalisation des services publiques et André Flahaut, Ministre d’Etat belge.

JMNK

Laisser un commentaire

Votre adresse e-mail ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *