Les préoccupations liées à l’exploitation illicite des ressources minières dans le territoire de Mwenga, au Sud-Kivu, s’invitent désormais au cœur de l’action gouvernementale. Reçu ce 19 juillet 2026 à Kinshasa en audience par le ministre d’État, ministre de la Justice et Garde des Sceaux, Guillaume Ngefa Atondoko Andali, le député national Trésor Lutala Mutiki a présenté un tableau préoccupant de la situation sécuritaire, judiciaire et minière dans cette partie du pays. À l’issue des échanges, le ministre a décidé d’engager des démarches devant permettre l’ouverture d’enquêtes sur les faits dénoncés, conformément aux orientations arrêtées par les autorités du pays en matière de lutte contre la fraude minière.
Selon le député élu de Mwenga, plusieurs sites miniers stratégiques de son territoire seraient actuellement exploités en violation des dispositions légales. Il affirme que des opérateurs étrangers, agissant avec l’appui de certains acteurs nationaux, exploiteraient les richesses minières sans garantir ni la traçabilité des minerais ni des retombées économiques pour les communautés locales. Cette situation, a-t-il expliqué, favoriserait l’évasion des ressources nationales tout en alimentant des réseaux de fraude organisés.
Au cours de cette audience, l’élu a également attiré l’attention du ministre sur les difficultés auxquelles fait face l’administration de la justice dans le territoire de Mwenga. Il a évoqué le manque d’infrastructures judiciaires, l’insuffisance de magistrats et d’autres personnels de justice, ainsi que les obstacles qui limitent la capacité des institutions judiciaires à exercer efficacement leur mission. Pour lui, ces faiblesses structurelles créent un environnement propice à l’impunité et compliquent la lutte contre les infractions économiques et minières.
dLes préoccupations exprimées concernent notamment les secteurs de Kamituga et de Lugushwa, deux importantes zones d’exploitation aurifère. D’après le député, certaines entreprises exerceraient leurs activités en dehors du cadre légal, avec des complicités impliquant aussi bien des civils que certains membres des forces de sécurité. Il estime que cette exploitation anarchique prive les populations locales des bénéfices issus de leurs ressources naturelles tout en fragilisant l’autorité de l’État.
Face à ces dénonciations, Guillaume Ngefa a réaffirmé sa volonté de faire respecter la loi et de combattre toutes les formes de criminalité économique. Dans le cadre de ses prérogatives, le ministre de la Justice a instruit ses services d’engager le travail préparatoire devant conduire à la prise d’injonctions à l’endroit des parquets compétents afin que des investigations approfondies soient ouvertes. Ces enquêtes devront notamment permettre d’établir les responsabilités, de vérifier la régularité des activités des sociétés mises en cause et d’identifier les éventuelles complicités ayant facilité l’exploitation illicite des ressources minières.
Cette démarche s’inscrit dans la continuité des décisions prises lors du Conseil des ministres du 10 juillet 2026, au cours duquel le Président de la République avait exigé un renforcement de la lutte contre la fraude minière. Les orientations gouvernementales prévoient notamment la fin de toute présence illégale d’éléments armés sur les sites miniers, le démantèlement des réseaux de trafic des minerais ainsi que des poursuites contre tous les auteurs et complices impliqués dans ces pratiques.
Pour le ministre de la Justice, l’action judiciaire constitue un levier essentiel dans la protection des ressources stratégiques du pays. L’ouverture d’enquêtes permettra non seulement de faire la lumière sur les allégations portées à la connaissance des autorités, mais aussi de renforcer la crédibilité des institutions chargées de lutter contre la criminalité économique et financière.
À l’issue de la rencontre, le député Trésor Lutala Mutiki s’est déclaré satisfait de l’engagement pris par le ministre. Il a salué la réactivité de Guillaume Ngefa, estimant que les premières instructions données témoignent de la volonté des pouvoirs publics de traiter ce dossier avec sérieux. Il s’est également dit convaincu que les investigations annoncées permettront d’identifier les responsables et de rétablir l’autorité de l’État dans les zones concernées.
Au-delà du cas spécifique de Mwenga, cette initiative traduit la détermination des autorités congolaises à renforcer la gouvernance du secteur minier et à garantir une exploitation conforme aux lois de la République. Elle met également en évidence le rôle de la justice dans la préservation des ressources naturelles, la lutte contre les réseaux de fraude et la défense des intérêts des populations vivant dans les zones minières. Si les enquêtes aboutissent, elles pourraient ouvrir la voie à des poursuites judiciaires et à des mesures destinées à restaurer la transparence dans la gestion des richesses minières du Sud-Kivu.
Corinne Ontande
