Face aux gestionnaires publics, l’IGF mise sur la prévention, le contrôle intelligent et la sanction pour lutter contre les malversations financières

Au cinquième jour du séminaire de renforcement des capacités des partenaires médias et des organisations de la société civile sur le Plan stratégique triennal 2026-2028 de l’Inspection Générale des Finances (IGF), une question a particulièrement retenu l’attention des participants : « L’IGF continuera-t-elle à faire peur aux gestionnaires publics ? »

Répondant à cette préoccupation, l’Inspecteur général des finances, Chef de service, a tenu à clarifier la philosophie qui sous-tend la nouvelle approche de contrôle adoptée par l’institution. Selon lui, l’efficacité du contrôle des finances publiques ne dépend pas uniquement de la présence physique des inspecteurs sur le terrain, mais repose désormais sur un dispositif plus moderne, fondé sur l’intelligence des données, le contrôle systémique et la capacité d’anticipation.
« Le nouveau système de contrôle ne signifie pas que l’IGF abandonnera les descentes sur le terrain. Bien au contraire, celles-ci se poursuivront, mais elles seront davantage ciblées, guidées par des informations précises et des mécanismes de surveillance renforcés », a-t-il expliqué.
Cette évolution s’inscrit dans la vision stratégique de l’IGF visant à passer d’un contrôle essentiellement réactif à un contrôle préventif, capable de détecter les risques avant qu’ils ne se transforment en actes de mauvaise gestion ou en infractions financières.
Au cours de son intervention, le Chef de service de l’IGF a identifié trois principaux facteurs qui constituent des freins à la criminalité financière et à la mauvaise gestion des ressources publiques.
Le premier facteur est la conscience individuelle. Chaque gestionnaire public demeure responsable de ses actes et doit agir conformément aux principes d’éthique, de transparence et de bonne gouvernance. Cette responsabilité personnelle constitue, selon lui, la première barrière contre les malversations.
Le deuxième facteur réside dans les dispositifs de contrôle mis en place par l’IGF. Grâce à la modernisation progressive des méthodes de surveillance et à l’exploitation des données financières, l’institution est désormais en mesure de détecter plus rapidement les anomalies, les irrégularités et les risques de détournement des deniers publics.
Enfin, le troisième facteur est la sanction. Lorsque les mécanismes de prévention et de contrôle sont contournés ou ignorés, la sanction demeure un instrument essentiel pour garantir le respect des règles de gestion publique. Le Chef de service a insisté sur le caractère dissuasif de cette dernière.
« Plus la sanction est certaine et sévère, plus elle décourage les potentiels auteurs de crimes financiers », a-t-il souligné, rappelant que l’impunité constitue l’un des principaux facteurs favorisant la répétition des actes de corruption et de détournement.
À travers cette nouvelle approche, l’IGF entend renforcer son rôle de gardienne de l’orthodoxie financière en République démocratique du Congo. L’institution mise désormais sur une combinaison entre prévention, contrôle intelligent et sanctions effectives pour protéger les ressources publiques et promouvoir une culture de redevabilité au sein de l’administration.
Ce message a trouvé un écho favorable auprès des participants au séminaire, qui ont salué la volonté de l’IGF de moderniser ses méthodes de travail tout en maintenant une présence active sur le terrain. Pour l’institution, l’objectif n’est pas de susciter la peur pour elle-même, mais de faire en sorte que chaque gestionnaire public sache que les mécanismes de contrôle existent, fonctionnent et peuvent conduire à des sanctions lorsque les règles sont violées.
Le Plan stratégique triennal 2026-2028 prévoit justement l’accélération de cette transformation, avec le développement du contrôle systémique, l’exploitation accrue des technologies de l’information et le renforcement de la collaboration avec les partenaires institutionnels, les médias et la société civile dans la lutte contre la corruption et la mauvaise gouvernance.
Par Didier Mbongomingi
