FPI : Hervé Claude Batukonke, un choix stratégique pour donner un coup d’accélérateur au développement industriel
Dans le cadre d’une série d’ordonnances présidentielles lues ce mercredi 23 juillet sur les antennes de la RTNC, le chef de l’État Félix-Antoine Tshisekedi Tshilombo a procédé à d’importantes nominations à la tête de plusieurs institutions publiques stratégiques. Parmi les plus remarquées figure celle de Hervé Claude Batukonke, promu Directeur général du Fonds de promotion de l’industrie (FPI).

Le président de la République, Félix Tshisekedi, a porté son choix sur Hervé Claude Batukonke pour diriger le Fonds de promotion de l’industrie (FPI). Ce banquier chevronné, fort de plus de vingt années d’expérience au sein du groupe de la Banque mondiale, incarne la volonté du chef de l’État de renforcer les leviers de la transformation industrielle et économique de la République démocratique du Congo.
Cette nomination s’inscrit dans une dynamique nouvelle, alors que les autorités congolaises ambitionnent de donner un coup d’accélérateur au développement industriel national, dans un contexte où l’économie reste fortement dépendante du secteur minier. Le FPI, établissement public à caractère industriel et commercial, est censé jouer un rôle crucial dans la diversification économique du pays. À travers des mécanismes de financement, de garantie, de partenariat public-privé et d’accompagnement technique, le Fonds a pour mission de promouvoir l’industrialisation inclusive et durable de la RDC.
Un profil de haut niveau
Discret et peu médiatisé, Hervé Claude Batukonke demeure encore méconnu du grand public. Toutefois, cette réserve apparente masque un solide réseau de relations, tant à l’échelle nationale qu’internationale.
Ce haut cadre a fait l’essentiel de sa carrière dans l’ombre des grandes institutions de Bretton Woods, gravitant autour des projets de réforme économique, de gouvernance financière et de mobilisation de capitaux. Il a également conseillé plusieurs gouvernements africains en matière de politiques publiques de développement. Son passage à la Banque mondiale lui a permis de se forger une expertise multisectorielle, couvrant aussi bien les infrastructures, l’agriculture que la transition énergétique.
Mais ce sont surtout ses capacités à dialoguer avec les investisseurs internationaux et à bâtir des partenariats solides qui le distinguent.
Une stature internationale et un carnet d’adresses stratégique
Entretenant d’excellents rapports avec des institutions financières d’Amérique du Nord, d’Afrique australe, d’Afrique de l’Ouest et du Proche-Orient, il dispose d’un carnet d’adresses précieux pour mobiliser des financements de grande envergure. Des atouts déterminants dans ses nouvelles fonctions à la tête du FPI.
Le nouveau patron du FPI arrive à la tête de l’institution à un moment où le pays tente d’attirer davantage de capitaux étrangers en dehors des traditionnels investissements miniers. Il est attendu sur des projets structurants dans l’agro-industrie, le textile, la transformation locale des minerais stratégiques, la relance de Zones économiques spéciales (ZES) et l’industrialisation verte. Dans cette optique, son réseau est un capital inestimable que le gouvernement entend mettre à profit.
Une première réalisation majeure déjà à son actif
Il est, notamment, l’architecte de la protection de l’investissement du groupe Pepsi en RDC, considéré comme le plus important apport hors secteur minier enregistré dans le pays depuis plus de trente ans.
L’installation du géant américain PepsiCo, qui a investi dans des unités de production locale, est considérée comme un signal fort à l’international quant à l’amélioration du climat des affaires en RDC. Ce dossier complexe, marqué par de longues négociations et un besoin crucial de garanties juridiques et fiscales, a été mené avec brio par Hervé Claude Batukonke. Une opération qui témoigne de sa capacité à sécuriser et à concrétiser des projets à fort impact économique et social.
Des défis de taille pour le FPI
La mission qui attend M. Batukonke ne sera pas sans embûches. Il devra, entre autres, renforcer la transparence et la redevabilité du FPI, améliorer l’accès des PME congolaises aux financements, et bâtir une véritable stratégie d’industrialisation inclusive dans les 26 provinces du pays. Son expérience, sa discrétion et ses connexions internationales pourraient bien constituer un atout de taille pour repositionner le FPI comme un levier clé du développement congolais.
Avec la nomination de Hervé Claude Batukonke à la tête du Fonds de promotion de l’industrie, le président Félix Tshisekedi envoie un signal clair : l’heure est venue de passer à une économie fondée sur la transformation locale, la création d’emplois durables et la mobilisation stratégique des ressources financières. Reste à voir si le nouveau DG saura concrétiser cette ambition dans un contexte souvent marqué par de lourdeurs administratives et des attentes sociales pressantes.
Le Quotidien
