Guillaume Ngefa: une première année placée sous le signe de la réforme et de la modernisation de la Justice

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Une année après sa prise de fonctions à la tête du ministère de la Justice, le Ministre d’État, Ministre de la Justice et Garde des Sceaux, Guillaume Ngefa Atondoko Andali, a présenté le bilan de son action, vendredi 21 août 2026, à l’occasion d’un briefing consacré à la redevabilité du Gouvernement. Face aux professionnels des médias et aux étudiants présents, le ministre a exposé les principales réformes engagées, les difficultés persistantes ainsi que les priorités retenues pour sa deuxième année d’exercice.

Cette présentation a permis de dresser un état des lieux du secteur judiciaire, marqué à la fois par des avancées institutionnelles et par des défis qui demeurent importants. Guillaume Ngefa a notamment reconnu que la Justice congolaise reste confrontée à des dysfonctionnements structurels qui affectent son efficacité et sa crédibilité. Pour lui, la restauration de la confiance des citoyens passe nécessairement par une transformation profonde et durable du système judiciaire.

Au cours de son intervention, le Ministre d’État a mis en avant plusieurs initiatives considérées comme des piliers de son action. Parmi celles-ci figure la mise en place du Tribunal pénal économique et financier, destiné à renforcer la réponse judiciaire face aux infractions économiques et financières.

Le projet de loi relatif à la lutte contre la corruption constitue également l’un des chantiers majeurs évoqués. À travers cette réforme, le ministère entend renforcer le dispositif juridique national contre les pratiques de corruption et contribuer à une meilleure protection des ressources publiques.

La réforme de la justice militaire, la modernisation de l’Inspection générale des services judiciaires et pénitentiaires ainsi que l’opérationnalisation de la profession notariale figurent également parmi les dossiers avancés au cours de cette première année.

« Justice 2.0 ». Cette initiative vise notamment à moderniser les méthodes de travail, améliorer la gestion des procédures et favoriser progressivement une administration judiciaire plus accessible et plus performante.

La lutte contre l’impunité demeure au cœur de la politique judiciaire défendue par Guillaume Ngefa. Le ministre a indiqué avoir mis en place un mécanisme permanent de suivi des injonctions, tout en insistant sur le respect de l’indépendance de la Justice.

Dans cette même logique, plusieurs dossiers liés aux phénomènes de spoliation, de corruption et aux affaires dites « Folio » devraient faire l’objet de procès publics. L’objectif affiché est de renforcer la transparence dans le traitement des dossiers sensibles et de permettre à la population de mieux comprendre le fonctionnement de la justice dans les affaires présentant un intérêt public.

Le ministre a également insisté sur la nécessité de lutter contre le « désert judiciaire », notamment dans les zones où l’accès aux juridictions demeure difficile. La construction et la réhabilitation des infrastructures judiciaires constituent ainsi un axe important de la politique menée par son administration.

Des réalisations ont notamment été enregistrées à Lubumbashi, Demba et Kalamu, à Kinshasa. La prochaine étape devrait consister à poursuivre la construction de plusieurs complexes judiciaires afin d’améliorer la couverture territoriale et de rapprocher les services judiciaires des populations.

La question pénitentiaire a occupé une place importante dans le bilan présenté par le Ministre d’État. Malgré les mesures prises pour réduire la pression dans certaines prisons, notamment les libérations conditionnelles, les transferts et différentes opérations de désengorgement, les établissements pénitentiaires restent confrontés à des difficultés considérables.

La surpopulation carcérale, l’alimentation des détenus, l’accès aux soins médicaux et les conditions d’hygiène demeurent parmi les préoccupations prioritaires. Le ministère entend donc poursuivre les efforts visant à réhabiliter les infrastructures pénitentiaires et à améliorer les conditions de détention.

Guillaume Ngefa a rappelé que la sanction pénale ne saurait justifier la dégradation de la dignité humaine. Cette approche traduit la volonté affichée du ministère de concilier l’exigence de sécurité et de justice avec le respect des droits fondamentaux des personnes privées de liberté.

Le ministre a également soulevé la question du financement du secteur judiciaire. Selon lui, les ressources actuellement consacrées à la Justice restent insuffisantes au regard de l’étendue du territoire, de la population et des besoins du système judiciaire et pénitentiaire.

Cette contrainte financière constitue, à ses yeux, un obstacle à la mise en œuvre rapide de certaines réformes. Le ministère plaide ainsi pour un financement plus important, mais surtout stable et prévisible, permettant de soutenir durablement la construction des infrastructures, la numérisation des services, l’amélioration des conditions de travail des magistrats et du personnel judiciaire ainsi que la modernisation du système pénitentiaire.

Sur le plan international, le Ministre d’État a également présenté la coopération judiciaire comme un instrument essentiel dans la lutte contre les crimes graves et la défense des intérêts de la RDC.

Il a notamment évoqué la procédure engagée par la République démocratique du Congo devant la Cour internationale de Justice contre le Rwanda, ainsi que le renforcement des relations judiciaires avec la Cour pénale internationale et d’autres partenaires internationaux.

Pour Guillaume Ngefa, la justice congolaise doit pouvoir poursuivre les auteurs de crimes commis sur le territoire national lorsque les conditions légales sont réunies, indépendamment de leur nationalité. Il a également rappelé le principe de responsabilité des supérieurs hiérarchiques lorsque les éléments juridiques permettant de l’établir sont réunis.

Cette orientation s’inscrit dans la volonté du ministère de faire de la coopération judiciaire internationale un moyen supplémentaire de lutter contre l’impunité, particulièrement dans le contexte des violences et des crimes graves enregistrés dans l’Est du pays.

En dressant le bilan de sa première année, Guillaume Ngefa a toutefois reconnu que les réformes engagées ne peuvent produire immédiatement tous leurs effets. La transformation du système judiciaire nécessite, selon lui, du temps, des moyens et une mobilisation constante des différents acteurs.

La première année aura ainsi principalement permis de poser les bases de plusieurs changements institutionnels et structurels. La deuxième devrait désormais être consacrée à leur accélération et à leur concrétisation sur le terrain.

L’ambition affichée est de parvenir à une Justice davantage accessible aux citoyens, mieux organisée, plus moderne et capable de répondre efficacement aux attentes de la population. Cette orientation implique notamment de poursuivre la numérisation, renforcer les infrastructures, améliorer le système pénitentiaire, combattre la corruption et garantir une meilleure efficacité dans le traitement des dossiers judiciaires.

Au terme de cet exercice de redevabilité, le Ministre d’État a présenté la réforme de la Justice comme un processus de longue haleine, dont la réussite dépendra autant de la volonté politique que des moyens mobilisés et de l’implication des magistrats, du personnel judiciaire, des partenaires et de la société.

Pour cette deuxième année, l’enjeu sera donc de transformer les réformes annoncées en résultats visibles et mesurables pour les citoyens. La consolidation de la crédibilité de la Justice congolaise passera notamment par son indépendance, son accessibilité, la célérité des procédures, l’amélioration des conditions de détention et une lutte plus ferme contre l’impunité.

Cette nouvelle étape apparaît ainsi comme un moment décisif pour le ministère de la Justice, appelé à démontrer que les réformes engagées peuvent progressivement produire des changements concrets et contribuer à restaurer la confiance entre les citoyens et l’institution judiciaire.

Corinne Ontande

 

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