Insécurité : Violences et règlements de comptes au Sud-Kivu 

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La province du Sud-Kivu, et particulièrement la ville de Bukavu, traverse une période d’insécurité sans précédent. De nombreux habitants sont victimes de violences meurtrières, de pillages et d’attaques à domicile, souvent liés à des règlements de comptes orchestrés par des individus armés. Cette situation, qui s’étend également aux territoires de Kabare, Kalehe et Walungu, suscite une inquiétude croissante au sein des populations locales.

Des règlements de comptes sanglants en toute impunité

Selon plusieurs témoignages concordants, des individus utilisent des hommes armés pour régler leurs différends personnels. Ces conflits peuvent être liés à des disputes foncières, des querelles d’affaires, des différends familiaux ou encore des rivalités politiques. La prolifération des armes et l’absence de contrôle strict des autorités favorisent ces actes de vengeance, transformant le Sud-Kivu en un terrain propice aux exécutions extrajudiciaires et aux agressions ciblées.

La découverte régulière de corps sans vie au petit matin dans divers quartiers de Bukavu et des territoires environnants illustre l’ampleur de cette crise sécuritaire. De plus, les cambriolages nocturnes et les attaques armées contre des familles innocentes sont devenus monnaie courante, instaurant un climat de terreur parmi les habitants.

Un contexte marqué par le dysfonctionnement des institutions

Ce regain de violence s’explique en grande partie par le dysfonctionnement des services de sécurité et de justice. La faiblesse des institutions locales, le manque de moyens pour assurer la protection des citoyens et la corruption au sein de certains organes de l’État compromettent gravement l’application des lois.

Dans un tel contexte, les criminels opèrent en toute impunité, sachant que les chances d’être poursuivis par la justice sont minces. Cette situation renforce un cycle de violence où chacun cherche à se rendre justice lui-même, exacerbant les conflits et fragilisant davantage le tissu social.

Un appel à la solidarité et aux méthodes pacifiques de résolution des conflits

Face à cette montée des règlements de comptes, des activistes des droits humains et des leaders communautaires appellent à une prise de conscience collective. Ils encouragent la population à renouer avec les traditions africaines de résolution des conflits, basées sur le dialogue, la médiation et le consensus.

Loin de favoriser l’usage des armes, ces approches ancestrales ont toujours permis de préserver la paix et la cohésion sociale. Les règlements de comptes par la violence, en plus d’être illégaux et inhumains, exposent la société à un danger encore plus grand : l’instabilité chronique et la banalisation du crime.

 

Quelle issue face à cette spirale de violence ?

 

Pour sortir de cette crise, plusieurs pistes de solutions s’imposent :

 

1. Un renforcement urgent des services de sécurité : Les autorités doivent prendre des mesures concrètes pour contrôler la circulation des armes et renforcer la présence des forces de l’ordre sur le terrain.

 

 

2. Un système judiciaire efficace et impartial : La justice doit être réformée pour sanctionner les coupables et dissuader toute tentative de vengeance armée.

 

 

3. L’implication de la société civile : Les organisations locales et les chefs traditionnels doivent être au premier plan pour sensibiliser la population à l’importance du dialogue et des solutions pacifiques.

 

 

4. L’éducation et la sensibilisation : Il est essentiel d’éduquer les jeunes et les adultes sur les dangers de la violence et de promouvoir une culture de paix et de tolérance.

 

 

 

Le Sud-Kivu ne pourra retrouver la paix que si ses habitants rejettent la logique des règlements de comptes et privilégient la justice et la solidarité. Il est plus que jamais nécessaire de mettre fin à cette vague de violence qui menace non seulement la sécurité des citoyens, mais aussi la stabilité et l’avenir de toute la région.

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