Investiture de Museveni : Paul Kagame le grand absent
Ce 12 mai 2026, alors que Kampala s’apprête à célébrer le nouveau mandat de Yoweri Museveni, un fauteuil reste ostensiblement vide : celui de Paul Kagame.
Pour un observateur averti, cette absence n’est pas qu’une affaire de protocole, c’est une leçon de géopolitique pure. Comment expliquer que le « parrain » historique du FPR soit aujourd’hui boudé par son ancien protégé, alors même que le Rwanda a adopté l’anglais pour se rapprocher de l’axe est-africain ?
Le Rwanda semble avoir fait un choix clair; celui de la distanciation stratégique. En préférant le rayonnement international — symbolisé par son rapprochement spectaculaire avec la France et son activisme au sein de la Francophonie — Kagame s’affranchit de la tutelle ougandaise. Pour Kigali, l’influence se joue désormais à Paris, à Bruxelles ou à New _York, plutôt que dans les collines de l’Ouganda.
L’Ouganda et le Rwanda sont des « frères ennemis » dont l’histoire est indissociable, mais dont les destins divergent par pur pragmatisme. Kagame ne regarde plus vers le passé de la rébellion, mais vers un futur où le Rwanda se positionne en puissance africaine globale, quitte à froisser le vieux lion de Kampala.
