Ituri : vive colère à Biakato après une nouvelle attaque meurtrière attribuée aux ADF

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Une vive tension a été observée jeudi 14 mai 2026 à Biakato, dans la chefferie des Babila-Babombi, en territoire de Mambasa, au lendemain d’une nouvelle attaque attribuée aux rebelles des Allied Democratic Forces (ADF).

Des groupes de jeunes ont érigé des barricades sur la Route nationale 44 (RN44), paralysant pendant plusieurs heures la circulation sur l’axe Makeke-Mambasa.

À l’origine de cette colère, une attaque survenue dans la nuit de mercredi à jeudi au quartier Bangole, où trois civils ont été tués et plusieurs habitations incendiées par des hommes armés présentés comme des combattants ADF. Cette nouvelle violence a provoqué une psychose dans plusieurs quartiers de Biakato, poussant certains habitants à quitter leurs domiciles par crainte d’une nouvelle incursion rebelle.

Selon Ram’s Malikidogo, coordonnateur territorial de l’APDEF/Mambasa, des alertes sécuritaires avaient été lancées avant l’attaque. « Les mouvements suspects avaient été signalés bien avant l’arrivée des assaillants, mais aucune intervention préventive n’a été observée », affirme-t-il. Cet acteur de la société civile plaide pour l’ouverture d’une enquête indépendante afin d’établir les responsabilités autour de cette attaque.

La situation s’est davantage tendue dans la journée lorsque des manifestants ont tenté de maintenir le blocage de la route malgré la présence des forces de sécurité. Des tirs sporadiques ont été entendus au centre de Biakato lors d’échanges tendus entre des jeunes, des policiers et des militaires des FARDC.

De son côté, l’ONGDH Protection Plus alerte sur les conséquences humanitaires de cette insécurité persistante. Son facilitateur, Me John Vuleveryo Musombolwa, indique que plusieurs quartiers, notamment Vatika, Metale, Laliya Kapela et Kanzanza, ont enregistré d’importants déplacements de population après l’attaque. Il souligne également que les activités scolaires restent suspendues depuis les violences du 7 mai dernier, accentuant l’inquiétude des familles.

Même préoccupation au sein de la Nouvelle Société civile Congolaise. Son coordonnateur, Me Jospin Paluku Mbowa, regrette l’absence d’opérations militaires offensives contre les rebelles après les précédentes attaques signalées dans la zone. Selon lui, malgré l’état de siège en vigueur depuis plusieurs années en Ituri, les habitants continuent de vivre dans la peur.

Face à cette nouvelle flambée de violences, plusieurs voix appellent au renforcement du dispositif sécuritaire autour de Biakato ainsi qu’à une meilleure collaboration entre les services de sécurité et les communautés locales afin de prévenir de nouvelles attaques contre les civils.

 

Maki Barack Patrick depuis Beni

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