Jacob DESVARIEUX et le Congo : l’histoire d’amour qui n’a jamais cessé de faire jouer sa guitare !

voix congolaises, l’un des pionniers du zouk a laissé une empreinte indélébile sur la musique africaine.
Par Félix Caleb DJAMANY
Il y a des artistes qui traversent les frontières. D’autres les abolissent. Jacob Desvarieux figure emblématique du célèbre groupe KASSAV appartenait à cette seconde catégorie.
Cinq ans après sa disparition, son nom continue de résonner en République démocratique du Congo comme celui d’un musicien qui n’a jamais considéré l’Afrique comme une simple étape de tournée. Pour lui, le Congo était une terre d’inspiration, de rencontres et de fraternité musicale.
Son passage au Zaïre à la fin des années 1980, avec Kassav’, demeure l’un des épisodes les plus marquants de cette histoire. Le groupe y a d’ailleurs tourné le clip mythique « Syé Bwa » dans les rues de Kinshasa, offrant des images devenues cultes (virales) pour toute une génération.
Quand Tshala Muana lui ouvre les portes du Zaïre
Parmi les souvenirs rapportés publiquement autour de Jacob Desvarieux figure une anecdote devenue presque légendaire.
Le guitariste racontait avec beaucoup d’humour que c’est la reine du Mutuashi, Tshala Muana, qui l’avait encouragé à découvrir le Zaïre. Fasciné par son charisme et sa personnalité, Jacob aurait même tenté de la séduire.
Une tentative qui, selon ce récit souvent repris dans les médias et les témoignages, ne connaîtra jamais l’issue espérée.
Cette histoire est restée comme un souvenir affectueux entre deux immenses figures de la musique africaine et caribéenne, témoignant de la proximité qui existait entre les artistes congolais et les membres de Kassav’.
« Eh mamé maboko » : un clin d’œil au Congo
Les admirateurs de Kassav’ aiment rappeler qu’au détour de la chanson « Mwen Maladaw », Jacob Desvarieux lance cette expression devenue célèbre :
« Eh mamé maboko ! »
Pour de nombreux passionnés, cette phrase en lingala est perçue comme un clin d’œil à Tshala Muana et, plus largement, à l’affection profonde que Jacob portait au Congo. Cette interprétation relève toutefois de souvenirs et de commentaires largement relayés par les fans plutôt que d’une confirmation officielle de l’artiste.
Qu’elle soit intentionnelle ou simplement spontanée, cette expression est devenue un symbole des passerelles culturelles entre les Antilles et le bassin du Congo.
Le Congo, une seconde famille musicale
L’amour de Jacob Desvarieux pour la musique congolaise ne s’est jamais limité aux mots.
Au fil des années, il a multiplié les collaborations avec plusieurs géants de la scène congolaise.
En 1996, Papa Wemba prête sa voix au titre « Ou Pèd La Klé A ».
En 2005, Jacob partage le micro avec Werrason sur « Na Touché ».
Quelques années plus tard, il retrouve Fally Ipupa, aux côtés notamment de Youssou N’Dour, pour des chansons engagées destinées à sensibiliser contre le VIH/Sida et à promouvoir la paix.
Le Franco-Congolais Kaysha enregistrera également plusieurs duos avec lui.
Ces collaborations racontent une histoire plus forte que tous les discours : celle d’un artiste qui considérait la musique congolaise comme une sœur du zouk.
Le pont entre les Antilles et le Congo
Lorsque Kassav’ arrive à Kinshasa, le groupe découvre avec surprise que ses chansons sont déjà connues de tous. Jacob Desvarieux aimait raconter que les membres de Kassav’ avaient appris leur immense popularité en Afrique grâce à un commerçant camerounais rencontré en Guadeloupe, bien avant leur première tournée sur le continent.
Le reste appartient à l’histoire.
Les rues de Kinshasa dansent au rythme du zouk.
Les Congolais adoptent Kassav’.
Et Jacob Desvarieux adopte le Congo.
Aujourd’hui encore, ses chansons continuent d’être jouées dans les mariages, les fêtes populaires et les soirées nostalgiques, preuve que les grandes œuvres ne connaissent ni frontières ni générations.
L’héritage d’un bâtisseur de ponts
Jacob Desvarieux n’était pas seulement le père du zouk moderne.
Il était un artisan du dialogue entre les peuples.
Entre la Guadeloupe et Kinshasa.
Entre le créole et le lingala.
Entre Kassav’ et la rumba congolaise.
Son histoire rappelle qu’avant les réseaux sociaux, la musique savait déjà unir les continents.
Et si le Congo continue de célébrer Jacob Desvarieux, c’est parce qu’au fond, il n’a jamais vraiment quitté cette terre qui l’avait adopté comme l’un des siens.
Et vous ?
Quel est votre plus beau souvenir de Jacob Desvarieux ou de Kassav’ au Zaïre ? Avez-vous assisté à leur passage à Kinshasa ou gardez-vous un souvenir particulier de leurs collaborations avec les artistes congolais ?
Partagez vos témoignages en commentaire et faites vivre la mémoire d’un artiste qui a rapproché les Antilles et l’Afrique par la seule force de la musique. #CalebAfroPulse
