Jules Alingete : cible d’une campagne de déstabilisation ou rempart contre la prédation financière ?

0
IMG_202507197_195409755

Depuis plusieurs années, Jules Alingete, ancien Inspecteur Général des Finances de la RDC, incarne une figure centrale de la lutte contre la corruption. Son mandat à la tête de l’IGF, entamé en 2020, a été marqué par des enquêtes retentissantes, des réformes audacieuses et une volonté affirmée de restaurer la transparence dans la gestion des finances publiques.

Pourtant, cette rigueur lui a valu de nombreuses inimitiés. Des publications virulentes, souvent téléguidées par des réseaux financiers bien établis, cherchent à ternir son image. Ces attaques, fondées sur des interprétations biaisées ou des accusations non étayées, semblent davantage motivées par la peur de voir les privilèges illicites remis en cause que par une réelle quête de vérité.

L’un des points de discorde concerne l’utilisation des fonds d’indemnisation des victimes de la guerre de Kisangani. En février 2022, la Cour Internationale de Justice a condamné l’Ouganda à verser 325 millions USD à la RDC pour les dommages causés lors de la guerre de six jours. La répartition de ces fonds est strictement encadrée par l’arrêt de la CIJ, qui prévoit des versements annuels et une affectation précise : 225 millions pour les pertes humaines, 40 millions pour les biens, et 60 millions pour les ressources naturelles.

L’IGF, dans son rôle de surveillance, n’a fait que rappeler au Gouvernement les prescriptions de cet arrêt. Elle a également dénoncé des irrégularités dans la gestion du Fonds Spécial d’Indemnisation, entraînant la suspension de ses responsables et la relance du processus d’indemnisation sous une nouvelle coordination.

Sous la direction d’Alingete, l’IGF a mené des audits sur des projets emblématiques comme Bukanga-Lonzo, la Gécamines ou encore la convention minière Sicomines. Ces enquêtes ont révélé des détournements massifs et ont conduit à des renégociations de contrats, renforçant la position économique de la RDC.

Malgré les critiques, les résultats sont tangibles : baisse du taux de corruption, amélioration de l’indice de perception de Transparency International, et renforcement de la confiance des bailleurs de fonds.

En mai 2025, Jules Alingete a été mis à la retraite par ordonnance présidentielle, une décision qui a surpris l’opinion publique. Officiellement, il a salué son successeur et remercié le Président pour la confiance accordée. Mais pour beaucoup, cette mise à l’écart est perçue comme une victoire des forces hostiles à la transparence.

Par Didier Mbjongomingi

Laisser un commentaire

Votre adresse e-mail ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *