Kabare : “Nous avons tout perdu”, le cri d’alarme du personnel du Centre de santé de Ludaha
La nuit du dimanche 10 au lundi 11 août 2025 restera gravée dans la mémoire des habitants de Ludaha, dans le groupement de Cirunga, territoire de Kabare. Vers minuit, des hommes armés ont surgi, forçant les portes du centre de santé. “Ils savaient ce qu’ils venaient chercher”, confie un infirmier, encore sous le choc. Microscope, imprimante, téléphones, argent liquide, tout a été emporté en quelques minutes. Les assaillants ont même roué de coups certains membres du personnel, avant de disparaître dans l’obscurité.
Ce drame n’est pas un cas isolé. Depuis février 2025, la région a connu plusieurs attaques similaires, visant presque toujours les structures sanitaires. Pour les habitants, cette situation est insoutenable. “Quand on détruit nos centres de santé, c’est nos vies qu’on met en danger”, déplore une mère de famille venue chercher des soins pour son enfant malade. Les affrontements fréquents entre le M23 et les Wazalendo dans les environs ajoutent à la tension et alimentent un climat d’insécurité permanent.
Face à cette spirale de violences, la société civile de Cirunga appelle à une réaction ferme des autorités. “Il est temps que la protection des civils devienne une priorité absolue”, martèle son président. Selon lui, le développement local est impossible si les structures vitales comme les centres de santé continuent d’être ciblées. En attendant, les soignants de Ludaha tentent de reprendre leurs activités… avec les moyens du bord, mais la peur est désormais un patient permanent dans leurs murs.
