Kamituga : La violence armée s’installe dans les quartiers résidentiels

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À Kamituga, la peur ne se limite plus aux grands axes routiers ni aux zones minières isolées. Désormais, ce sont les quartiers résidentiels eux-mêmes qui deviennent la cible d’attaques armées. Des hommes lourdement armés font irruption dans des habitations la nuit, emportant argent, bijoux et biens de valeur, parfois sous les yeux impuissants des familles. Cette banalisation des armes à feu transforme la vie quotidienne en cauchemar pour de nombreux habitants.

Selon des témoignages recueillis, plusieurs familles ont été victimes de cambriolages à main armée dans les quartiers de Nyabibwe, Kasika et Cité Musindi. « Nous dormons avec la peur au ventre. La semaine passée, des hommes armés ont pénétré dans notre maison vers 2 heures du matin et ont tiré en l’air pour nous intimider », raconte Marie-Claire, mère de trois enfants. Des incidents similaires se multiplient, créant un climat d’insécurité généralisée.

La présence d’armes dans les quartiers résidentiels soulève également des inquiétudes sur leur provenance. Plusieurs sources locales évoquent un lien avec la circulation incontrôlée d’armes issues de groupes armés ou de certains éléments incontrôlés des Wazalendo. « Beaucoup de jeunes circulent aujourd’hui avec des armes sans aucun contrôle. Cela favorise les braquages et les règlements de comptes », dénonce un leader communautaire.

Face à cette montée de la violence, les autorités locales peinent à rassurer. Les patrouilles policières et militaires, jugées insuffisantes, n’empêchent pas les criminels de frapper. « Quand nous appelons la police, elle arrive souvent après le forfait », regrette Kiza, un habitant de Kamituga. Ce sentiment d’abandon renforce la méfiance des populations envers les institutions chargées de la sécurité.

Sur le plan social et psychologique, cette insécurité grandissante a de lourdes conséquences. De nombreuses familles songent à quitter certains quartiers jugés trop dangereux. Les enfants, eux, manifestent des signes de traumatisme après avoir assisté à des scènes de fusillades nocturnes. « Nos enfants ne dorment plus paisiblement. Le moindre bruit les réveille en sursaut », confie Papa Augustin, enseignant de la place.

Dans ce contexte alarmant, des voix s’élèvent pour exiger une stratégie plus ferme contre la prolifération des armes et une présence accrue des forces de sécurité dans les zones résidentielles. La société civile plaide pour des opérations de désarmement ciblées et un meilleur encadrement des jeunes susceptibles d’être recrutés par des réseaux criminels. Reste à savoir si les autorités prendront la mesure de cette crise avant qu’elle ne dégénère davantage.

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