Le 30 octobre 2026, la République démocratique du Congo a franchi une étape majeure : le GAFI a décidé de la retirer de la liste des juridictions soumises à une surveillance renforcée, après une visite sur place concluante. Cette décision, annoncée à l’issue de la réunion plénière de Paris, consacre un effort collectif et une mobilisation institutionnelle dont le pays peut légitimement se réjouir.
Saluons et félicitons les structures ayant contribué à cette avancée : institutions publiques, services techniques, autorités de contrôle, acteurs judiciaires et professionnels. Leur travail s’est traduit notamment par l’adoption de la loi n° 25/048 du 1er juillet 2025, modifiant et complétant la loi n° 22/068 du 27 décembre 2022 relative à la lutte contre le blanchiment de capitaux, le financement du terrorisme et de la prolifération des armes de destruction massive. Il a permis de renforcer les contrôles, de produire des données, de coordonner les interventions et de veiller à l’application des réformes. Cette réussite collective récompense compétence et persévérance.
Mais une reconnaissance à la hauteur de cet effort ne peut se limiter aux félicitations de circonstance. Lorsque des institutions sont mobilisées pour restaurer la crédibilité financière du pays et satisfaire à des exigences internationales exigeantes, leur contribution doit être reconnue durablement. Il revient donc au Gouvernement de traduire cette gratitude en actes : donner aux structures concernées les moyens humains, techniques et budgétaires nécessaires, soutenir leurs missions et valoriser le travail de leurs agents. Une ambition nationale ne peut reposer durablement sur des institutions sollicitées au moment des évaluations, puis insuffisamment appuyées une fois les résultats obtenus.
La sortie de la liste grise n’est toutefois pas un certificat d’irréprochabilité, ni la preuve que le blanchiment, le financement du terrorisme ou la fraude auraient disparu. Elle marque une avancée reconnue par le GAFI ; elle ouvre aussi une nouvelle responsabilité. Les réformes doivent produire des effets concrets dans la prévention, les enquêtes, les poursuites et le recouvrement des avoirs illicites, tout en respectant les garanties légales et les libertés fondamentales.
La RDC peut donc célébrer cette étape sans s’endormir sur son succès. Honorer les structures qui l’ont rendue possible, c’est leur rendre publiquement justice, mais aussi leur permettre de poursuivre leur mission avec continuité, indépendance et efficacité. La reconnaissance véritable se mesure moins aux discours qu’aux moyens accordés, à la confiance institutionnelle et à la place faite aux agents qui ont contribué à cette réussite collective.
