La modernisation des infrastructures pénitentiaires figure parmi les priorités examinées par le Ministre d’État, Ministre de la Justice et Garde des Sceaux, Guillaume Ngefa Atondoko Andali, au cours de sa mission officielle dans la province du Kongo Central. À Boma, le ministre s’est notamment intéressé au site de l’ancienne prison militaire de Shinkakasa, dont la réhabilitation pourrait être envisagée afin de répondre aux exigences actuelles en matière de détention.
Cette visite intervient dans le cadre de la tournée entreprise par le Ministre d’État pour évaluer, sur le terrain, le fonctionnement des services judiciaires et pénitentiaires, mais également l’état des infrastructures relevant de son secteur. Après plusieurs étapes à Madimba, Mbanza-Ngungu et Muanda, l’étape de Boma a permis d’examiner de près le potentiel de certains sites susceptibles de contribuer au renforcement du dispositif pénitentiaire dans la province.
Shinkakasa, un site à fort potentiel pénitentiaire
Implantée dans la concession militaire de Kachinka, l’ancienne prison militaire de Shinkakasa constitue un site historique dont les installations remontent à la période antérieure à l’indépendance de la République démocratique du Congo. À l’origine, le fort de Shinkakasa avait une fonction essentiellement stratégique et militaire avant d’être affecté, au fil du temps, à l’usage pénitentiaire militaire.
L’évolution des normes et des exigences liées à la prise en charge des personnes détenues a toutefois rendu les anciennes installations peu adaptées aux besoins actuels. Le site a ainsi cessé de fonctionner comme établissement pénitentiaire.
Lors de sa visite, Guillaume Ngefa Atondoko Andali a examiné la possibilité de redonner une nouvelle vocation au site à travers un projet de réhabilitation et de modernisation. Cette option reste cependant conditionnée à la réalisation préalable d’études techniques permettant de déterminer la faisabilité du projet, les travaux nécessaires ainsi que les investissements à mobiliser.
Si elle venait à être concrétisée, la réhabilitation de Shinkakasa pourrait permettre de disposer d’un établissement répondant davantage aux standards modernes de détention. Les futurs aménagements devraient notamment intégrer une meilleure ventilation des locaux, des espaces adaptés à l’hébergement des détenus, des dispositifs sanitaires appropriés ainsi que des installations répondant aux impératifs de sécurité.
Une réponse possible à la surpopulation carcérale
La réflexion autour de la remise en état de cette ancienne infrastructure intervient dans un contexte où plusieurs établissements pénitentiaires du pays font face à d’importantes difficultés, notamment liées à la surpopulation et à la vétusté des bâtiments.
La valorisation de sites existants pourrait, dans cette perspective, constituer une piste permettant d’accroître progressivement les capacités d’accueil du système pénitentiaire. Pour le ministère de la Justice, l’objectif ne serait toutefois pas seulement d’augmenter le nombre de places disponibles, mais également de créer des conditions de détention davantage compatibles avec les principes de dignité humaine et les exigences de sécurité.
Le projet envisagé à Shinkakasa devrait donc s’inscrire dans une approche globale combinant réhabilitation des infrastructures, amélioration des conditions de détention et renforcement de la gestion pénitentiaire.
Le foncier de Kachinka également au centre des préoccupations
Au-delà de la question pénitentiaire, la visite ministérielle a également porté sur la situation foncière de la concession militaire de Kachinka, où se trouve le site de Shinkakasa. Cette concession, affectée à la 142ᵉ base navale, fait l’objet de préoccupations concernant l’occupation et le morcellement de certaines parties du domaine.
Face à cette situation, le Ministre d’État a demandé qu’un examen approfondi soit mené afin de déterminer avec précision le statut juridique et foncier des espaces concernés. Il s’agit notamment d’identifier les différentes procédures éventuellement engagées, de vérifier les titres et actes disponibles et de clarifier les responsabilités lorsque des irrégularités seraient établies.
Cette démarche traduit également la volonté du ministère de contribuer à la préservation du patrimoine public et à une meilleure sécurisation des domaines relevant de l’État. La clarification de la situation foncière apparaît ainsi comme un préalable important à toute décision concernant l’avenir du site.
Une mission axée sur la modernisation de la Justice
L’étape de Boma s’inscrit dans une mission plus large menée par Guillaume Ngefa Atondoko Andali au Kongo Central. À travers cette tournée, le Ministre d’État entend disposer d’une vision plus précise des réalités auxquelles sont confrontés les magistrats, les personnels judiciaires et pénitentiaires ainsi que les personnes détenues.
Les différentes visites ont notamment permis de mettre en évidence des besoins importants en matière d’infrastructures, de capacité d’accueil, de conditions de travail et de fonctionnement des juridictions et établissements pénitentiaires.
À Mbanza-Ngungu, la situation de l’établissement pénitentiaire, confronté à une forte pression démographique, a illustré l’urgence de renforcer les capacités carcérales. À Madimba et dans les autres étapes de la mission, le ministre a également poursuivi l’évaluation du fonctionnement de l’appareil judiciaire et des infrastructures disponibles.
Dans ce contexte, la possibilité de réhabiliter l’ancienne prison militaire de Shinkakasa apparaît comme une piste parmi les solutions susceptibles d’être étudiées pour renforcer progressivement le système pénitentiaire dans le Kongo Central.
La concrétisation de cette perspective dépendra néanmoins des conclusions des études techniques, de la clarification de la situation foncière du site et de la disponibilité des moyens nécessaires à la réalisation des travaux.
À travers cette démarche de terrain, le ministère de la Justice entend ainsi identifier les infrastructures pouvant être valorisées, prioriser les investissements et poursuivre la modernisation du système judiciaire et pénitentiaire. La réhabilitation éventuelle de Shinkakasa pourrait, à terme, contribuer à la création d’un cadre de détention plus adapté aux normes modernes, tout en participant à la préservation et à la valorisation du patrimoine immobilier de l’État.
Corinne Ontande
