Le Président Félix Antoine Tshisekedi Tshilombo vient de recevoir le Panel des anciens chefs d’Etat. « Eux, qui ont commis une faute diplomatique, en commençant leur visite par Goma, fief des rebelles, là où ils pouvaient bien commencer par Kinshasa. Une façon pour eux de légitimer cette rébellion à la base des violations massives des droits de l’homme », comme l’affirme le journal Le Quotidien.
J’ai toujours dit que l’histoire de la République Démocratique du Congo est marquée par la récurrence de certains schémas tragiques.
En effet, l’histoire politique du Congo nous renseigne que le 10 février 1998, le pasteur et émissaire américain Jesse Jackson s’est rendu en RDC et a rencontré l’opposant historique Étienne Tshisekedi à Kinshasa.
Jesse Jackson, envoyé spécial du président américain Bill Clinton pour la démocratie en Afrique, a rencontré Étienne Tshisekedi (leader de l’UDPS) à la résidence même de l’ambassadeur des États-Unis à Kinshasa. Il a appelé le régime de Laurent-Désiré Kabila à rétablir le débat politique et à respecter les droits de l’homme.
La réaction de Laurent-Désiré Kabila (12–13 février 1998) : N’ayant pas toléré cette démarche et reprochant à Tshisekedi de violer l’interdiction des activités des partis politiques en vigueur sous son nouveau pouvoir, le président Laurent-Désiré Kabila a ordonné l’arrestation d’Étienne Tshisekedi le 12 février 1998.
Le 13 février 1998, l’opposant a été expulsé de Kinshasa et relégué vers son village natal au Kasaï-Oriental; Mzee Laurent Désiré Kabila estimant que le « Sphinx de Limete » serait plus utile à faire l’agriculture au village que des bruits inutiles à Kinshasa.
Aujourd’hui c’est l’UDPS, hier bénéficiaire du faux pas diplomatique de Jesse Jackson qui se plaint de ce schéma-là !
Le séjour à Kinshasa du Panel des personnalités de l’Union Africaine a coïncidé avec la deuxième sortie médiatique du Président Honoraire de la RDC, Joseph Kabila, dans laquelle il a fustigé la gestion tyrannique , clanique, kléptocratique et prédatrice du pouvoir, des ressources, la gestion catastrophique de la sécurité à l’Est et la violation des règles constitutionnelles de Felix Tshisekedi, notamment le coup d’État constitutionnel à travers la tentative de l’organisation d’un référendum anticonstitutionnelle, avec la loi Ngondankoy et le simulacre de dialogue.
Là aussi, nous pouvons dire que l’histoire s’est répétée avec la courte euphorie de la passation pacifique et civilisée du pouvoir dont Joseph Kabila a été le seul architecte, surprenant le monde entier; car en Afrique c’est rare qu’un président qui contrôle encore tous les leviers du pouvoir les cèdent à son opposant le plus farouche. Raison pour laquelle Félix Tshisekedi et Augustin Kabuya l’ont chaleureusement félicité.
Cette euphorie a ressemblé à celle de l’indépendance en 1960 qui a rapidement cédé la place à la dictature et au chaos, un scénario de transitions tourmentées qui semble se répéter d’ère en ère (chute de Mobutu, assassinats politiques, contestations électorales et persistance des rebellions armées, cette fois-ci, étonnamment, après le séjour de 14 mois des dirigeants du M23 à Kinshasa à l’invitation de Félix Tshisekedi).
Pendant la guerre froide, le président Mobutu Sese Seko était le principal allié des États-Unis et des puissances occidentales en Afrique centrale. En échange d’un soutien politique, financier et militaire pour stabiliser son régime, Mobutu garantissant à l’Occident un accès stratégique aux minerais indispensables (comme le cuivre et le cobalt, crucial pour l’industrie de la défense américaine), « l’homme des Américains en Afrique Centrale » entamant ainsi la souveraineté nationale du « Zaïre ».
Idem pour l’accord de Washington qui prévoit l’accès privilégié des États-Unis (sous l’administration de Donald Trump) aux minerais stratégiques de la RDC — tels que le cuivre, le cobalt, le coltan et le lithium — en contrepartie d’une assistance sécuritaire ou militaire face à la crise dans l’Est du pays (notamment la menace du M23 et de ses soutiens), le changement de la Constitution étant la condition sine qua none.
En effet, en mai 2026, le président Félix Tshisekedi, a déclaré lors d’une conférence de presse à Kinshasa que le partenariat avec les États-Unis exigeait des réformes de la justice, et que celles-ci nécessitaient une révision de la Constitution – en vue d’un troisième, quatrième, cinquième (…) mandat évidemment !
Pendant ce temps, le Congo continue d’être le théâtre de génocide, de crimes contre l’humanité, de crimes de guerre et de violations massives des droits de l’homme depuis l’époque de Léopold II à nos jours, surtout dans l’Est : Les massacres et les déplacements de populations, le viol utilisé comme arme vu de guerre, les violences dans les Kivus et l’impuissance des forces étatiques ou internationales à ramener une paix durable. Tout cela rappelle douloureusement les siècles passés.
