La Haye : Le Maroc prend part à la 30ème session de la Conférence des Etats parties à la Convention sur l’interdiction des armes chimiques
Le Royaume du Maroc a pris part à la 30ème session de la Conférence des Etats parties à la Convention sur l’interdiction des armes chimiques, qui s’est déroulée du 24 au 28 novembre à La Haye.
Dans ce cadre, l’Ambassadeur, Représentant Permanent du Maroc, Mohamed Basri, a présidé une délégation composée notamment des représentants des départements nationaux impliqués dans la mise en œuvre de la Convention sur l’interdiction des armes chimiques au niveau national.
Cette conférence, qui se réunit annuellement à La Haye, a pour objectif principal d’évaluer l’état de la mise en œuvre de la Convention à travers le monde et définir les priorités de l’Organisation pour l’interdiction des armes chimiques (OIAC) pour les années à venir, notamment pour ce qui est des aspects organisationnels et de gouvernance, de budget de fonctionnement, de régime de vérification, ou encore, de formation et de renforcement des capacités.
Cette session, durant laquelle le Maroc a été élu par acclamation en tant que Vice-Président de la Conférence au nom du Groupe africain, a été particulièrement marquée par la confirmation de la nomination de la nouvelle Directrice Générale de l’OIAC, Sabrina Dallafior Matter (Suisse), conformément à la recommandation émise par le Conseil Exécutif de l’OIAC.
La session a également abordé la question de la réadmission de la République Arabe Syrienne à l’Organisation, après sa suspension en 2021 en raison des flagrantes violations et utilisation des armes chimiques contre les civils par l’ancien régime syrien.
Les participants ont en outre abordé les points habituels de l’ordre du jour, notamment l’adoption du budget-programme biennal de l’Organisation au titre de l’année 2026-2027, les mesures pour la lutte contre la réémergence de la menace chimique. De même, une place primordiale est désormais accordée à la thématique des technologies émergentes, en particulier celles basées sur l’intelligence artificielle.
Dans le cadre du débat général, le Représentant Permanent du Maroc a réitéré la position de principe et l’attachement fort du Royaume aux objectifs de désarmement, de non-prolifération et de lutte contre les armes de destruction massive, tout en réaffirmant le soutien sans faille aux nobles objectifs de la Convention.
S’agissant du renforcement de la coopération entre l’OIAC et l’Afrique, M. Basri a souligné la nécessité de la mise en avant d’une coopération Sud-Sud active et agissante, mais aussi une coopération Nord-Sud et Triangulaire, qui tiennent compte des réalités spécifiques de chaque Etat Partie.
A ce titre, il a mis en exergue l’engagement du Royaume du Maroc pour l’optimisation de la collaboration entre les pays membres africains, en mettant en évidence l’organisation, au Maroc, de plusieurs formations importantes, ainsi que des programmes de Tutorat-Partenariat, au profit de nombreux représentants notamment d’Etats Parties africains, permettant le renforcement des capacités et le partage des bonnes pratiques en matière de protection et de lutte contre les armes chimiques.
Concernant la thématique des technologies émergentes, M. Basri a rappelé la tenue à Rabat, en octobre 2024, de la Première Conférence Internationale de l’OIAC sur le rôle de l’Intelligence Artificielle dans la mise en œuvre de la Convention sur l’Interdiction des Armes Chimiques, qui constitue la référence indéniable des travaux de l’Organisation en ce qui concerne les réflexions futures portant sur les opportunités et les risques posés par l’Intelligence Artificielle à la préservation des dispositions de la Convention et à la norme mondiale de désarmement.
Il est à noter que l’OIAC, avec ses 193 pays membres, supervise les efforts de la communauté internationale visant à éliminer définitivement les armes chimiques. Depuis l’entrée en vigueur de la Convention en 1997, qui est le traité de désarmement le plus efficace, éliminant toute une classe d’armes de destruction massive, la totalité des stocks d’armes chimiques déclarés ont été détruits sous la vérification de l’OIAC. Ses efforts considérables dans l’élimination des armes chimiques lui ont valu le prix Nobel de la Paix en 2013.
Le Maroc, qui siège actuellement au Conseil Exécutif de l’OIAC, également en tant que Vice-Président pour la période 2025-2027, a signé la Convention sur l’Interdiction des Armes Chimiques en janvier 1993 et l’a ratifiée en décembre 1995. Depuis lors, le Royaume, qui n’a jamais été un possesseur d’armes chimiques, a rempli toutes ses obligations au titre de la Convention, tout en demeurant un fervent défenseur de l’utilisation de la chimie à des fins pacifiques.
