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    La pensée éclaire l’économie et que l’économie s’appuie sur la pensée : Vernissage des livres des Professeurs Jean Kambayi Bwatshia et Modeste Bahaati Lukwebo

    Ce samedi 18 juillet 2026, les Galeries la Fontaine, situées au croisement des avenues Batetela et Cliniques, ont été le théâtre d’un événement intellectuel d’exception. En présence des honorables députés et sénateurs, des ministres en fonction, des recteurs d’universités, du monde scientifique et de nombreux étudiants, s’est déroulé le double vernissage de deux ouvrages majeurs : « La Faillite de la raison, les raisons de la faillite dans l’obscurantisme de l’aujourd’hui » du Professeur Ordinaire-Émérite Jean Kambayi Bwatshia, et « Les Fondamentaux des assurances et banques » du Professeur Ordinaire Modeste Bahati Lukwebo.

    Par Pius Romain Rolland

    Le lien de connexion entre les deux ouvrages

    D’aucuns pourraient s’interroger sur la pertinence de réunir deux ouvrages aux objets apparemment si différents. L’un relève de la philosophie, de l’histoire des mentalités ; l’autre de l’économie et de la finance. Pourtant, comme l’a si justement souligné la Professeure Nicole Bwatshia, ces deux œuvres répondent à une même interrogation fondamentale : « Qu’est-ce qui permet à une société de tenir debout ? »

    À première vue, tout semble les opposer. D’un côté, le Professeur Kambayi Bwatshia nous entraîne dans une réflexion philosophique sur la faillite de la raison dans l’obscurantisme contemporain. De l’autre, le Professeur Bahati Lukwebo nous livre un ouvrage technique consacré aux fondamentaux des assurances et banques. Contre toute attente, ces deux livres racontent, en réalité, une seule et même histoire.

    Le premier s’interroge sur les fondements intellectuels de la société. Le second s’intéresse à ses fondements économiques. L’un cherche à comprendre pourquoi les sociétés s’égarent lorsque la raison abdique devant l’obscurantisme. L’autre explique comment elles peuvent construire une économie solide grâce à des institutions financières crédibles.

    En vérité, il ne peut y avoir de banques solides sans confiance. Il ne peut y avoir d’assurances efficaces sans prévoyance. Et il ne peut y avoir ni confiance ni prévoyance lorsque la raison est remplacée par l’irrationnel ou l’irraison. La banque est une institution qui repose sur la confiance dans l’avenir. L’assurance est une institution qui organise rationnellement le risque. Toutes deux sont des victoires de la raison sur l’incertitude.

    C’est précisément là que les deux ouvrages se rejoignent. Le Professeur Kambayi nous rappelle pourquoi une société doit préserver sa capacité de penser. Le Professeur Bahati nous montre comment cette pensée se traduit dans l’organisation concrète de la vie économique.

    Autrement dit, le premier construit l’architecture de l’esprit ; le second construit l’architecture de l’économie. L’un nous enseigne que la faillite de la raison conduit inévitablement à la faillite des institutions. L’autre démontre que la solidité des institutions repose sur la discipline, la rationalité, la prévision et la responsabilité.

    Le message commun : un projet de société

    En définitive, ces deux opus délivrent un même message : le développement ne dépend pas seulement des richesses naturelles ; il dépend d’abord de la qualité de notre intelligence créationnelle et collective, de notre culture de la responsabilité et de notre capacité à bâtir des institutions dignes de confiance.

    Loin d’être des livres juxtaposés, ces deux ouvrages sont les deux faces d’un même projet de société. L’un apprend à penser juste. L’autre apprend à gérer juste. Ensemble, ils nous rappellent qu’aucune prospérité durable ne peut naître sans la rencontre de la raison, du droit, de l’éthique, de la morale et de la confiance.

    L’éclairage de l’Abbé Guylain Tshikendwa Matadi

    Dans son intervention remarquée, l’Abbé Guylain Tshikendwa Matadi a apporté un éclairage personnel sur la genèse de ces deux œuvres. Revenant sur ses rencontres avec les deux auteurs, il a souligné l’importance de l’histoire et de l’intuition dans la construction intellectuelle.

    Évoquant son premier contact avec le Professeur Kambayi Bwatshia en 1990, année charnière de l’histoire politique de la République démocratique du Congo, il a décrit l’image de ce ministre de l’Enseignement Supérieur parvenant, par la force de son intelligence et de sa parole, à captiver des étudiants alors en effervescence. « En ce moment-là, je me dis : voilà le genre d’intellectuel que je me permets de devenir », a-t-il confié.

    Quant au Professeur Bahati Lukwebo, l’Abbé Tshikendwa l’a rencontré à Bukavu, à une époque où il œuvrait au sein de la société civile. « L’assurance qu’il donne n’est celle liée aux banques, aux sociétés d’assurance. C’est un homme envers sa société qui doit être assurée que la vie, c’est elle qu’elle a vue », a-t-il souligné.

    S’inspirant d’Antoine de Saint-Exupéry, l’Abbé Tshikendwa a rappelé que « l’essentiel est invisible pour les yeux, on ne voit qu’avec le cœur ». Si le Professeur Bahati et le Professeur Kambayi Bwatshia écrivent au-delà de leurs obligations, c’est parce qu’ils voient avec le cœur. Citant également Birago Diop, il a invité à « écouter plus les choses que les êtres », car il y a des choses qui restent solides parce qu’elles ont été pensées.

    Quand la pensée éclaire l’économie

    La Professeure Nicole Bwatshia a conclu cette cérémonie par une formule qui résume l’esprit de ce double vernissage : « Si le Professeur Kambayi Bwatshia nous apprend à éviter la faillite de la raison, et si le Professeur Bahati Lukwebo nous apprend à éviter la faillite des banques et des assurances, alors les Professeurs Bahati Lukwebo et Kambayi Bwatshia ont trouvé aujourd’hui la meilleure police d’assurance qui soit : assurer notre intelligence avant d’assurer notre argent. Voilà un investissement dont le rendement est garanti : Plus on lit, plus on s’enrichit. »

    C’est sans doute la plus belle leçon de ce vernissage : lorsque la pensée éclaire l’économie et que l’économie s’appuie sur la pensée, c’est toute une nation qui retrouve le chemin de son avenir.

    Au-delà des combats, la République démocratique du Congo pense ; et dans ses livres renaît l’espérance. Aux Professeurs Jean Kambayi Bwatshia et Modeste Bahati Lukwebo, nos admirations : chacun de leurs livres est une lumière pour la Nation, a conclu la Professeur Nicole Bwatshia.

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