La piste de solution pour la cohésion nationale en République Démocratique du Congo (Par Bettens Ntumba, Analyste politique)

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La République démocratique du Congo est à la quête de la cohésion nationale depuis son accession à la souveraineté nationale en 1960 jusqu’à nos jours, c’est vraiment l’un des défis majeurs qui guette notre pays.

Lorsqu’un pays perd le repère fondamental comme le cas de la cohésion nationale (ce que j’appelle la conscience nationale,) le développement devient de simple incantation ou slogan.

Depuis la tentative sans succès du premier dialogue de la conférence de Tananarive en 1961 jusqu’à la dernière consultation présidentielle en 2021, la cohésion nationale reste illusoire et incertaine.

Certes, tous les dialogues et les gouvernements d’union nationale n’ont pas contribué à la cohésion nationale mais plutôt au partage du pouvoir équitable et à la bourgeoisie prédatrice au détriment de la population.

Peut-on continuer avec le dialogue ou le gouvernement d’union nationale ?

Le dialogue en soi n’est pas mauvais y compris le gouvernement d’union nationale car le dialogue est un moyen de règlement des conflits. Or la cohésion nationale est un processus de vouloir vivre ensemble.

La preuve en est que l’histoire politique congolaise renseigne que malgré plusieurs dialogues et les gouvernements d’union nationale n’ont jamais porté la cohésion nationale (la conscience nationale) et la paix sociale.

La piste des solutions réside dans le rejet des quelques caractéristiques observés qui obstruent le processus de la cohésion nationale.

Il s’agit :

*Les partis politiques congolais sont animés à l’exacerbation du sentiment ethnique (tribal) et privilégient le tribalisme, le népotisme et le clientélisme ainsi que les membres des partis politiques visent la conquête du pouvoir pour leurs intérêts personnels (gagne-pain) au détriment de la population. Or le parti politique est une école d’apprentissage de la cohésion nationale, du pouvoir, de la démocratie et de l’amour de la patrie.

Les chefs des partis s’auto proclament président à vie ou l’autorité morale et ils sont au-dessus du parti politique et des statuts. En plus, ils sont omniscients et prennent des décisions sans consulter les membres des partis. Cela bloque la cohésion nationale et le sentiment de vouloir vivre ensemble, car le parti politique est le socle des acteurs politiques (présidents de la République, Premier ministre, ministres, députés, mandataires, etc.).

Les partis politiques congolais sont sans idéaux car le critère de l’excellence de la méritocratie est foulé au pied en privilégiant les liens familiaux, amicaux, tribaux etc. Ces pratiques enlisent la cohésion nationale.

*l’État-propriétaire : Il s’agit bel et bien de la classe dirigeante qui exerce le pouvoir comme un patrimoine privé. L’Etat propriétaire prime sur l’État républicain.

La mauvaise gouvernance liée à la non transparence dans la gestion de la chose publique.

La cohésion nationale passe aussi à la bonne gouvernance.

Les détournements des derniers publics répétés, les corruptions endémiques, la non redistribution juste des revenus publics entraînent la méfiance vis-a-vis des autorités et fragilisent la cohésion nationale et la paix sociale.

La classe dirigeante doit tenir compte au respect des droits fondamentaux des citoyens prévu par la charte des Nations-Unies et de la constitution.

Ils doivent éviter les pratiques de l’État propriétaire ou patrimonial comme les arrestations arbitraires, le non-respect de la liberté d’expression, interdiction des marches pour le motif non fondé etc.

La mise en place d’une justice de la cohésion nationale qui tient compte de l’égalité de tous devant la loi.

*L’opposition politique congolaise est sans idéal et malade.

Les opposants congolais ne conscientisent pas leurs militants à l’esprit de la cohésion nationale a l’amour de la patrie, à critiquer objectivement et à formuler des propositions claires et constructives pour la bonne gouvernance du pays.

Les militants non formés à l’apprentissage de la cohésion nationale, à la démocratie, et à la stratégie de conquérir le pouvoir.

Une opposition divisée pour l’intérêt égoïste ou pour la survie politique.

La plupart sont faciles à être débauchés pour les gagnes pains.

Ces pratiques sont à cent lieues de la cohésion nationale.

*La Société Civile partisante : les composantes de la société civile congolaise (confessions religieuses, association de défense des droits de l’homme, intellectuelle, professionnelle, corporative, culturelle, caritative, syndicats, presse, etc) n’ont que très rarement joué son rôle.

Elle est incapable d’imposer son indépendance vis-à-vis de la classe dirigeante et de l’opposition politique.

Il y a la société civile aile du pouvoir et celle de l’opposition ainsi que d’autres composantes de la société civile sont à la conquête du pouvoir.

Cela ne doit pas contribuer à la cohésion nationale.

La société civile doit jouer son rôle pour influencer l’opposition à critiquer objectivement, à formuler des propositions mûrement réfléchies et à pousser la classe dirigeante à tenir compte de bien _être de la population ainsi qu’en dénonçant les abus du pouvoir de manière objective.

C’est le dynamisme des sociétés civiles qui a permis l’émancipation des pays démocratiques car elle est le premier constituant de la Nation.

*Deux Congo : Celui qui bénéficie des biens de l’État à travers la bourgeoisie prédatrice c’est à dire Congo riche et Celui qui croupit dans la misère indescriptible c’est à dire Congo pauvre.

*Le gouvernorat à dose provincial : La nomination des gouverneurs des ressortissants des provinces bloquent la cohésion nationale. La révision de la constitution s’avère nécessaire pour modifier certaines dispositions qui portent atteinte à la cohésion nationale.

*Les Seigneurs des guerres : C’est une catégorie des Congolais qui ont choisi la voie des rébellions pour couler les sangs de leurs compatriotes pour conquérir le pouvoir à des fins personnels et égoïstes.

*Le fédéralisme : C’est un sujet qui défraie la chronique.

Sur ce, l’histoire congolaise renseigne que la RDC est victime de division et de discorde depuis l’époque coloniale en vue de séparer les congolais de ne pas vouloir vivre ensemble. Cette forme de l’État n’est pas de nature à renforcer la cohésion nationale mais plutôt la division surtout la balkanisation car le fédéralisme donne l’autonomie à nos provinces qui ne sont pas bien préparées à bannir, le sentiment tribal.

Depuis les années des indépendances jusqu’à nos jours, la RDC est confrontée à la problématique de la construction du vouloir vivre ensemble.

La cohésion nationale ne viendra ni par le dialogue, ni par le gouvernement d’union mais plutôt par le rejet des ces maux sus évoqués qui sapent la conscience nationale (cohésion nationale).

Il faut la prise de conscience collective et le changement de la mentalité positive.

Il faut le prompt éveil national.

La cohésion nationale conduit à la paix sociale.

Ne dit-on pas que l’Union fait la force ? Patrice Emery Lumumba rappelait toujours Congo uni, pays fort.

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