« La Rdc ne privilégiera la voie diplomatique, mais ne renoncera ni à sa souveraineté ni à la sécurité de ses citoyens » (F. Tshisekedi)

0
IMG_202512343_085913502

Au sujet des accords signés dernièrement entre la Rdc, le Rwanda et les Etats-Unis d’Amérique, le président de la République a été plus que clair : ces accords ne consacrent aucune forme de partage de notre souveraineté. Ils ne valident ni les prétentions territoriales de qui que ce soit, ni la mise sous tutelle de nos ressources. Ils ne sauraient non plus être interprétés comme une amnistie déguisée des crimes perpétrés contre notre peuple. La justice suivra son cours, avec rigueur, jusqu’au bout, et sans complaisance afin d’honorer la mémoire de celles et ceux injustement tombés du fait de cette agression.

« Nous les assumons comme des leviers stratégiques au service d’une paix juste et vérifiable : non comme une concession, mais comme l’expression d’une volonté ferme de conjuguer l’efficacité de notre défense à la puissance de notre action diplomatique », dit-il.

Quatre priorités s’imposent désormais à notre action : Obtenir le retrait total et vérifiable de toute force armée étrangère opérant sur notre territoire, qu’elle soit officielle ou dissimulée derrière des groupes relais ; Couper les circuits financiers et logistiques de la violence, en éradiquant l’exploitation illicite de l’or, du coltan, du cobalt et d’autres ressources, ainsi que la contrebande qui alimente ces réseaux ; Assurer la protection effective des civils, en particulier des femmes et des enfants, et garantir l’accès humanitaire aux zones affectées ; Ancrer la paix dans la durée, en combinant fermeté sécuritaire, relance du développement local et démarches de réconciliation au plus près des réalités de chaque communauté.

« Malgré notre bonne foi et l’accord récemment entériné, force est de constater que le Rwanda ne respecte pas ses engagements : ses supplétifs de l’AFC/M23 ont, ces derniers jours, multiplié les attaques — notamment à Kaziba, Katogota et Lubarika au Sud-Kivu — brisant le cessez-le-feu et ravivant la détresse des civils. Les faits s’inscrivent dans une réalité documentée : le Groupe d’experts de l’ONU a établi cet été que le Rwanda exerce un commandement et un contrôle effectifs sur le M23, tandis que des massacres d’ampleur ont été rapportés au Nord-Kivu, en dépit des cessez-le-feu annoncés.

Fidèle à la parole donnée et aux mécanismes de vérification convenus avec nos partenaires, la République Démocratique du Congo n’esquivera jamais sa responsabilité de protéger ses populations partout où elles sont menacées ; elle privilégiera la voie diplomatique, mais ne renoncera ni à sa souveraineté ni à la sécurité de ses citoyens.

Comme je l’ai rappelé lors de la cérémonie de signature de la Déclaration conjointe entérinant les Accords de Washington pour la paix et la prospérité, je reste convaincu que ce tournant diplomatique ouvre un chemin nouveau — exigeant, certes, parfois difficile, mais un chemin où la paix est à nouveau à portée de main. La République Démocratique du Congo, comme je m’y suis engagé, y prendra toute sa part, avec dignité et constance, aux côtés de ses partenaires.

Mais nous resterons vigilants sans être pessimistes ; lucides mais résolument optimistes.

En définitive, la paix véritable ne viendra ni du seul rapport de force militaire ni des seules signatures diplomatiques. Elle prendra corps dans le quotidien retrouvé : l’État qui revient avec l’école et le centre de santé, les routes qui s’ouvrent à nouveau, les marchés qui reprennent vie, les entreprises locales qui redémarrent, et une jeunesse à qui l’on offre des perspectives d’emploi et d’avenir.

À mesure que l’autorité publique se réinstalle, notre cap est sans équivoque : stabiliser durablement les espaces reconquis, et organiser le retour progressif, sûr et digne de nos compatriotes déplacés. La reconstruction de l’Est sera, à cet égard, l’un des axes les plus déterminants de notre action.

Tant qu’un seul village, tant qu’un seul quartier, tant qu’une seule colline de ce pays restera sous la menace des armes illégales, je considérerai que notre tâche n’est pas achevée.

Laisser un commentaire

Votre adresse e-mail ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *