La RDC ne veut plus exporter ses richesses à bas prix (Par Nico Minga, Économiste et Géostratège )

0
WhatsApp Image 2026-08-07 at 13.20.39

L’interdiction de l’exportation des concentrés de cuivre et de cobalt constitue l’une des décisions économiques les plus structurantes prises par la RDC depuis la révision du Code minier de 2018.

À travers l’arrêté interministériel signé le 29 juin 2026 par les Ministres des Mines, du Commerce extérieur et de l’Économie nationale, le gouvernement fait le choix de la souveraineté industrielle en affirmant que les minerais congolais doivent désormais créer davantage de valeur sur le territoire national.

Cette décision intervient alors que le cuivre et le cobalt sont au cœur de la transition énergétique mondiale. La RDC assure près de 70 % de la production mondiale de cobalt et environ 13 % de celle du cuivre, mais une partie de cette richesse quittait encore le pays sous forme de concentrés, laissant les activités de fusion, de raffinage et de transformation aux économies industrialisées.

Créer des emplois qualifiés et accroître les recettes publiques L’ambition est d’attirer des investissements dans la métallurgie, créer des emplois qualifiés, accroître les recettes publiques et intégrer la RDC aux segments les plus rémunérateurs des chaînes de valeur des minerais critiques. Plus qu’une mesure commerciale, il s’agit d’un véritable choix de politique industrielle et de souveraineté économique.

La RDC rejoint une tendance mondiale illustrée par l’Indonésie,

Le signal adressé aux opérateurs miniers est sans équivoque. L’accès aux ressources congolaises devra désormais s’accompagner d’un effort accru de transformation locale. La RDC rejoint ainsi une tendance mondiale illustrée par l’Indonésie, qui a profondément restructuré son industrie du nickel en limitant les exportations de minerai brut, ou encore par le Zimbabwe avec le lithium. Les États riches en ressources cherchent désormais à exporter davantage de valeur ajoutée que de matières premières.

Cette ambition devra naturellement s’appuyer sur une offre énergétique plus robuste, des infrastructures modernes et un climat des affaires attractif. Mais ces défis ne constituent pas un argument contre la réforme. Ils renforcent au contraire la nécessité d’accélérer l’industrialisation du pays.

Dans un monde où les minerais critiques sont devenus des instruments de puissance économique, la RDC ne veut plus seulement être une puissance extractive. Elle aspire à devenir une puissance industrielle.

C’est cette montée en gamme qui permettra de transformer son immense potentiel géologique en prospérité durable, en emplois et en véritable souveraineté économique.

Please follow and like us:
Pin Share

Laisser un commentaire

Votre adresse e-mail ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *

Social media & sharing icons powered by UltimatelySocial