La RDC veut se doter d’une stratégie nationale pour développer l’irrigation agricole

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En République démocratique du Congo, l’agriculture contribue à hauteur de 17,4 % au PIB et emploie environ 55 % de la population active. Le pays qui dispose du plus grand potentiel agricole encore sous-exploité en Afrique, mise sur le développement de l’irrigation pour changer la donne.

En RDC, le gouvernement a officiellement lancé le processus d’élaboration d’une stratégie nationale de développement de l’irrigation, en partenariat avec la FAO, lundi 5 mai. L’annonce a été faite lors d’un atelier de deux jours ouvert lundi à Kinshasa par Mutshail Mutomb Grégoire (photo), ministre de l’Agriculture et de la Sécurité alimentaire.

« Cet atelier constitue une opportunité pour mener un diagnostic approfondi du secteur de l’irrigation afin d’élaborer une stratégie nationale efficace et afin de promouvoir une gestion durable des ressources en eau en faveur du secteur agricole », a déclaré le responsable.

L’ambition affichée est de rendre l’agriculture congolaise plus résiliente face au changement climatique et d’améliorer à terme la productivité du secteur, d’autant plus que le pays consacre environ 3 milliards $ par an aux importations alimentaires en raison de la faiblesse de sa production agricole.

Selon les données officielles, la RDC dispose de 4 millions d’hectares de terres irrigables, dont moins de 1 % est valorisé. Les dernières estimations effectuées par la FAO révèlent que seulement 0,1 % des terres agricoles du pays étaient équipées pour l’irrigation en 2022.

D’après l’organisation onusienne, la stratégie nationale de développement de l’irrigation, une fois élaborée, permettra d’identifier les zones à haut potentiel d’irrigation du pays et sera un outil de décision clé pour valoriser ce potentiel agricole encore largement sous-exploité.

En effet, l’existence d’une telle stratégie pourrait servir de levier d’attractivité pour les investisseurs privés dans les infrastructures agricoles, notamment les systèmes d’irrigation à petite et grande échelle. Elle pourrait également guider les choix budgétaires du gouvernement en matière d’aménagement rural, orienter les programmes de financement agricole des bailleurs et faciliter l’intégration de la RDC dans les chaînes de valeur agricoles régionales.

Si elle est bien mise en œuvre, elle marquera une étape décisive dans la transformation du secteur agricole congolais, en passant d’un modèle pluvial aléatoire à une agriculture plus maîtrisée et productive.

Toutefois, le développement de l’irrigation ne suffira pas à lui seul pour exploiter pleinement le potentiel du secteur agricole congolais. Il devra s’accompagner d’une expansion des surfaces cultivées pour renforcer l’offre agricole. Selon les données officielles, la RDC dispose de 80 millions d’hectares de terres arables, dont seulement 10 % sont exploitées.

Stéphanas Assocle

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