« La Rdc vise à atteindre 60 % d’accès à l’eau potable d’ici 2035 avec un programme d’investissement estimé à 20 milliards de dollars » (Judith Suminwa)
En marge des Réunions de printemps du Groupe de la Banque mondiale et du Fonds monétaire international, la Première Ministre, Judith Suminwa Tuluka, a pris part ce mercredi à la conférence « Water Forward: Driving Jobs and Opportunities », une initiative mondiale visant à renforcer la sécurité hydrique et à faire de l’eau un levier de croissance économique et de création d’emplois.
Une initiative mondiale pour transformer l’eau en moteur économique
La conférence, marquée par la participation de nombreux dirigeants, partenaires techniques et financiers ainsi que d’institutions internationales, a été ouverte par le Président du Groupe de la Banque mondiale, qui a souligné l’ambition du programme Water Forward.

« Ensemble, nous pensons pouvoir assurer la sécurité de l’eau pour un milliard de personnes d’ici 2030 », a déclaré Ajay Banga, insistant sur la nécessité d’une action coordonnée entre gouvernements, institutions financières et secteur privé. Il a précisé que cette initiative ne constitue pas un nouveau fonds, mais « une plateforme de mise en œuvre visant à aligner politiques, financements et actions autour de plans nationaux pilotés par les pays ».
Dans cette dynamique, plusieurs accords nationaux ont été officialisés, illustrant l’engagement croissant des États à faire de l’eau une priorité stratégique. Parmi les pays ayant manifesté leur engagement figurent notamment l’Albanie, l’Angola, la Bolivie, le Cameroun, la Côte d’Ivoire, la Gambie, la Jamaïque, la Jordanie, le Sénégal et la Sierra Leone.
L’événement a également réuni des institutions financières internationales telles que la Banque asiatique de développement, la Banque européenne pour la reconstruction et le développement, ainsi que d’autres partenaires majeurs engagés dans le financement du développement.
La République démocratique du Congo au cœur des enjeux hydriques mondiaux
Prenant la parole lors de cette conférence, la Première Ministre Judith Suminwa Tuluka a mis en avant le rôle stratégique de la République démocratique du Congo dans les équilibres futurs liés à l’eau, à l’énergie et au développement.
« Parler de l’eau aujourd’hui, ce n’est pas seulement parler de développement. C’est parler d’avenir, du monde que nous construisons », a-t-elle déclaré d’entrée de jeu.
Rappelant que le pays détient plus de 50 % des réserves d’eau douce du continent africain, la Cheffe du Gouvernement a insisté sur la responsabilité qui en découle : « Notre responsabilité est claire : transformer ce potentiel en progrès tangible ».
La Première Ministre a présenté les ambitions de son Gouvernement à travers le Pacte présidentiel pour l’eau, qui vise à atteindre 60 % d’accès à l’eau potable d’ici 2035, soutenu par un programme d’investissement estimé à 20 milliards de dollars. « Cet effort représente des millions d’emplois, des villes plus productives et des économies locales transformées », a-t-elle précisé.
La Cheffe du Gouvernement a également mis en avant les premiers résultats concrets de cette vision, notamment le projet « Kin Elenda », à Kinshasa, qui permettra d’améliorer l’accès à l’eau pour près de trois millions de personnes, avec un impact direct sur la santé, la dignité et la productivité, conformément au pilier 4 du Programme d’actions du Gouvernement qui met un accent sur l’accès aux besoins sociaux de base.
Une vision intégrée entre eau et énergie
Au-delà de la question hydrique, Judith Suminwa Tuluka a insisté sur l’approche systémique du Gouvernement, articulant eau et énergie comme piliers des économies de demain.
« L’eau et l’énergie dessinent ensemble les économies de demain », a-t-elle affirmé, évoquant le Compact énergétique et les ambitions portées à travers le projet Grand Inga, symbole d’une Afrique « connectée, productive et souveraine ».
Dans cette perspective, elle a réaffirmé la volonté de positionner la République démocratique du Congo comme un acteur central des transformations globales : « La vraie question n’est pas ce que l’Afrique représente aujourd’hui, mais ce qu’elle rendra possible pour le monde demain », a-t-elle alerté.
Saluant l’initiative Water Forward, la Cheffe du Gouvernement a souligné l’importance d’une action collective fondée sur l’impact, l’innovation et la responsabilité partagée, avant de conclure : « La République démocratique du Congo est prête ».
Une mobilisation internationale pour des résultats concrets
À travers cette conférence, les partenaires internationaux ont réaffirmé leur engagement à faire de l’eau un vecteur de développement durable, en lien direct avec la création d’emplois, la santé publique et la croissance économique.
La participation active de la Première Ministre à cet événement, aux côtés notamment du Ministre des Infrastructures et Travaux Publics et du Ministre du Portefeuille, traduit la volonté du Gouvernement de s’inscrire pleinement dans les dynamiques internationales visant à mobiliser les investissements et accélérer les réformes structurantes.
L’initiative Water Forward s’inscrit ainsi comme un levier stratégique pour accompagner les pays dans la transformation de leurs systèmes hydriques en véritables moteurs de prospérité, au bénéfice des populations.
