La rébellion du M23 bis et la chute de Bunagana : Des attaques tests avant l’assaut (John Ngombua)
En 2013 et contrairement à ce que l’on a raconté à l’opinion publique, la rébellion du M23 est dispersée (et non pas défaite) par la coalition FARDC-FIB/MONUSCO. En effet, après avoir conquis la colline de Chanzu et récupéré le dépôt d’armes et des munitions de la RDF, véritable poudrière, les FARDC poursuivent l’ennemi. Le travail n’est pas totalement terminé. Il reste le volet politique qui, malheureusement, sera entamé avec beaucoup de laisser-aller et légèreté. Les éléments du M23 vont se scinder en deux groupes. Le groupe du colonel Ruzingisa Makenga se réfugie en Ouganda et celui de Beaudoin Ngaruye avec Jean-Marie Runiga au Rwanda. Pendant des années, l’eau a coulé sous le pont faisant croire aux esprits naïfs que la rébellion du M23 avait cessé d’exister.
Or, les deux parrains étudiaient toute sorte de scénario possible pour porter à nouveau leurs réclamations. Car, tant que les raisons de la déstabilisation de la RDC qui date, officiellement depuis 1996 avec la rébellion de l’AFDL, ne seront pas réalisées et ou atteintes, il serait ridicule de croire à la fin des scénarios montés par Kigali et Kampala. La déstabilisation de la RDC a pris des allures cycliques à intervalle régulier.
À Kinshasa, la fausse accalmie a poussé le pouvoir à dormir sur ses lauriers dans une léthargie cataleptique. Aucune caserne construite, aucun recrutement dans les FDS et la PNC, aucune formation des unités spéciales assurée ou de structuration de service de contre-espionnage. Tout se passe pendant près de dix ans comme si Kigali et Kampala avaient cessé d’exister.
Il est à noter que pendant ce temps, le Rwanda soigne son image et invite à quelques pas de là des hautes personnalités dont le Roi Charles et le Secrétaire Général de l’ONU à visiter les gorilles de ses parcs.
Or, dès 2015, des manœuvres et tentatives de relancer la rébellion sont signalées notamment à travers l’attitude de Kampala consistant à chasser les réfugiés (M23) des camps. À l’approche de l’élection présidentielle, la tension monte notamment à l’Est du pays. On se comporte comme si personne ne voit venir le danger. Certains opposants s’allient aux revendications des ex-rebelles. Le pouvoir à Kinshasa mis sous pression de la communauté internationale prépare à sa manière le chaos, avec ou sans le soutien de Kigali. D’où quantité d’armes convoyées à l’Est du pays fin 2018 et début 2019.
En effet , du 12 au 22 juillet 2020, les rebelles du M23 ont attaqué les localités Matera Bigega, Ndiza, Bikenge et Ngiko. Du 07 au 08 Novembre 2021 , ils attaquent des positions des FARDC de #Chanzu et #Runyoni après avoir sectionné les fils barbelés de l’#ICCN. Le 21 Novembre 2021 ,des positions FARDC basées à Ngugo, Bukima, #Rumangabo sont attaquées. Du 23 au 25 janvier 2022 , des positions FARDC de Bukima, Nyesisi sont la cible des attaques. Une façon de tester la puissance de feu des FARDC.
[In Les rébellions rwandaises au Kivu (1996-2024), pges 143,144. Auteur Nicaise Kibelbel Oka. Editions Scribe]
