« La stratégie militaire a été mise en berne globalement, parce que nous sommes en instance de discussion » (Patrick Muyaya)
M. Patrick Muyaya, ministre de la Communication et médias, porte-parole du gouvernement, était dernièrement invitée au journal télévision Afrique de la chaine France 24. A cette occasion, la journaliste a rappelé qu’en janvier dernier, le ministre congolais disait que la guerre sera gagnée. 9 Mois après, les combats se poursuivent ?
« La stratégie militaire a été mise en berne globalement, parce que nous sommes en instance de discussion et lorsqu’on discute, les armes normalement se taisent, parce que le premier point, c’est le cessez-le-feu. Même si nous observons en face, avec la brigade avancée de l’armée rwandaise, le M23, continue l’œuvre macabre », dit-il, avant de poursuivre qu’on l’a vu récemment le 11 juillet dernier dans le Rutshuru, sans oublier les rapports du Bureau conjoint des Nations Unies et de Human Right Watch qui était plus documenté sur le ciblage ethnique des Hutus où 140 personnes ont été tuées dans des conditions effroyables.
Il a expliqué que le cessez-le-feu ne fonctionne pas de manière optimale. Mais lorsque vous regardez le modus operandi dans le Rutshuru, il n’y avait pas de forces armées là-bas. C’étaient des populations civiles, qui vaquaient à leurs occupations, qui ont été massacrées, à l’image de ce qui s’est passé en 2022 à Kishishe.
Mettre fin à la propagande rwandaise
Une délégation gouvernementale séjourne à Uvira, chef-lieu provisoire de la province du Sud-Kivu, là où la population s’était soulevée contre le Général Gasita. Pour le porte-parole du Gouvernement, nous sommes dans un contexte de crise où il y a beaucoup de tensions et une instrumentalisation. Aujourd’hui, le Rwanda stigmatise nos Banyamulenge. On est en présence d’une guerre où on massacre d’autres communautés. Il y a forcément une force de tension. « Nous avons toujours vécu en paix. Comment un président d’un pays voisin peut tuer des populations d’un autre pays sous des prétextes fallacieux ? Nous prêchons cette unité dans notre diversité », dit-il, avant d’avouer que la délégation est arrivée sur place, y compris pour calmer la tension, parce que nous ne devons pas fragiliser notre unité.
Est-ce que le gouvernement maintient son soutien au Général Gasita ? Pour Patrick Muyaya, la question ne se résout pas au maintien. « Si le Général Gasita a été désigné, c’est parce qu’il a des compétences. Mais lorsqu’il y a des tensions qui se soulèvent, entant que gouvernement, nous devons prendre en compte. C’est la raison pour laquelle la délégation est sur place. Ceci va nous permettre de mettre fin à la grosse machine de propagande rwandaise montée par les officiels, parce qu’il faut à tout prix mettre un terme à un discours de haine », explique-t-il, tout en notant que des mesures ont été prises pour assurer l’apaisement et on a besoin de retrouver l’unité pour faire face à l’ennemi qui est en face.
Quid du désarmement des Wazalendo
A cette question, le ministre de la Communication et médias pense qu’il est nécessaire qu’on arrive à bien expliquer. En effet, lorsqu’on adhère à la Communauté des Etats de l’Afrique de l’Est en avril 2022, il y a un processus de Nairobi piloté par le président Uhuru Kenyata. Dans ce processus, tous les groupes armés avaient souscrit au schéma de la paix et du désengagement jusqu’à ce que le Rwanda avec sa brigade avancée, le M23 commence l’œuvre macabre d’attaquer l’innocente population.
C’est pour ça que dans un élan de patriotes, ils se sont levés. On parle de moins en moins des forces d’auto-défense, mais du vocable Wazalendo, parce qu’il y a comme une forme d’unité pour défendre la patrie. Aujourd’hui, dit-il, le Rwanda ne peut pas empêcher à des Congolais où ils sont de se lever pour défendre la patrie.
Comme gouvernement, nous avons une stratégie qui va aider à bien gérer ces énergies qui veulent défendre la patrie à travers ce qu’on appelle la réserve armée de défense où on prendra ceux qui satisferont à un processus de sélection, parce qu’il est hors de question d’admettre dans le cadre de cette force, ceux qui se seront compromis dans la violation des droits de l’homme.
Au sujet du procès Kabila où les avocats ont sollicité la réouverture de débats et où certaines langues disent qu’il sera jugé entant que Rwandais, Muyaya estime qu’il n’est pas sûr d’avoir entendu cela et ce n’est pas de bon aloi de commenter les décisions de justice. S’il faut rappeler, martèle-t-il, le président Kabila, c’est le seul congolais qui bénéficie d’une loi entant qu’ancien président de la République. Les obligations qu’il a vis-vis de cette loi, je ne suis pas sûr qu’il les a remplies. S’il y a des conséquences par rapport à son comportement, il faut laisser à la justice faire son travail.
JMNK



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