Lambert Mende appelle à des institutions fortes et une gouvernance assainie
« Il faut que le pouvoir arrête le pouvoir ». Cette maxime de Montesquieu a servi de fil conducteur à l’intervention du député national Lambert Mende Omalanga, ce mercredi, lors du séminaire de renforcement des capacités organisé par l’Inspection Générale des Finances (IGF).
Un constat préoccupant
Invité à réfléchir sur l’évolution des rapports institutionnels depuis l’indépendance, l’ancien ministre de la Communication et Médias a dressé un tableau sombre de la situation sociopolitique du pays. Selon lui, les frustrations sociales, les tensions communautaires et les cris de détresse des populations traduisent des dysfonctionnements profonds de l’État. Ces déséquilibres, a-t-il averti, nourrissent l’émergence de mouvements armés et fragilisent la cohésion nationale.
Il a également rappelé que la RDC continue de subir les conséquences de la guerre d’agression dans sa partie orientale, freinant les investissements et le développement.
La séparation des pouvoirs, pilier démocratique
Au cœur de son exposé, Lambert Mende a revisité les fondements de l’organisation institutionnelle : législatif, exécutif et judiciaire. S’appuyant sur Max Weber, il a rappelé que le pouvoir repose sur une autorité légitime et sur sa capacité à produire des effets concrets dans la société.
Il a retracé les grandes étapes de l’histoire constitutionnelle congolaise, de la Loi fondamentale de 1960 au régime du parti unique sous Mobutu, marqué par une concentration excessive du pouvoir. La Constitution de 2006, a-t-il souligné, a réintroduit une séparation des pouvoirs et des mécanismes de contrôle réciproques, mais leur application reste encore éloignée des ambitions affichées.
Justice et décentralisation en difficulté
Le député a reconnu les faiblesses persistantes du pouvoir judiciaire, miné par le manque de moyens et l’atteinte à son indépendance. Il a également pointé les dérives de la décentralisation, parfois instrumentalisée par le clientélisme et les replis communautaires.
À ce sujet, il a salué les appels du Président Félix Tshisekedi en faveur d’une évaluation approfondie du processus, afin de renforcer l’efficacité des institutions provinciales tout en préservant l’unité nationale.
L’action de l’IGF saluée
Dans la dernière partie de son intervention, Lambert Mende a félicité l’IGF pour ses résultats depuis 2020 dans la lutte contre les irrégularités financières. Les patrouilles et mécanismes de contrôle, selon lui, ont contribué à améliorer la gestion publique et à renforcer la redevabilité.
Un appel à la responsabilité collective
En conclusion, l’élu national a exhorté les acteurs publics à dépasser les logiques partisanes pour bâtir des institutions solides, garantes de l’intérêt général. « L’espoir reste permis », a-t-il affirmé, insistant sur la nécessité de promouvoir une culture de discipline, de transparence et de responsabilité afin de permettre à la RDC de tirer pleinement profit de ses immenses potentialités.
Par Didier Mbongomingi
