La ministre d’État, ministre des Affaires sociales, actions humanitaires et solidarité nationale, Ève Bazaiba a lancé, le vendredi 03 juillet 2026, au Centre féminin Marie Antoinette, à la 13ème Rue dans la commune de Limete à Kinshasa, l’atelier d’échange sur l’état des lieux de l’administration sociale en République démocratique du Congo.
Dans son mot d’ouverture, Eve Bazaiba a donné les grandes orientations pour cet atelier.

» Cette rencontre revêt une grande importance. Nous l’avons intitulée état des lieux du Secrétariat général des Affaires sociales. Car avant d’avancer, nous devons connaître l’organisation et le fonctionnement de notre administration. Il s’agit également de favoriser une franche collaboration entre l’administration et le cabinet. Il est aussi question de rationaliser nos services », a-t-elle précisé.
Le Secrétaire général aux affaires sociales, M. Kabala Lubangu Gervais a, dans son allocution, témoigné sa gratitude à la ministre de tutelle pour son attention particulière qu’elle accorde au fonctionnement de leur administration et à l’amélioration de la qualité de service rendu aux populations vulnérables.
» Cette rencontre constitue un moment important de réflexion et de responsabilité collective. Elle doit nous permettre d’examiner avec lucidité les forces, les faiblesses et les contraintes de notre secrétariat général afin de dégager les pistes réalistes de réformes, de modernisation et de performance », a-t-il déclaré.
Le Secrétaire général aux Affaires sociales a par la suite procédé à la présentation de l’administration des Affaires sociales. Il a expliqué que le secrétariat général est chargé d’assurer la mise en œuvre des politiques publiques dans le domaine de la protection sociale non contributive notamment en faveur des groupes vulnérables tels que les enfants en situation difficile, les enfants abandonnés, les enfants handicapés, les enfants associés aux conflits armés et les enfants en conflit avec la loi.
Il a soutenu que le secrétariat général comprend 8 directions normatives, les unités sociales spécialisées et les organismes humanitaires à caractère social. Sur le plan fonctionnel, le Secrétariat opère sur base du plan d’action du gouvernement. Il a un effectif de 33.600 agents parmi lesquels 17.700 agents ne reçoivent ni salaire ni prime.
Le Secrétaire général a aussi expliqué que l’enveloppe salariale est faible pour assurer la prise en charge des agents vu leur nombre pléthorique.
M. Kabala Gervais a déploré que le patrimoine immobilier du ministère des Affaires sociales connait un sérieux problème avec des immeubles non entretenus. Il a recommandé de recentrer les attributions pour élaborer des stratégies permettant l’avancement de ce ministère; mener une réforme nécessaire pour booster le secrétariat général, renforcer la qualité des ressources humaines notamment par l’assainissement des effectifs, renforcer le budget du ministère, moderniser, réhabiliter et sécuriser les infrastructures immobilières et recourir à l’expertise externe en vue d’un bon résultat.
Les auditions des directions
Cette journée a été, par ailleurs, marquée par les auditions des états de lieux des directions de l’administration des Affaires sociales.
Le Directeur chef des services généraux et des ressources humaines, Bambi Vunda Dodo, a signifié que cette direction s’occupe notamment de la gestion des ressources humaines patrimoniale et financière. Elle gèrent 33.600 agents et 13.800 sont payés.
Sur le plan patrimoine, il a soutenu que le réseau des patrimoines est souvent spolié. C’est le cas du Centre Marie Antoinette, de la Cité Verte dont les affaires sont devant le tribunal. Les infrastructures sont également à un état de délabrement très avancé. Et beaucoup de bâtiments n’ont pas de titres de propriété, ce qui permet à certaines personnes de les spoiler.
D’où les contraintes telles que le manque des partenaires, le blocage de dossier, l’inadaptation de l’actuel cadre légal, le pléthore des agents, l’impayement, l’assainissement du fichier de paye et autres.
Pour la Direction d’action sociale, M. Ndona Donatien qui la dirige, il a expliqué que cette direction a pour mission d’assurer la prise en charge des personnes vulnérables. Elle a quatre divisions et onze bureaux. L’effectif légal est de 82 agents mais seules 65 sont actifs.
Il a relevé les contraintes et les difficultés liées au non payement des nouvelles unités ainsi que des agents nouvellement admis sous statut.
Il a recommandé le renforcement des capacités des agents pour un bon rendement.
Pour la Direction générale de l’éducation non formelle, le directeur Albert Lubanzadio a expliqué que cette direction a été créée pour lutter contre le taux élevé d’analphabétisme en République démocratique du Congo.
La réinsertion scolaire constitution sa mission principale. Elle compte à ce jour 16.148 centres de formation publics et privés à travers la République.
Le taux d’analphabétisme pour les femmes d’après les enquêtes réalisées en 2024 est de 22,4 % contre 29% pour les années antérieures.
Il y a 281 agents au sein de cette direction.
Concernant la Direction d’encadrement des personnes de troisième âge, le directeur national Samuel Tshintu Muyaya, a affirmé qu’elle est chargée de la contribution à la politique nationale de l’état en matière de la prise en charge des personnes âgées. Elle permet aux personnes de troisième âge de vivre en harmonie.
Les anciennes données de l’Institut national des statistiques et du PNUD, soutient-il, indiquent qu’il existe 4,3% des personnes de troisième âge en République démocratique du Congo.
Il a, en outre, signalé qu’une loi portant protection et promotions des personnes de troisième âge, élaborée avec le concours du député national Dede Mupasa, est en gestation et que la date du 15 juin de chaque année est une journée internationale réservée aux personnes âgées.
La République démocratique du Congo compte, à l’en croire, huit homes de vieillards.
A propos de la Direction des interventions sociales pour la protection des enfants, M. Franklin a soutenu que cette direction des Affaires sociales s’occupe des enfants en rupture sociale. Elle élabore les recommandations pour le suivi de la protection des enfants, mène des investigations pour déceler ce qui empêche le développement de l’enfant et contribuer à la protection de l’environnement de l’enfant.
Depuis 2018, s’indigne-t-il, cette direction compte en son sein 170 agents, n’a jamais reçu de soutien financier de l’Etat congolais, elle fonctionne grâce à l’appui des partenaires extérieurs. Cette direction s’efforce à s’approprier la politique nationale de la protection de l’enfant.
Pour la Direction des études et planification, M. Éric a souligné que sa direction veuille à l’exécution de la politique sectorielle du plan stratégique national de développement.
Elle assure également la documentation stratégique du ministère et consolide des projets.
Ève Bazaiba a déploré, non seulement la spoliation de certains biens immobiliers du ministère des Affaires sociales, mais aussi le fait que certains services n’ont jamais reçu le financement de l’Etat depuis 2018.
» Depuis que je suis à la tête de ce ministère depuis le mois d’août de l’année passée, il y a certaines choses qui n’avancent. C’est ainsi que j’ai convoqué cet atelier.
Mme la ministre des Affaires sociales a recommandé la planification de toutes les activités annuelles du ministère afin de mieux orienter le travail.
» Je suis estomaquée parce qu’il y a des directions telles que celles qui s’occupent de la protection des enfants qui n’a jamais reçu de fond de l’Etat depuis l’année 2018 ainsi que celle qui s’occupe des personnes de troisième âge qui ne reçoit pas de financement de l’Etat », a-t-elle déploré.
Il convient de signaler que cet atelier se poursuivra le lundi 06 juillet de l’année en cours sous la supervision de la ministre d’État, ministre des Affaires sociales, actions humanitaires et solidarité nationale.
Serge Musene
