Le calcul à courte vue : pourquoi le partenariat RDC-USA dépasse les clivages politiques 

Dans les coulisses du débat national, certains esprits congolais attendent avec une impatience mal dissimulée que les États-Unis se lassent et renoncent au partenariat stratégique avec la RDC. Leur conviction ? Ce deal ne serait qu’un trophée politique destiné à renforcer la position du Président sur l’échiquier de la politique politicienne interne. C’est là une grave erreur de jugement, dictée par une grille de lecture purement partisane qui passe à côté des véritables enjeux d’État.

​D’abord, ce partenariat transcende les hommes et les administrations de passage. Il ne s’agit pas d’un arrangement informel entre Félix Tshisekedi et DonaldnTrump, mais d’un engagement d’État à État. Ayant reçu l’onction des parlements respectifs par sa ratification, cet accord s’inscrit dans la durée et engage les institutions, bien au-delà des mandats présidentiels actuels. En faire une affaire d’individus, c’est méconnaître les mécanismes de la diplomatie moderne.

​Ensuite, ce deal représente un catalyseur économique unique pour l’avenir de la nation. À l’heure où la RDC doit impérativement diversifier ses partenariats et capter des investissements massifs, cet accord structurel offre un levier inédit pour la relance industrielle, la sécurisation des chaînes de valeur (notamment les minerais stratégiques) et la création d’emplois. Saboter ou espérer l’échec de ce partenariat pour des calculs électoraux revient à sacrifier l’essor économique du pays sur l’autel des ambitions personnelles.

​Enfin, l’attitude de Kigali devrait suffire à éclairer les sceptiques. Le Président rwandais, Paul Kagame, est un baromètre inversé mais infaillible des intérêts congolais : ce qui sert les ambitions régionales du Rwanda nuit presque toujours à la souveraineté de la RDC. Or, la diplomatie rwandaise s’active intensément pour fragiliser cet axe Kinshasa -Washington, consciente qu’une RDC forte, stable et stratégiquement alignée avec la première puissance mondiale brise définitivement son hégémonie régionale. Souhaiter l’échec de ce deal, c’est, par ricochet, faire le jeu de la stratégie de Kigali.

​La politique politicienne ne doit pas aveugler face aux impératifs d’État. Ce partenariat n’est pas le succès d’un camp contre un autre ; il est une opportunité historique pour la République Démocratique du Congo de consolider sa souveraineté et d’asseoir sa prospérité.

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